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71 millions de dollars pour le train à grande fréquence dans le corridor Québec-Toronto

Un cheminot regarde une locomotive de VIA Rail.

L'annonce du projet de train à grande fréquence a eu lieu mardi à Trois-Rivières. (Archives)

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Radio-Canada

Ottawa et la Banque de l'infrastructure du Canada investiront 71 millions de dollars en vue d'étudier la proposition de VIA Rail pour le train à grande fréquence (TGF) dans le corridor Québec-Toronto.

Le ministre de l'Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, estime que cette étape déterminera la viabilité du projet.

Ces travaux essentiels alimenteront la décision d’investissement finale à l’égard d’un futur projet de train à grande fréquence, a-t-il déclaré mardi matin à Trois-Rivières. Il était en présence du ministre des Transports, Marc Garneau, et de la présidente et chef de la direction de VIA Rail Canada, Cynthia Garneau.

François-Philippe Champagne, ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, Marc Garneau, ministre des Transports, Pierre Lavallée, président et chef de la direction de la Banque de l’infrastructure du Canada et Cynthia Garneau, présidente et chef de la direction de VIA Rail Canada.

L'argent servira, entre autres, à la préconception du projet estimé à 4 milliards de dollars.

Photo : Radio-Canada

Cela permettra aux Canadiens de rendre visite à leur famille plus rapidement et de mieux relier nos entreprises, tout en réduisant la congestion routière et en offrant une solution de rechange peu polluante pour se déplacer.

Marc Garneau, ministre des Transports du Canada

Des travaux de planification et de préparation

Environ les deux tiers du financement, soit 55 millions de dollars, permettront de mettre sur pied une équipe d'experts basée à Montréal. Ils procéderont notamment à des travaux juridiques et réglementaires. Il y aura aussi des consultations auprès d'intervenants et de communautés autochtones sur l'acceptabilité du tracé du TGF.

Le tracé non définitif de VIA Rail entre Toronto et Québec.

Des consultations auront lieu au sujet du tracé du nouveau corridor proposé par VIA Rail.

Photo : Radio-Canada

Le reste du financement, soit 16,1 millions de dollars, sera entre autres investi dans la coordination avec les fournisseurs régionaux de transport en commun à Montréal et à Toronto. Cela comprend des travaux sur les voies ferrées dans le tunnel du Mont-Royal à Montréal.

Les travaux s'étaleront sur une période de 18 à 24 mois. Le projet de TGF est évalué à 4 milliards de dollars.

Un corridor achalandé

Ottawa précise qu'un récent sondage révèle que le TGF suscite beaucoup d'intérêt sur le marché. D'ailleurs, dans le réseau actuel, environ 72 % des voyageurs de VIA Rail Canada ont emprunté le corridor Québec-Toronto l'an dernier, ce qui représente 66 % des revenus du réseau.

Ce trajet a la clientèle la plus diversifiée au pays. Elle comprend des étudiants, des personnes âgées, des touristes et des voyageurs d'affaires qui ne se déplacent habituellement pas en train.

Réactions négatives dans l'opposition

Des élus ont déclaré avoir des sentiments partagés sur cette annonce. D’une seule voix, le député néo-démocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, et son chef de parti, Jagmeet Singh, ont critiqué la décision d’Ottawa d’investir dans une étude de plus, plutôt que de procéder à la construction du train.

Robert Aubin et Jagmeet Singh qui parlent devant le fleuve Saint-Laurent

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, et le député néo-démocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, reconnaissent qu'une étape importante du projet vient d'être franchie.

Photo : Radio-Canada

Effectivement, ce sont des étapes importantes, mais qui s’étirent dans le temps depuis bien trop longtemps. Ça fait plus de 6 ans que je me débats [...] pour faire avancer ce projet, déplore Robert Aubin. Il estime que l’ensemble des Trifluviens attendaient une annonce plus substantielle sur le sujet.

On n’a pas la garantie formelle qu’au bout de ces 24 mois va s’enclencher la mise en place de ce réseau.

Robert Aubin, député néo-démocrate de Trois-Rivières

Pour sa part, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet s'est montré encore plus incisif.

Dans un communiqué envoyé mardi soir, il qualifie l'annonce de « creuse ».

Les ministres se sont de toute évidence déplacés ce matin pour faire une annonce dilatoire afin de pouvoir prétendre qu’ils ont fait quelque chose pendant leur mandat, ironise-t-il.

De grandes attentes pour ce projet

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, salue l'initiative, mais rappelle que le développement du TGF ne doit pas se faire au détriment des services sur la rive sud. Il entend prendre part aux consultations afin de réitérer l'importance de l'offre ferroviaire à Drummondville et dans les régions environnantes.

Chaque jour, des dizaines de personnes profitent des services de VIA Rail à partir de Drummondville. Ce pourrait être davantage si [...] on en augmentait les fréquences tout en adaptant les horaires aux besoins, souligne le maire.

De son côté, le président sortant de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Marco Champagne, souligne qu’il s'attendait à une annonce dans ce dossier à l’approche des élections fédérales.

Il sourit.

Le directeur général de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Marco Champagne.

Photo : Radio-Canada

Il affirme que la présence d’un train à Trois-Rivières aiderait les entreprises d’ici qui, actuellement, refusent des contrats d’envergure, faute de main-d’oeuvre , à recruter le personnel nécessaire pour accepter ces contrats.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain ajoute que la construction du train favorisera aussi le développement de l'économie montréalaise.

L'organisme se réjouit d'ailleurs de l'implication de la Banque de l'infrastructure du Canada dans ce projet.

Cette participation permettra d’accélérer les travaux de planification en amont ainsi que la réalisation éventuelle du projet, selon Michel Leblanc, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

D'après les informations recueillies par Maude Montembeault et par Jérôme Roy

Mauricie et Centre du Québec

Politique fédérale