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Iran-États-Unis : Trump hausse le ton

«Toute attaque de l'Iran contre n'importe quoi d'américain fera face à une force considérable et destructrice», a écrit le président américain sur Twitter.

Photo : Reuters / Erin Scott

Reuters

Les États-Unis riposteront avec une « force considérable et destructrice » à toute attaque iranienne, a menacé mardi Donald Trump, peu de temps après les propos apaisants de son conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton.

Ce dernier assurait que les États-Unis étaient toujours disposés à négocier avec l'Iran malgré l'alourdissement des sanctions américaines annoncé la veille, mais un communiqué véhément adressé à la présidence américaine par le président Hassan Rohani s'est attiré une réponse virulente de Donald Trump.

Le communiqué insultant et idiot publié aujourd'hui montre tout simplement qu'ils ne comprennent rien à la réalité. Toute attaque de l'Iran contre n'importe quoi d'américain fera face à une force considérable et destructrice. Dans certains cas, destructrice signifiera anéantissement, a ajouté le président américain sur Twitter.

Donald Trump a annoncé lundi un nouveau train de sanctions visant le régime iranien, notamment l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique. Téhéran a répondu mardi par la voix du président Hassan Rohani qui a estimé que la Maison-Blanche avait un comportement d'attardé mental.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolai Patrushev écoutent le conseiller américain pour la sécurité nationale John Bolton lors de l'ouverture d'une réunion trilatérale entre Bolton, Patrushev et Meir Ben-Shabbat à Jérusalem le 25 juin 2019.

«Au moment où nous parlons, les représentants de la diplomatie américaine affluent vers le Moyen-Orient à la recherche d'un chemin vers la paix. En réponse, l'Iran a observé un silence assourdissant», a dit John Bolton.

Photo : Reuters / Ronen Zvulun

John Bolton affirmait plus tôt que la porte de la Maison-Blanche restait ouverte pour de véritables négociations en vue d'une élimination complète et vérifiable du programme d'armement nucléaire de l'Iran, de ses systèmes balistiques, de son soutien au terrorisme international et d'autres comportements malveillants à travers le monde. Tout ce que l'Iran a à faire, c'est franchir cette porte ouverte, a déclaré John Bolton au cours d'une visite à Jérusalem.

Soit ils comprendront [...], soit nous renforcerons simplement davantage la campagne de pression. C'est, je pense, la combinaison des sanctions et d'autres pressions, qui amènera l'Iran à la table des négociations, a-t-il ajouté par la suite, s'adressant à la presse après un entretien avec ses homologues russe et israélien.

Le nouveau train de sanctions annoncé lundi par Donald Trump vise notamment l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique. Pour le ministère iranien des Affaires étrangères, cette décision ferme définitivement le canal diplomatique.

Rohani dit ne pas vouloir faire la guerre

L'Iran présentera le 7 juillet les nouvelles mesures qu'il entend prendre pour s'affranchir de l'accord sur le nucléaire de 2015 dénoncé par les États unis, a annoncé mardi le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale.

Selon Ali Shamkhani, dont les propos sont rapportés par l'agence Fars, les pays européens signataires (France, Allemagne et Royaume-Uni) n'ont pas fait suffisamment d'efforts pour sauver l'accord, qui prévoyait que l'Iran réduise ses capacités nucléaires en échange d'une levée des sanctions économiques.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a prévenu Téhéran qu'il s'agirait là d'une très grave erreur.

La diplomatie française, allemande et britannique est entièrement mobilisée pour faire comprendre à l'Iran que ce ne serait pas son intérêt, a-t-il dit.

Le président iranien Hassan Rohani a déclaré au président français Emmanuel Macron que son pays n'avait pas l'intention de s'engager dans une guerre avec les États-Unis, rapporte l'agence de presse Isna.

Mais, a-t-il dit, si les Américains entendent violer à nouveau les eaux et l'espace aérien de l'Iran, les forces armées iraniennes ont le devoir de leur faire face et il y aura un affrontement décisif, a-t-il dit.

Le dirigeant iranien a également dit au président français qu'il ne renégocierait pas l'accord de juillet 2015 sur le programme nucléaire de son pays.

De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé John Bolton de comploter en faveur d'une guerre.

J'aimerais savoir pourquoi ceux qui ont démontré qu'ils détestaient la diplomatie sont soudain intéressés par des négociations?, écrit Mohammad Javad Zarif sur Twitter.

Le chef de la diplomatie iranienne a rappelé que John Bolton avait rédigé en 2017 dans le National Review un article prônant une remise en cause du Plan d'action conjoint (JCPOA).

L'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de l'Iran

L'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de l'Iran

Photo : Reuters / Caren Firouz

Dissuasion active

Outre l'alourdissement des sanctions, Washington a annoncé lundi son intention de former une coalition avec ses alliés pour assurer la sécurité de la navigation dans le golfe arabo-persique.

Les pays membres apporteront une contribution matérielle et financière à ce programme baptisé Sentinelle, a précisé un membre du département d'État, moins de deux semaines après l'attaque de deux pétroliers imputée à l'Iran près du détroit d'Ormuz.

Il s'agit de dissuasion active, parce que les Iraniens veulent juste faire ce qui leur chante sans le reconnaître. Nous savons ce qu'ils ont fait, a-t-il ajouté, s'adressant à la presse dans l'avion qui le conduisait aux Émirats arabes unis, où le secrétaire d'État Mike Pompeo a rencontré les dirigeants émiratis, après s'être entretenu avec leurs homologues saoudiens.

À Djeddah, où il a été reçu par le roi Salmane et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, Mike Pompeo a insisté sur le fait que la liberté de navigation était primordiale aux yeux des États-Unis.

Nous discutons avec [l'Arabie saoudite et les Émirats] des moyens d'être sur la même longueur d'onde sur le plan de la stratégie, et des moyens de mettre sur pied une coalition internationale, a-t-il dit.

Un autre responsable du département d'État a précisé que Washington souhaitait le déploiement de navires de guerre à intervalles réguliers dans le golfe d'Oman ou le détroit d'Ormuz, de façon à pouvoir garder en permanence un œil sur la navigation dans cette zone.

Ce dispositif n'est pas encore opérationnel, mais nous y travaillons avec nos partenaires, a-t-il indiqué.

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