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Changement climatique et santé : des effets plus prononcés dans le nord du N.-B.

Une femme porteune bouteille d'eau à ses lèvres, avec le soleil qui plombe en arrière-plan.

Le Nouveau-Brunswick doit s'attendre à connaître de plus en plus de jours de canicule au cours des prochaines années, selon le Conseil de conservation.

Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Pierre-Philippe LeBlanc

Les conséquences du changement climatique sur la santé seront en général plus marquantes dans le nord du Nouveau-Brunswick que dans le sud, selon une étude produite pour le compte du Conseil de conservation.

L’étude réalisée par Louise Comeau, adjointe à la recherche à l’Université du Nouveau-Brunswick et responsable d’un programme de lutte au changement climatique du Conseil de conservation, s’intitule La santé climatique pour des Néo-Brunswickois en santé.

Le changement climatique doit être considéré comme étant un enjeu de santé publique au Nouveau-Brunswick, selon l'étude. Les températures plus élevées menacent la santé des enfants, des personnes âgées et de personnes atteintes de maladies chroniques. Les grandes tempêtes de vent et de pluie verglaçante entraînent des interruptions de courant et nuisent à l’agriculture. Les feux de forêt réduisent la qualité de l’air. Les inondations provoquent du stress et de l’anxiété.

Les températures moyennes dans l’ensemble de la province risquent d’augmenter de 1,9 à 2,1 degrés Celsius de 2021 à 2050, estime le Conseil de conservation. Il s’agirait d’une hausse de 68 % de la température moyenne annuelle dans le nord-ouest de la province et de 32 % dans le sud.


Des températures plus élevées augmentent le risque d’exposition aux tiques porteurs de la maladie de Lyme et favorisent l’arrivée d’autres espèces de tiques et de maladies, souligne-t-on dans le rapport.

Les canicules vont durer de plus en plus longtemps, selon l’étude. Le nombre de jours par année où la température atteint ou surpasse 30 degrés Celsius risque d'augmenter considérablement de 2021 à 2050, comparativement à 1976-2005.


L’étude prévoit aussi une augmentation annuelle moyenne des précipitations de 6 % dans les régions du sud et de 7 % dans celles du nord de 2021 et 2050 comparativement aux moyennes enregistrées de 1976 à 2005. Une plus grande quantité de pluie et de neige dans le nord peut augmenter les risques d’inondations au printemps.

Je suis convaincue, en étudiant ces données, que nous pouvons nous attendre à une croissance du risque d’inondation ainsi que de la fréquence et de l’intensité des inondations.

Louise Comeau, adjointe à la recherche à l’Université du Nouveau-Brunswick et auteure de l'étude du Conseil de conservation

Si vous êtes une personne âgée, une aînée qui vit seule par exemple, ou si vous avez des problèmes de santé comme le diabète, un excès de poids ou l’asthme, vous serez plus affectés par ces changements. Les jours les plus chauds vous aurez peut-être de la difficulté à respirer. S’il y a plus de pollen dans l’air, vous souffrirez plus d’asthme. S’il y a une inondation ou une tempête de pluie verglaçante, vous serez peut-être plus isolés que d’autres sinistrés, moins capables de vous mettre à l’abri, explique Louise Comeau.

Le rapport propose les recommandations suivantes pour réduire les effets du changement climatique sur la santé:

  • planifier et mettre en oeuvre des mesures et des stratégies d’adaptation au changement climatique;
  • améliorer la qualité de l’air et réduire les émissions de gaz à effet de serre en éliminant le charbon et le pétrole de la production d’électricité d’ici dix ans;
  • accélérer l’adoption de règlements et la construction d’infrastructures pour réduire les risques d’inondation, protéger les personnes âgées de la chaleur extrême et protéger la population des maladies transmises par des insectes, dont la maladie de Lyme.

Louise Comeau conseille aussi aux Néo-Brunswickois de moins utiliser leur voiture et de créer plus d’espaces verts. Il faut prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et protéger la population des effets prévisibles du changement climatique, conclut-elle.

Avec des renseignements d'Anaïs Brasier et de Patrick Lacelle

Nouveau-Brunswick

Changements climatiques