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Paul-Émile Borduas, au-delà du Refus global

Une oeuvre abstraite peinte à la palette est accrochée au mur. Des teintes de gris et de blanc sont employées.

L'une des œuvres que l'artiste a peintes vers la fin de sa vie, en 1955, à Paris

Photo : Radio-Canada

Marie-Christine Rioux

La nouvelle exposition du Musée du Bas-Saint-Laurent, à Rivière-du-Loup, La révolution Borduas, rassemble certaines œuvres du peintre Paul-Émile Borduas. L'exposition recense les différentes phases artistiques qu'a traversées l'artiste et auteur du Refus global.

Une soixantaine d'œuvres picturales et photographiques de Borduas sont rassemblées dans cette exposition réalisée par le Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul.

On retrouve des œuvres qui englobent plusieurs époques dans sa vie. [...] Ça nous permet de voir le développement de sa pensée, le développement de son art visuel et même certains aspects de sa vie privée, explique Jessy Thériault, animateur culturel au Musée du Bas-Saint-Laurent.

Au début du parcours de l'exposition. On apprend que Paul-Émile Borduas a d'abord abordé la peinture par l'art décoratif religieux destiné à enjoliver les églises.

Une toile aux teintes rosées représente un oiseau abstrait.

Paul-Émile Borduas a d'abord peint à la gouache avant de se tourner vers la peinture à l'huile.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Ça commence avec son maître, qui était Ozias Leduc. Il a commencé en faisant plutôt de l'art décoratif d'église. C'était surtout son objectif dans la vie, mais quand il est allé à l'École des beaux-arts, il a constaté que ce n'était pas vraiment cela qu'il aimait, poursuit Jessy Thériault.

C'est pendant ses études en France que le peintre découvre le surréalisme de même que la recherche du subconscient et de l'automatisme. Ce sont ces mouvements artistiques qui influenceront tout le reste de sa production.

Sa technique, c'est de commencer en faisant un geste puis en suivant ce geste-là et en adaptant sa palette de couleur au premier mouvement qu'il a fait. C'est vraiment de suivre son instinct.

Jessy Thériault, animateur culturel au Musée du Bas-Saint-Laurent

L'artiste peintre délaisse ainsi le figuratif caractéristique de l'art décoratif pour se tourner vers l'art abstrait et le courant automatiste. Il découvre d'abord la gouache pour ensuite adopter la peinture à l'huile, qu'il exécute notamment à la palette.

La parution du Refus global, en 1948, marque un tournant dans la vie de Paul-Émile Borduas, qui s'exile à New York.

Des tableaux représentant des taches tirant sur les teintes de brun sont accrochés au mur.

Quelques peintures à l'huile de Paul-Émile Borduas

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Le Refus global est un manifeste rédigé par Borduas et cosigné par 15 artistes et intellectuels québécois de l'époque. Le texte rejette notamment la morale religieuse et le conformisme artistique de l'époque et défend la liberté d'expression.

C'est un artiste marquant puisqu'il a commencé par refuser les valeurs que la société avait déjà imposées. Il a été un peu un choc dans le monde de l'art et c'est pour ça qu'il a été renvoyé de l'École du meuble après la parution du Refus global. Il est parti s'exiler à New York, puis en France par la suite, ajoute Jessy Thériault.

Une peinture à l'huile de style abstrait.

Une œuvre sans titre peinte en 1957 par Paul-Émile Borduas.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

La révolution Borduas est présentée jusqu'au 6 octobre.

Des œuvres d'autres artistes automatistes québécois et signataires du Refus global seront également exposées au Musée du Bas-Saint-Laurent à partir du 27 juin, dans l'exposition Les Automatistes.

Bas-Saint-Laurent

Arts visuels