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Quel avenir pour la Société de développement économique du Grand Sudbury?

Plusieurs personnes assises en cercle

Le conseil municipal du Grand Sudbury débattra mardi soir de la proposition du maire Brian Bigger de dissoudre la Société de développement économique.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Radio-Canada

Les membres de la Société de développement économique du Grand Sudbury qualifient de « hâtive » la décision du maire Brian Bigger de présenter une motion demandant la dissolution de l’entité en faveur du transfert de leurs responsabilités aux conseillers municipaux. Ces derniers doivent débattre de la proposition lors de la réunion de mardi soir.

Le vice-président de la Société de développement économique du Grand Sudbury (SDEGS), Pierre Zundel, indique qu’un consultant embauché récemment pour évaluer les pratiques de gouvernance de l’organisme avait plutôt recommandé que ce dernier obtienne une plus grande autonomie et qu’il effectue des modifications dans les communications qu’il entretient avec la Ville.

Notre conseil d’administration avait eu, en avril, une première discussion sur le fond de cette question. On avait demandé au maire [Bigger] et aux trois conseillers [municipaux] qui sont membre du conseil de nous donner leurs perspectives sur comment la gouvernance pourrait changer [...]. On n’a pas eu de nouvelles jusqu’au moment où on a vu l’avis de proposition du maire, explique M. Zundel.

Pierre Zundel, recteur de l’Université Laurentienne dans le Grand Sudbury.

Pierre Zundel estime que tous les conseillers municipaux devraient d'abord s'enquérir des recommandations du consultant embauché récemment avant de se prononcer sur la proposition du maire Bigger.

Photo : Radio-Canada / Patrick Wright

Dans le document qu’il a soumis au conseil municipal le 11 juin, le maire Bigger propose que la Ville du Grand Sudbury assume l’entière responsabilité de toutes les activités de développement économique et de tous les investissements de développement économique à compter du 1er juillet 2019.

Dans une déclaration qu’il a faite le lendemain, l’élu a justifié son raisonnement par le fait que l’ultime responsabilité de l’avenir de la Ville incombe aux membres du conseil municipal élu.

Un homme assis à un bureau avec un micro.

Le maire Brian Bigger croit que les conseillers municipaux devraient être les seuls responsables des décisions d'investissement économique de la Ville.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Formée de 18 administrateurs provenant de divers secteurs, la Société de développement économique du Grand Sudbury a pour tâche de guider certaines des décisions d’investissement de la Ville.

L’entité créée en 2001 dispose d’un budget annuel de près d’un million de dollars grâce auquel elle soutient plusieurs initiatives, notamment dans le domaine culturel. Elle gère également la moitié des recettes perçues grâce à la nouvelle taxe hôtelière en vigueur depuis septembre 2018 dans le Grand Sudbury.

M. Zundel croit que le point de vue du maire Bigger ne traduit pas nécessairement un dénigrement du travail bénévole des administrateurs de la SDEGS.

Le maire a raison en ce sens que c’est vraiment au conseil municipal que les contribuables ont donné un mandat. On verra si dans leur ensemble, ils sont d’accord avec le maire et si oui, on fera ce qui s’impose, note-t-il.

On ne s’entend pas sur le fond de la question qui est [de savoir] si oui ou non, il devrait y avoir un organisme indépendant du genre de la Société de développement économique.

Pierre Zundel, vice-président de la Société de développement économique du Grand Sudbury

Préserver un processus décisionnel apolitique

Pour Pierre Zundel, la diversité des parcours des membres de la SDEGS et le fait qu’ils ne soient pas élus constituent justement leurs principales forces.

Ça apporte des expertises qui ne sont pas disponibles au sein du conseil [municipal], ça nous permet d’activer les réseaux de ces gens-là, et ça permet de prendre des décisions d’investissement économique qui ne sont pas toujours colorées par les politiques électorales du jour, affirme-t-il.

L’ancien président de la SDEGS, Darren Stinson, corrobore ces propos. Il estime d’ailleurs que le conseil municipal a mal géré plusieurs dossiers économiques comme celui du quartier de divertissement Kingsway. L’opposition que suscite le projet de grande envergure retarde sa réalisation.

Si le conseil avait requis l’orientation de la SDEGS, plusieurs des inquiétudes qui ont été mises en lumière à travers les révisions du Tribunal d’appel de l’aménagement local (TAAL) n’auraient peut-être pas été présentes. Le conseil aurait été beaucoup mieux préparé à résoudre ces problèmes, fait-il savoir.

L’ancienne vice-présidente de la SDEGS, Vicki Jacobs, dit surtout trouver inquiétant le fait que le maire Bigger veuille un changement de structure aussi rapidement.

On doit bien se demander combien de décisions seront de nature politique plutôt que de nature économique. Les conseillers soutiennent leurs propres quartiers, ce qui n’est jamais arrivé à la SDEGS pendant mon mandat.

Vicki Jacobs, ancienne vice-présidente de la Société de développement économique du Grand Sudbury

Pour sa part, le maire Bigger persiste et signe.

À ce point-ci, je crois que les gens ne sont pas complètement au courant de toutes les possibilités de développement économique qu’il y a dans la communauté et ce pourrait aussi être le cas pour le conseil municipal. Je soumets la proposition pour qu’on puisse en débattre, avance-t-il.

Nord de l'Ontario

Politique municipale