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Pêche au crabe : des travailleurs d’usine rêvent d’un meilleur partage de la richesse

Un crabe des neiges fraîchement pêché.

Les prises sont nombreuses depuis le début de la saison de la pêche au crabe des neiges dans la Péninsule acadienne, dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Radio-Canada

La Première Nation Elsipogtog a montré tout ce qui est possible lorsque les revenus de la pêche au crabe des neiges sont partagés avec la communauté. Mais ce modèle est-il possible dans l’industrie traditionnelle, où ce sont plutôt aux pêcheurs et aux propriétaires d’usines que revient le gros des revenus?

Une tentative de redistribuer la richesse générée par la pêche au crabe a déjà existé. En 1995, l’Association des pêcheurs professionnels acadiens a lancé l’idée de créer un fonds de développement communautaire. Résultat : un Fonds de solidarité pour venir en aide aux travailleurs d’usine avait été créé, mais a pris fin en 2001. Mais un groupe représentant ces travailleurs, Aide et soutien travailleuses et travailleurs des secteurs saisonniers (ASTS) y rêve encore.

Je suis certain qu’on serait capable de s’entendre avec un meilleur partage, parce que c’est là le problème, dit Alain Cormier, président de l’ASTS. Je ne suis pas anti-pêcheurs, mais il y a beaucoup dans les poches des pêcheurs. Un peu plus dans les poches des usines, mais l’employé arrive toujours en dernier lieu.

Cette pratique se fait ailleurs, notamment en Alaska, où les revenus de la pêche sont partagés à parts égales entre les pêcheurs, les propriétaires d’usines et les employés, fait remarquer l’ancien consultant en ressources humaines Réginald Boudreau.

Je sais que les pêcheurs pensent que le crabe leur appartient, [mais] ça appartient à la communauté.

Réginald Boudreau
Réginald Boudreau en entrevue, devant chez lui.

Réginald Boudreau, ancien consultant en ressources humaines

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Si on partage pas cette richesse-là, on est en train de voir l'industrie s'effriter, tomber, les bateaux qui sont vendus dans d'autres provinces, les usines sont achetées par des intérêts étrangers, ajoute-t-il. Il faut qu'on se prenne en main.

L’industrie du crabe n’a toutefois pas souvent montré qu’elle est prête à changer dans les 10 dernières années, selon le consultant en pêche Jean Saint-Cyr.

C’est vraiment une question de volonté. Est-ce que la volonté de changer ou d’améliorer est là? [...] Dans les conditions actuelles, je ne sens pas l’attitude nécessaire ou l’ouverture d’esprit pour changer les façons de faire.

Avec les informations de Michel Nogue

Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches