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Des casiers pour permettre aux sans-abri de laisser leurs chariots en lieu sûr

Une femme sans-abris qui pousse un charriot de supermarché.

Une femme de 20 ans photographiée en 2015 dans le quartier de West Broadway, à Winnipeg, transporte le peu qu'elle possède dans ce chariot de supermarché.

Photo : Radio-Canada / Kim Kaschor

Radio-Canada

Des casiers seront installés à Winnipeg pour permettre aux personnes sans-abri de laisser en lieu sûr leurs chariots contenant leurs affaires personnelles. Cette initiative intervient alors que la Ville prévoit de démanteler plusieurs campements de sans-abri.

Les chariots de supermarchés ne servent pas qu’à transporter les achats qu'on fait à l’épicerie. Pour de nombreux sans-abri de Winnipeg, ces chariots sont souvent un moyen de transporter ses biens d'un endroit à l'autre.

Le problème, c’est qu’il est impossible de laisser en sécurité un chariot rempli de vêtements, literie, nourriture, outils – et même d’objets personnels comme des photos de famille – sans risquer que quelqu'un ne vienne le dérober.

C'est exactement ce qui s'est passé il y a environ un an et demi, lorsqu'une femme itinérante a découvert avec horreur que son chariot avait été vidé et que ses effets personnels avaient été volés.

« Toutes les photos de ses enfants alors qu'ils étaient encore bébés étaient dans ce chariot et elle ne pourra jamais les récupérer », a déclaré Ray Eskritt, qui fait partie d’un groupe de défense des sans-abri.

Ray Eskritt a fait équipe avec des étudiants du collège Red River pour créer quatre casiers conçus pour entreposer les chariots de supermarché. La construction de ces casiers a coûté environ 10 000 $.

Lundi, un groupe de personnes et des membres du collectif Art City ont décoré les casiers, dont deux seront installés à l’extérieur du bâtiment qui abrite le Projet Main Street. Deux autres seront installés dans le quartier de West Broadway.

L’installation de ces casiers intervient alors que la Ville prévoit de démanteler les camps de sans-abri autour de Winnipeg.

Ray Eskritt admet qu'il peut être difficile pour les personnes qui ne vivent pas près du centre-ville de saisir l'importance que représentent ces chariots de supermarché pour ceux qui n'ont pas de toit.

« Il devient très difficile de rentrer quelque part », explique-t-elle.

« Ils ont du mal à aller voir des médecins ou même à obtenir un lit dans un refuge, car une fois que vous laissez votre chariot à l'extérieur, c'est tout ce que vous possédez qui est laissé sans surveillance ».

Ray Eskritt estime que Winnipeg est la première ville canadienne à explorer l'utilisation de ce type de casiers.

Elle dit voir leur utilité dans d'autres endroits, y compris à l'extérieur des banques alimentaires, des refuges, des cabinets de médecins, des bureaux de services sociaux, ou encore à l'extérieur de la bibliothèque du Millénaire.

Des citoyens se sont opposés à la récente mise en place de contrôles obligatoires des bagages et de contrôles à l’aide de détecteurs de métaux à la bibliothèque publique du centre-ville, estimant que ces mesures dissuadent les sans-abri d'entrer dans le bâtiment.

Ray Eskritt est ravi que son idée se soit concrétisée et espère que cela s’avérera utile, même si elle souhaiterait que les casiers et les chariots ne soient pas nécessaires.

« Je préférerais ne pas les voir, je préférerais qu'ils n'existent pas et que nous ayons juste un véritable plan en matière de logement », dit-elle.

Manitoba

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