•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Accumulation de bois recyclé : la conférence des préfets tire la sonnette d'alarme

Des piles de bois s'accumulent dans les écocentres des MRC de la région.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

La Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue (CPAT) estime que près de 15 000 tonnes métriques de bois récupéré s'accumulent dans les différents écocentres de la région. Les MRC, qui peinent à trouver des solutions pour disposer de manière responsable de ce bois, demandent maintenant l'aide du ministère de l'Environnement.

En 2014, le gouvernement du Québec a annoncé son intention d'interdire aux municipalités d'enfouir le bois urbain. Les MRC récupèrent donc le bois issu notamment de travaux de construction et doivent en disposer dans le respect de certaines règles dictées par le ministère de l'Environnement.

Une situation qui cause des maux de tête aux MRC de l'Abitibi-Témiscamingue, qui peinent à trouver des manières de traiter ce bois depuis quelques années et sont contraintes d'empiler le bois dans leurs écocentres, dans l'attente d'une solution durable.

La MRC de la Vallée-de-l'Or (MRCVO), par exemple, n'a trouvé aucune entreprise régionale qui puisse traiter son bois urbain transformé en copeaux. La MRCVO est donc forcée d'envoyer par camion ses copeaux dans un centre situé à Gatineau, une solution coûteuse. On a broyé 3000 tonnes, on a transporté 10 voyages seulement. Il y en aurait encore au moins 27 à faire avec les copeaux qui sont sur la plateforme. On avait 200 000 $ de budget [en 2019], on l'a déjà dépensé, explique le préfet de la MRCVO, Pierre Corbeil.

Demande d'intervention du ministère

Cette accumulation de bois constitue un enjeu de sécurité, notamment en raison des risques d'incendie liés à une accumulation excessive de bois.

La CPAT réclame une aide financière d'urgence de Québec pour réduire la taille des amoncellements de bois dans les écocentres. Selon les préfets, le ministère de l'Environnement n'a pas été à l'écoute de leurs demandes dans les dernières années. Le ministère n'est pas à l'écoute, ni des problématiques ni des solutions qu'on pourrait mettre de l'avant, déplore la présidente de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, Claire Bolduc.

Il y a une lenteur à réagir au ministère de l'Environnement qui nous préoccupe grandement.

Claire Bolduc, présidente de la CPAT

Les élus souhaiteraient aussi que le ministère se penche sérieusement sur cet enjeu et contribue à la recherche de solutions à long terme. Ça se gère ailleurs, dans d'autres pays du monde, notamment les pays scandinaves, ça se gère le bois urbain. Est-ce qu'on pourrait être un peu proactif?, s'exclame Mme Bolduc.

Trouver des solutions pour traiter localement le bois

Le préfet de la MRC d'Abitibi, Sébastien D'Astous, estime qu'il faut trouver des manières de traiter le bois urbain localement. De transporter le bois ailleurs que dans la région, c'est encore des camions sur la route qui vont user nos routes, c'est encore du diesel qui va être brûlé et pour moi ce n'est pas acceptable, déclare-t-il.

Claire Bolduc, Sébastien D'Astous et Pierre Corbeil s'adressent aux médias devant une immense pile de bois de toutes sortes.

Les préfets de l'Abitibi-Témiscamingue déplorent l'interdiction d'enfouir le bois urbain sur leur territoire, ce qui les force à transporter leur bois à Gatineau, pendant que des tonnes de bois s'accumulent.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Il estime qu'il est de plus en plus difficile pour les entreprises de la région, comme Boralex, d'obtenir les autorisations gouvernementales pour traiter le bois urbain. Les cendres doivent aussi être acheminées quelque part, précise-t-il. Si on ne peut plus envoyer les cendres chez nos agriculteurs [en raison des normes], on reste pris avec un volume de matériel qu'on ne sait pas quoi faire avec.

Du point de vue des élus, il est d'autant plus urgent de trouver une solution puisqu'il est important que les entreprises et les citoyens continuent de récupérer le bois. C'est important de trier le bois puis de les envoyer dans nos écocentres. On souhaite qu'ils [les citoyens] continuent de le faire parce que c'est une façon responsable de gérer nos matières, conclut M. D'Astous.

Le ministère réagit

Au lendemain de la sortie publique des préfets, le ministère de l’Environnement a fait savoir par courriel que 100 millions de dollars seront investis sous peu afin d’améliorer la gestion des matières résiduelles, « notamment des sommes afin de favoriser le développement de débouchés et encourager une économie circulaire », précise-t-on.

Le ministère souligne que cet investissement « prendra forme » dans le prochain plan d’action de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles. Il y aura donc des « opportunités » dans ce document pour traiter le bois urbain. « En plus des opportunités qui pourraient se présenter dans le prochain plan d’action, les municipalités visées peuvent faire appel à RECYC-QUÉBEC pour bien identifier les enjeux régionaux, les aider à améliorer le tri des matières, identifier des débouchés et faire du maillage », ajoute la représentante du ministère.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Abitibi–Témiscamingue

Politique régionale