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La conférence des commissaires linguistiques s’ouvre sur fond d'inquiétude à Toronto

Paul Dubé devant les micros du studio des médias de l'Assemblée législative de l'Ontario.

L'ombudsman de l'Ontario, Paul Dubé, a hérité de l'organisation de la conférence annuelle de l’Association internationale des commissaires linguistiques.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Charlotte Mondoux-Fournier
Rozenn Nicolle

Les compressions dans les services en français du gouvernement de Doug Ford ne passent pas inaperçues pour certains défenseurs de droits linguistiques internationaux. À l’occasion de la sixième conférence annuelle de l’Association internationale des commissaires linguistiques (AICL) qui s’est ouverte mercredi à Toronto, plusieurs déplorent le fait que le Commissariat aux services en français de l'Ontario a perdu son statut d’organisation indépendante.

La thématique Protéger les minorités linguistiques, bâtir des sociétés plus fortes avait été dévoilée par l’ancien commissaire aux services en français, François Boileau, au début du mois de novembre dernier, quelques jours avant que ne tombe l’annonce du gouvernement de Doug Ford d’abolir le Commissariat aux services en français (CSF).

Depuis le 1er mai, le Commissariat est passé sous la responsabilité du Bureau de l'ombudsman de l'Ontario, Paul Dubé, ce que regrette l’AICL.

C'est toujours un triste jour lorsqu’un commissariat est aboli, affirme le président de l’AICL, Rónán Ó Domhnaill. À l'AICL, nous estimons qu'un commissaire linguistique unique, indépendant et visible est l'option privilégiée pour protéger et promouvoir les droits linguistiques.

En effet, plusieurs membres de l’Association estiment que la reconnaissance de ce principe d’indépendance est précieuse à la protection des langues minoritaires.

C’est très difficile de critiquer des institutions et des gouvernements si on n’est pas indépendant.

Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles du Canada

À défaut d’avoir un commissariat complètement indépendant, l'ombudsman doit bientôt lancer le processus d'embauche d'un commissaire permanent pour diriger son unité de services en français.

Raymond Théberge estime qu’il faudra attendre cette embauche afin de dresser un meilleur portrait de la situation, puisqu’on ne connaît pas encore le fonctionnement de cette nouvelle structure.

Raymond Théberge est le commissaire aux langues officielles au Canada

Raymond Théberge estime qu’il est plus difficile pour un commissaire aux langues officielles de critiquer des institutions et des gouvernements s’il n’est pas indépendant.

Photo : Radio-Canada

La politologue Stéphanie Chouinard estime quant à elle qu’il faut rester vigilant quant au processus d’embauche privilégié par le Bureau de l’ombudsman, qui devrait paraître en juillet.

Est-ce que la communauté va être impliquée dans le processus? Est-ce que ce sera un processus transparent ou est-ce que ça sera partisan?

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe en sciences politiques au Collège militaire royal du Canada

Outre les changements récents à la structure du Commissariat aux services en français, la politologue affirme que la situation politique ontarienne sous Doug Ford créée certains remous au sein de la communauté internationale des défenseurs linguistiques.

Les compressions dans le milieu de l’éducation, dans le milieu de la santé, touchent aussi la population francophone ici parce que ça touche directement l’habileté des institutions de servir la population ontarienne en français, affirme-t-elle. On sent une inquiétude généralisée face à la situation politique en Ontario.

Stéphanie Chouinard est professeure adjointe en sciences politiques au Collège militaire royal du Canada

La politologue Stéphanie Chouinard estime qu’il faut rester vigilant quant au processus d’embauche du commissaire aux langues officielles sous l'ombudsman.

Photo : Radio-Canada

Les meilleurs jours des langues officielles sont encore à venir

L’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, se veut toutefois rassurant.

Tout changement provoque des craintes, dit-il. Mais j’invite l’Association à nous regarder et à voir ce que nous allons faire.

Selon lui,les meilleurs jours des langues officielles en Ontario sont encore à venir.

L’organisme est plus vaste, plus puissant, et a une plus grande marge de manoeuvre. [...] Les francophones de l’Ontario seront encore mieux servis que dans le passé.

Paul Dubé, ombudsman de l’Ontario

Il promet également que le recrutement d’un nouveau commissaire se fera dans la transparence.

Pour ce faire, M. Dubé recevra l’appui de personnes dont l’identité devrait être dévoilée sous peu.

Toronto

Politique provinciale