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« La gravité n'est pas mon amie » - David Saint-Jacques à son retour sur Terre

L'astronaute canadien David Saint-Jacques est rentré sur terre sain et sauf après avoir passé 204 jours dans l'espace.

Photo : The Associated Press / Bill Ingalls

Hugo Prévost

C'est un David Saint-Jacques quelque peu éprouvé qui a été extirpé de la capsule spatiale Soyouz à bord de laquelle il est rentré sur Terre, lundi soir, après une descente mouvementée, mais réussie à la perfection.

L'engin spatial, les flancs noircis par les flammes provoquées par le frottement des denses couches de l'atmosphère, a touché terre vers 22 h 48 (HAE) dans un grand nuage de poussière au Kazakhstan.

Des membres des services de secours, des médecins et des spécialistes se sont précipités afin d'extirper les trois passagers de leur capsule.

Le commandant de la mission, le Russe Oleg Kononenko, a été le premier à être sorti de l'engin spatial, suivi de l'Américaine Anne McClain, de la NASA, et de David Saint-Jacques.

Ce dernier a subi un malaise et a été examiné par son médecin personnel et d'autres professionnels de la médecine.

Rencontré peu après par notre envoyée spéciale Tamara Alteresco, l'astronaute québécois a commenté sa descente : « On est tombé du ciel littéralement. Une fois qu’on se convainc que ce n’est pas dangereux, c’est le fun! »

Il a admis ne pas se sentir en grande forme en raison de la gravité.

D'abord, on se sent chanceux d’être revenus. Je me sens un peu nauséeux. Ce qui me surprend le plus, c’est l’odeur du foin ici. C’est super bon.

David Saint-Jacques à notre envoyée spéciale Tamara Alteresco

« La gravité n’est pas mon amie », s’est-il exclamé par la suite en anglais.

Un retour mouvementé

Un nuage de poussière s'élève de l'endroit où la capsule Soyouz a touché le sol.

La capsule Soyouz qui transportait David Saint-Jacques et ses collègues s'est posée dans un nuage de poussière.

Photo : Reuters / POOL New

Les trois astronautes ont pris place lundi après-midi à bord du vaisseau Soyouz. Tous ont passé 204 jours en orbite.

L'écoutille de la capsule a été fermée hermétiquement vers 16 h 10, (HAE), séparant ses occupants des trois autres membres d'équipage toujours à bord de la station. Mais d'autres procédures étaient nécessaires avant que l'engin spatial se détache de la SSI et se positionne petit à petit pour son retour dans l'atmosphère terrestre.

Une fois la séparation effectuée, la capsule s'est engagée dans une orbite descendante, facilitée par l'allumage de rétrofusées. Elle a ensuite pénétré dans l'atmosphère terrestre, où elle a été soumise à des températures pouvant atteindre les 2000 °C.

Un bouclier thermique, installé sous le plancher de la capsule, a permis d'éviter que la coque fonde, tout en protégeant les astronautes.

Cette étape de freinage atmosphérique – la capsule profitant de la densité de l'air pour ralentir sa chute – soumet les astronautes à une forte accélération qui exerce une énorme pression sur le corps, selon l’Agence spatiale canadienne (ASC).

Selon celle-ci, les passagers de la capsule russe ont pu subir des symptômes tels que des nausées et des troubles de la vision.

Une fois ce moment de ralentissement important provoqué par le frottement de l'engin Soyouz sur les couches denses de l'atmosphère, un premier parachute a été déployé, afin de ralentir la descente de la capsule.

Puis, à quelques minutes de l'atterrissage, un second parachute, plus grand, a été activé à son tour.

La capsule spatiale Soyouz a atterri dans un champ.

La capsule spatiale Soyouz s'est posée non loin de la ville de Dzhezkazgan, au Kazakhstan.

Photo : Reuters

De quelque 27 000 km/h avant l'ouverture du premier parachute, la vitesse de la capsule n'était plus que de quelques mètres par seconde au moment de toucher terre.

Des rétrofusées ont été allumées au dernier instant pour freiner le plus possible l'engin spatial.

L’impact au sol se compare à un accident de voiture, selon le témoignage d’astronautes.

Le saviez-vous?

Le vaisseau Soyouz est le seul engin qui permet de transporter les astronautes entre la Station spatiale internationale et la Terre. Le voyage dure environ trois heures et demie. Chaque fusée n’est conçue que pour un seul aller-retour.

Réapprendre à être un Terrien

L'ex-astronaute canadien Robert Thirsk connaît bien le phénomène puisqu'il a participé à deux missions spatiales.

L'aventure ne s'arrête toutefois pas là pour David Saint-Jacques et ses confrères astronautes. Une fois rentrés sur Terre, ils devront réapprendre à vivre comme des Terriens, c'est-à-dire à vivre sous le poids de la gravité de notre planète.

Vivre en apesanteur entraîne des effets bien connus sur le corps humain, y compris sur la colonne vertébrale. Celle-ci, libérée de la gravité, s'est peu à peu redressée. Ainsi, les astronautes ont gagné quelques centimètres, mais leur corps a aussi oublié comment fonctionner dans un environnement « normal ».

Ils devront passer plusieurs semaines à subir des examens médicaux, à reprendre des forces, ainsi qu'à réapprendre à marcher.

David Saint-Jacques devra aussi terminer plusieurs expériences scientifiques entamées en orbite.

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