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Se baigner dans l’océan altère la faune bactérienne de la peau

Les pieds d'un homme flottent à la surface de l'océan.

La mauvaise qualité de l'eau sur de nombreuses plages est souvent due aux eaux usées et au ruissellement des eaux de pluie.

Photo : iStock / borchee

Alain Labelle

Une courte baignade dans l'océan modifie la composition de l’ensemble des bactéries qui vivent sur la peau d’une personne pendant au moins 24 heures, ont montré des chercheurs américains, qui estiment que cette réalité peut augmenter le risque d'infection.

Des études ont déjà montré que le microbiome cutané joue un rôle dans notre vulnérabilité aux infections. D’autres recherches, plus récentes, ont quant à elles montré que les personnes qui nagent dans l'océan courent un risque plus grand de contracter diverses maladies et infections.

Une équipe de chercheurs américains a donc voulu déterminer si une simple baignade dans l'océan peut modifier la composition de notre microbiome cutané et, si oui, en combien de temps.

Pour l’établir, elle a recruté neuf sujets dont les microbiomes cutanés ont été analysés avant, immédiatement après, six et 24 heures après une baignade de 10 minutes en mer.

Avant la baignade, chacun des individus avait des communautés bactériennes différentes de celles des autres. Or, après la baignade, ils avaient tous des communautés similaires sur la peau.

Nos données démontrent pour la première fois que l'exposition à l'eau de mer peut modifier la diversité et la composition du microbiome cutané humain, résume Marisa Chattman Nielsen, de l'Université de Californie à Irvine.

Pendant une baignade, des bactéries que l’on retrouve normalement sur la peau ont disparu de sa surface, et d’autres en provenance de l’océan s’y sont déposées.

Marisa Chattman Nielsen

Les résultats ont révélé que cette courte présence dans l’océan a nettement altéré les microbiomes de la peau de tous les participants après un séchage à l'air, puis 6 et 24 heures après la baignade. La peau de certains participants présentait cependant beaucoup plus de bactéries océaniques ou les avait maintenues plus longtemps que d’autres.

Toutefois, six heures après la baignade, les microbiomes avaient commencé à revenir à leur composition d'avant la baignade, et à 24 heures, ce processus était très avancé.

Repères

  • La peau d'un adulte héberge des milliards et des milliards de bactéries de plus de 500 espèces différentes;
  • Un peu comme la flore intestinale, la flore cutanée fait barrière aux infections et participe au maintien d'une peau saine;
  • Sa composition varie selon l’âge, la région du corps, et le climat;
  • La peau est l'organe le plus étendu et le plus lourd (entre 4 et 10 kilos chez l'adulte).

Les travaux de l'équipe de Mme Chattman Nielsen montrent en outre que certaines bactéries du genre Vibrio ont été détectées sur tous les participants après une baignade et après avoir séché à l’air ambiant. Elles n’étaient présentes que chez un participant après 24 heures.

Bien que toutes les bactéries du genre Vibrio ne soient pas pathogènes, le fait que nous les ayons récupérées sur la peau après la baignade démontre que les espèces pathogènes de Vibrio peuvent potentiellement persister sur la peau après la baignade, prévient la chercheuse.

Mme Chattman Nielsen rappelle enfin que le but premier de l'étude était simplement d'étudier comment l'eau de mer peut affecter le microbiome cutané humain. « Il n'existe actuellement aucune preuve que cette perturbation microbienne améliore la réceptivité d'une personne à une infection », souligne-t-elle.

Ces travaux ont été présentés lors de la rencontre annuelle de la société américaine de microbiologie qui se tenait à San Francisco, en Californie.

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