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Le projet de conteneurs du Port de Québec ne devrait pas voir le jour, selon des citoyens

Le projet de mur de conteneurs proposé par le Port de Québec.

Le projet de mur de conteneurs proposé par le Port de Québec

Photo : Port de Québec

Audrey Paris

Un groupe de citoyens estime que la ministre fédérale de l’Environnement devrait mettre un frein au projet de quai en eau profonde dans le port de Québec. D’après ce groupe, la phase de construction de ce projet aura des effets négatifs sur l’environnement et sur la qualité de l'air pour les citoyens du secteur de Limoilou.

Dans un mémoire soumis à l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, l’Initiative citoyenne de vigilance du port de Québec indique que l’Agence n’a d’autre choix, dans l’état actuel des choses, que de recommander à la ministre déléguée [Catherine McKenna] de refuser le projet d’aménagement d’un quai multifonctionnel en eau profonde dans le port de Québec, et ce, peu importe le scénario d’exploitation considéré.

D’après la porte-parole du groupe, Véronique Lalande, la construction du quai dans un milieu qui est déjà saturé, c’est extrêmement inquiétant.

La majorité des préoccupations de l’Initiative citoyenne se concentrent autour de la période de construction du terminal, même si celui-ci n'accueillera finalement que des conteneurs.

Véronique Lalande pense que la nature des marchandises qui seront entreposées sur le quai n'a pas d’importance. Les normes concernant la qualité de l’air seront dépassées durant les travaux, explique-t-elle, et c'est ce qui est inquiétant.

Selon le mémoire du groupe, la concentration initiale de particules fines, qui est déjà de 10 % supérieure à la norme, sera de 23 % supérieure à cette norme durant la phase d’exploitation.

La citoyenne Véronique Lalande.

Véronique Lalande est porte-parole de l'Initiative citoyenne de vigilance du port de Québec. (archive)

Photo : Radio-Canada

Nettoyer avant de construire

Pour le groupe de citoyens, la situation est déjà critique. Véronique Lalande précise que les résidents des secteurs situés à proximité du port de Québec vivent déjà dans la poussière associée à l’activité industrielle.

Il y a déjà une mauvaise qualité de l’air, de l’empoussièrement, dit-elle. On devrait être à travailler cette problématique-là et ensuite, oui, on pourrait voir s’il y a une possibilité de développer. 

D’après la porte-parole du groupe, le Port de Québec a réalisé une étude d’impact environnemental sans tenir compte des activités industrielles déjà présentes dans le secteur.

Le Port met les compteurs à zéro, c’est comme s’il n’y avait rien sur place, et malgré tout, on va dépasser la norme, juste avec ce projet, ajoute Mme Lalande.  

Tout le monde sait que le secteur de la basse-ville de Québec, ce n’est pas un secteur vierge, sans activités, pas d’humains.

Véronique Lalande

Pour l’Initiative citoyenne de vigilance du port de Québec, les retombées économiques du projet ne sont pas suffisantes pour justifier les effets négatifs de la construction du terminal.

Ce groupe a soumis son mémoire à l’occasion d’une période de consultation de l’Agence canadienne d'évaluation environnementale, qui poursuit son évaluation du projet. Le public est invité à envoyer ses commentaires à l’Agence jusqu’au 28 juin.

Le processus fédéral d'évaluation environnementale de ce projet a été entamé en 2015.

Les installations les plus vertes de l’Amérique du Nord

À la fin du mois de mai, le Port de Québec a annoncé avoir conclu une entente avec Canadien National et le réseau international Hutchison Ports pour le projet de terminal de conteneurs.

Dans un communiqué, l’Administration portuaire de Québec avait affirmé que l’entente prévoit que Hutchison Ports construira les installations de manutention portuaire les plus vertes et technologiques de toute l’Amérique du Nord.

Le Port de Québec avait ajouté qu’il souhaitait ainsi devenir l’un des terminaux ayant la plus faible empreinte écologique au monde.

Lors de cette annonce, le PDG du Port de Québec, Mario Girard, avait aussi souligné être conscient que le projet devait encore obtenir l’aval environnemental du gouvernement fédéral. Il espérait que les résultats de l’évaluation environnementale seraient remis au cours de l’été.

Véronique Lalande, de son côté, estime que les nouveaux partenaires du Port de Québec ne garantissent pas la réussite économique du projet. Elle estime que l’administration du port n’a pas fourni assez de détails concernant l’entente survenue avec le CN et Hutchison Ports.

En réponse au mémoire de l'Initiative citoyenne, le Port de Québec a mentionné ne pas pouvoir faire de commentaire puisque l'évaluation du projet était toujours en cours du côté de l'Agence fédérale.

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