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Le rapport d'un comité tripartite sur les drogues illicites au Manitoba bientôt publié

Radio-Canada

Le comité spécial établi pour contrer la distribution et la consommation de drogues illicites au Manitoba doit remettre son rapport cette semaine. Selon les acteurs du comité, le document proposera des recommandations concrètes applicables à court terme.

Le comité composé de représentants des trois ordres de gouvernement – la Ville de Winnipeg, la province du Manitoba et le fédéral – a commencé son travail en décembre dernier, pour faire face notamment à la crise de la méthamphétamine.

Selon des experts du domaine de la santé, le nombre de surdoses mortelles de méthamphétamine a doublé entre 2016 et 2017 à Winnipeg. L'Office régional de la santé de Winnipeg a noté par ailleurs une augmentation importante des cas de syphilis liés à l’usage de la drogue.

Selon le chef des Services généraux de la Ville de Winnipeg, Michael Jack, le comité a choisi au fil des discussions d’étendre son champ de travail à l’ensemble des drogues illicites.

Il y a eu un accroissement de la consommation de méthamphétamine. Mais, malheureusement, les opioïdes continuent à être prédominants, reconnaît-il.

Il ajoute que le groupe de travail s’est concentré sur quatre grands piliers : la prévention, l’information, le traitement et le respect de la loi.

Un homme à lunettes, cheveux gris, en costume, devant l'hôtel de ville de Winnipeg une journée d'été.

Michael Jack est le chef des Services généraux de la Ville de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Michael Jack explique que, du point de vue policier et juridique, le comité a cherché des façons de briser le marché de la vente illicite et le trafic.

On a vu aussi que le plus souvent, l’usage de drogues n’est qu’un symptôme d’un traumatisme plus grand au sein des communautés, ajoute-t-il. Ce sont des choses que nous ne pouvons pas régler avec un groupe de travail de six mois.

Des recommandations applicables rapidement

M. Jack affirme que le comité a fait en sorte de proposer des recommandations concrètes qui puissent être applicables à court et à moyen terme.

Pour ce qui est de la méthamphétamine, une drogue peu chère et dont l’effet peut être très long, certains habitants espèrent voir dans les recommandations la création de centres de traitement de plus longue durée.

Ils souhaitent aussi que les centres qui ferment à 16 h 30 soient ouverts plus longtemps pour pouvoir accueillir les toxicomanes en soirée.

Sel Burrows est coordonnateur à Point Powerline, une ligne d’appel communautaire pour les habitants du quartier Point Douglas qui veulent signaler aux autorités des activités liées à la drogue.

On comprend que beaucoup de personnes qui vivent en ville ont de la difficulté à appeler la police. Nous nous sommes réunis à plusieurs pour leur dire dans ce cas de nous appeler, nous. Nous appelons pour eux et faisons le suivi pour nous assurer que ça ne reste pas lettre morte sur un bureau, explique-t-il.

Un homme d'un certain âge, vêtu d'une chemise, dehors devant une piste cyclable et des arbres.

Sel Burrows, activiste du quartier Point Douglas, à Winnipeg, et coordonnateur de l'initiative Point Powerline, une ligne d’appel, communautaire.

Photo : Radio-Canada

Il s’inquiète des nouveaux problèmes qu’apporte la consommation de méthamphétamine.

On avait le crack il y a 10 ans, mais la méthamphétamine, c’est un tout autre problème. Ça touche la santé mentale des gens. On en voit plus qui se promènent avec des armes. Dans ma rue, on a vu une femme avec un couteau qui bloquait le trafic en faisant de grands gestes avec son arme, raconte-t-il.

Il ajoute que, pour l’heure, la méthode la plus efficace pour Point Powerline est de travailler avec la police pour déloger les vendeurs de drogues dès que ces derniers ont été repérés dans un coin de la ville.

Avec des informations de Patrick Foucault

Manitoba

Santé publique