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Changement à l’assurance-emploi : des centaines d’étudiants pris au dépourvu

Des dizaines d'étudiants en classe prennent des notes avec leur ordinateur portable.

Des étudiants qui touchaient des prestations d'assurance-emploi durant leurs études ne sont plus admissibles au programme.

Photo : AFP/Getty Image

Radio-Canada

De nombreux étudiants du postsecondaire en Nouvelle-Écosse font des pieds et des mains pour trouver assez d’argent afin de poursuivre leurs études à l’automne, à la suite d’un changement à un programme qui leur permettait de toucher des prestations d’assurance-emploi tout en étudiant.

Les étudiants qui bénéficient du programme provincial Longueur d'avance n’ont pas à chercher du travail quand ils touchent des prestations d’assurance-emploi, s’ils suivent des cours admissibles.

Emploi et Développement social Canada exige toutefois, depuis le 7 juin, que les participants comptent au moins 24 mois d’expérience de travail pour être admissibles, ce qui exclut désormais des centaines d’étudiants.

Je suis extrêmement bouleversée par la nouvelle comme tous les étudiants que je connais parce que beaucoup parmi nous dépendent de cet argent pour faire leurs études, affirme une étudiante en science à l’Université Saint-Anne, Jacqueline McNeil.

Le gouvernement provincial estime que 540 étudiants ne seront plus admissibles au programme, ce qui constitue une baisse de 30 % comparativement à l’an dernier.

En l’absence de cet appui financier, certains étudiants envisagent d’étudier plutôt à temps partiel ou même de travailler pendant une année afin d’économiser suffisamment pour poursuivre leurs études.

En plus de ses prêts d’étudiante, Jacqueline McNeil touchait des prestations d’assurance-emploi gagnées grâce à des emplois d’été. Les prestations l’aidaient à payer son loyer et d’autres dépenses à Pointe-de-l’Église durant ses études. Mais elle n’est plus admissible au programme.

La résidente de Sydney compte essayer d’économiser suffisamment cet été pour rester étudiante à temps plein. Si elle finit par manquer d’argent, elle devra se résigner à continuer d’étudier à temps partiel, explique-t-elle.

Jacqueline McNeil tient en main son chapeau de diplômée

Jacqueline McNeil, étudiante à l'Université Sainte-Anne, est atterrée parce qu’elle ne pourra plus toucher des prestations d’assurance-emploi tout en étudiant.

Photo : Gracieuseté de Jacqueline McNeil

La situation est épouvantable et injuste, selon Jacqueline McNeil. Les étudiants devraient toujours avoir droit à ces prestations parce que c’est de l’argent qu’ils ont gagné en travaillant, dit-elle.

Étudiant en ingénierie à l’Université Dalhousie, Allen Cox ne sait pas s’il sera de nouveau admissible au programme. Il envisage de prendre une pause de ses études pour travailler à temps plein durant un an s’il ne peut plus toucher des prestations en étudiant. Une année, ce n’est pas la fin du monde, mais ça ne faisait pas partie de mes plans, dit-il.

Les changements au programme

Le gouvernement fédéral a demandé le changement de critère d’admissibilité au programme pour s'assurer que les demandeurs sont des travailleurs qui veulent obtenir une formation durant une période de chômage, explique le ministère provincial du Travail et de l’Enseignement postsecondaire.

Le programme n’est pas destiné à financer des étudiants à temps plein, souligne une porte-parole du ministère, Shannon Kerr.

Avant le changement, les critères rendaient admissibles au programme des gens qui n’étaient plus aux études depuis au moins 12 mois, ajoute Mme Kerr.

Le nouveau critère d’admissibilité entré en vigueur le 7 juin s’applique aux nouveaux demandeurs. Les étudiants déjà admis recevront une lettre du provincial expliquant comment le changement les touche.

Les emplois d’été ou à temps partiel exercés par des personnes qui étudient à temps plein ne comptent plus dans le calcul des 24 mois d’expérience de travail.

Emploi et Développement social ne précise pas combien de programmes provinciaux au pays sont touchés par le changement.

Le programme en Nouvelle-Écosse a été lancé en 2015. Des changements apportés au régime d’assurance-emploi l’année suivante ont rendu admissibles des étudiants qui travaillaient durant l’été, ajoute Shannon Kerr.

Les participants ont été informés du changement par courrier le 10 juin.

Un court préavis

Étant donné que la rentrée aura lieu en septembre, il reste peu de temps pour trouver de l’argent afin de combler l’absence des prestations d’assurance-emploi, ajoute l’étudiant Allen Cox.

Si les critères d’admissibilité n’avaient pas changé, il estime qu’il aurait pu toucher des prestations d’environ 10 000 $ durant la prochaine année universitaire. La somme est plus importante que dans le cas de la majorité des étudiants à temps plein parce que ses études comprennent des périodes de travail de quatre mois.

Environ la moitié des 80 étudiants de sa classe participent au programme Longueur d'avance, estime Allen Cox. Beaucoup d’entre eux sont inquiets, souligne-t-il.

Avec les renseignements de Mairin Prentiss, de CBC

Nouvelle-Écosse

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