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Les avocats de Meng Wanzhou demandent la fin des procédures dans « l’intérêt national »

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a été arrêtée à l'aéroport de Vancouver en décembre 2018.

Les autorités américaines ont jusqu'à la fin du mois de janvier pour déposer leur demande d'extradition envers Meng Wanzhou.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Les avocats de Meng Wanzhou affirment qu'il est dans « l’intérêt national du Canada » d’abandonner le processus d’extradition contre la directrice financière de Huawei.

L’équipe juridique de la haute dirigeante demande à Ottawa d’affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis en refusant la demande d’extradition des Américains, qui l’accusent d’avoir menti à des banques dans le but de violer les sanctions américaines contre l’Iran.

Les avocats disent avoir présenté leur argument au ministre de la Justice David Lametti après des commentaires de Jean Chrétien. L’ancien premier ministre a suggéré qu’Ottawa devrait annuler l’extradition de Mme Meng afin d’atténuer les tensions diplomatiques entre le Canada et la Chine.

« Le Canada est à la croisée des chemins en ce qui concerne la demande des États-Unis d'extrader Mme Meng pour une conduite qui ne pourrait pas constituer une infraction au Canada », affirment les avocats dans leur déclaration.

« À travers notre histoire, le gouvernement canadien a défendu les valeurs canadiennes, y compris la règle de droit, même quand cela signifiait être en désaccord avec la politique étrangère des États-Unis. »

La déclaration est signée par quatre avocats de renommée qui préparent la défense de Meng Wanzhou devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique en janvier.

Accusations de complot et de fraude

La femme de 47 ans a été arrêtée à l’aéroport international de Vancouver en décembre 2018, alors qu'elle était en transit entre Hong Kong et Buenos Aires.

Les États-Unis ont déposé 13 accusations criminelles contre la directrice financière et son entreprise Huawei en janvier. Les accusations de complot, de fraude et d’obstruction concernent des allégations selon lesquelles l’entreprise aurait tenté de contourner des sanctions contre l’Iran à travers une société de prête-noms.

L’équipe de Meng Wanzhou maintient qu’elle ne ferait pas face aux mêmes accusations au Canada parce que les États-Unis sont les seuls avec des sanctions interdisant les transactions en dollars américains entre les banques étrangères et les entreprises qui font du commerce avec l’Iran.

Leur argument dépend du principe de la « double incrimination » selon lequel un crime dans le pays demandant l’extradition doit être considéré comme un crime au Canada pour permettre l’extradition.

Le ministère fédéral de la Justice n'a pas confirmé avoir reçu la lettre de l'équipe de Mme Meng. Dans un courriel envoyé à CBC, un porte-parole du ministère affirme que « le Canada est un pays qui respecte la règle de droit ».

Les documents soumis au ministre Lametti n’ont pas été rendus publics, mais le ministre a le droit d’imposer son pouvoir discrétionnaire dans les cas de décisions d'extradition.

Cependant, la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a rejeté la suggestion d’annuler l’extradition.

Meng Wanzhou demeure présentement dans une de ses deux maisons de Vancouver.

D'après un texte de Jason Proctor

Colombie-Britannique et Yukon

Justice