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Une nouvelle initiative pour « briser l'isolement » des aînés vulnérables

Marguerite Blais avance en souriant.

Selon la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, 55 % des personnes de 65 ans et plus vivent seules et, parmi celles-ci, 43 % vivent sous le seuil de faible revenu dans les secteurs des Faubourgs, dans Centre-Sud, et de Saint-Louis-du-Parc, dans le Plateau Mont-Royal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Des employés de banques, d’épiceries et de salons de coiffure de certains quartiers de Montréal seront formés sur la façon d'agir et d'interagir avec les personnes aînées qui semblent confuses, perdues ou vulnérables. Cette initiative fait partie du nouveau projet de gériatrie sociale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a précisé lors de l'annonce, mardi, qu'un budget de 400 000 $ sur deux ans sera accordé à ce projet. La somme permettra l’embauche de trois intervenants qui travailleront dans les secteurs des Faubourgs, dans Centre-Sud, et de Saint-Louis-du-Parc, dans le Plateau Mont-Royal.

Le but est de « briser l’isolement des aînés » et de former autour d’eux une communauté bienveillante, un réseau de partenaires qui repère les aînés vulnérables et les accompagne vers un service approprié et adapté à leurs besoins.

Je crois en cette approche et j’ai la conviction que sa mise en œuvre ici au Québec peut ouvrir la voie à des changements majeurs dans notre société à l’égard des aînés [...] et surtout pour prévenir cet isolement social qui est un fléau actuellement.

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants

Le programme se décline en trois volets dont l'objectif est de permettre aux aînés les plus vulnérables « de préserver leur autonomie, de demeurer actifs dans leurs communautés et, pour ceux qui le désirent, de rester à la maison », indique le gériatre et chercheur David Lussier.

On veut viser les personnes vulnérables qui vivent à domicile, mais aussi aller en amont de ça. On veut prévenir la perte d'autonomie, on veut prévenir que ces personnes-là se retrouvent en situation de vulnérabilité. Ça, c'est à peu près n'importe qui, qui en vieillissant pourrait avoir besoin d'un programme pour ça, souligne le Dr Lussier.

Le premier volet consiste à offrir des programmes qui répondent à des défis liés au vieillissement tels que des difficultés de cognition et de mobilité. Ces programmes existent déjà à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, mais permettront d'atteindre les personnes ne pouvant pas se déplacer, qui seront rencontrées à leur domicile.

« On veut que les employés des banques, des services municipaux ou des épiceries puissent savoir comment agir, par exemple, avec quelqu’un qui a des problèmes cognitifs, qui va faire l’épicerie et qui a l’air de ne pas savoir comment gérer son argent, comment les aider, si quelqu’un a l’air un peu perdu, comment savoir aider et mieux les orienter et les garder en sécurité », explique le Dr Lussier.

Former une communauté bienveillante

Le deuxième volet consister à créer une communauté bienveillante envers les aînés en formant les acteurs de la communauté à aider les personnes vulnérables.

Pour illustrer l'expérience vécue par les personnes vulnérables, le Dr Lussier a raconté l'expérience de deux personnes âgées qui s’étaient rendues dans un commerce pour acheter deux gallons d’électricité, parce qu’elles avaient cessé de payer leur électricité, à cause de leurs problèmes cognitifs :

« Les employés du magasin se retrouvent un peu dépourvus, parce qu’ils ne savent pas quoi faire avec ces personnes-là. Est-ce qu’ils devraient se dire ''il a des problèmes'', l’ignorer et le laisser aller? Ou savoir où appeler? Dans cette histoire-là, ils avaient appelé le 911. Idéalement, on aimerait qu’ils appellent les services de première ligne qui vont pouvoir se déployer et aller aider ces gens-là », a illustré le Dr Lussier.

Le troisième et dernier volet vise à permettre aux personnes les plus vulnérables de recevoir le soutien et les services nécessaires de la part des services de première ligne.

« Je suis ravie de pouvoir apporter mon soutien à ce projet, car je me suis engagée à favoriser le mieux-être des aînés de tous les milieux, en les aidant à participer activement à la vie de leur communauté et de l’ensemble de notre société », a lancé la ministre Blais.

Elle a également noté que 55 % de personnes de 65 ans et plus vivent seules, et que de ce nombre, 43 % vivent sous le seuil de faible revenu dans le territoire visé par le projet.

« Quand on sait ce à quoi peut être associé l’isolement, notamment l’incidence sur la santé psychologique, cognitive [...] un taux de suicide aussi, une situation de dénutrition... Il est urgent d’agir concrètement sur le terrain en mobilisant tous les acteurs du milieu », ajoute Marguerite Blais, qui souhaiterait implanter « le plus rapidement possible » ce modèle dans d'autres quartiers de Montréal et les autres régions du Québec.

Avec les informations de La Presse canadienne

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