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Gazoduq : le chef Steeve Mathias redoute une « stratégie de division »

Des tuyaux servant à créer des conduites souterraines sont empilées.

Des conduites souterraines semblables à celles-ci seront installées par Gazoduq.

Photo : gracieuseté Gazoduq

Thomas Deshaies

Le chef de la communauté de Long Point, Steeve Mathias, déplore de ne pas avoir été invité à une rencontre de concertation entre les communautés autochtones concernant le projet Gazoduq.

Estimant que le projet affectera inévitablement le territoire traditionnel de la communauté de Long Point, Steeve Mathias a cherché des explications. Je suis rentré en contact avec des gens de Gazoduq et ils m'ont dit que la communauté de Wahgoshig était la communauté qui coordonnait ces réunions, mais j'ai appris que ces rencontres sont financées par Gazoduq.

Contactés par Radio-Canada, des représentants de Wahgoshig ont expliqué que huit communautés entre l'Ontario et le Saguenay ont été invitées à participer à une rencontre, l'ouverture est là pour en inclure d'autres. Elles auraient été choisies en fonction d'une liste énumérant les communautés autochtones situées sur le tracé projeté par le projet.

Une nation, une voix

Steeve Mathias trouve inacceptable qu'une telle situation se produise alors que des représentants de Gazoduq avaient été prévenus de l'intention de la nation algonquine d'adopter une position commune. Une position qui leur avait été transmise en février dernier lors d'une rencontre des chefs à Val-d'Or.

Un homme d'origine autochtone s'adresse au micro d'un journaliste.

Steeve Mathias, chef de la communauté autochtone de Winneway

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Selon lui, Gazoduq devrait négocier avec la nation et non avec chaque communauté algonquine pour tenter d'avoir des « ententes individuelles ».

Le chef de Long Point craint que l'entreprise ne cherche à obtenir l'adhésion des communautés en adoptant une stratégie de division. « De la manière dont les choses s'enlignent, c'est carrément ce qu'ils sont en train de faire, s'exclame-t-il. Je ne trouve pas cela respectable. Ça ne m'intéresse pas de faire affaire avec du monde de même. »

Pourquoi Wahgoshig?

Les représentants de Wahgoshig n'ont pas voulu expliquer pour quelle raison leur communauté coordonne les rencontres avec des Premières Nations. Je ne peux pas répondre sur la mécanique, nous a-t-on répondu.

Wahgoshig affirme ne pas avoir de position favorable ou défavorable au projet. Par contre, Steeve Mathias croit que la communauté a pour l'instant « démontré plus d'ouverture » au projet que d'autres.

Quoi qu'il en soit, Steeve Mathias a envoyé un message à l'ensemble des communautés de la nation algonquine pour proposer que les consultations se fassent dans un cadre où le promoteur aurait moins de pouvoirs.

Le gouvernement (fédéral) ne peut pas transmettre (le devoir de consultation) à l'industrie. Leur devoir c'est de bien consulter les premières nations. Je m'attends à ce que le gouvernement agisse de la sorte dans ce dossier, a-t-il conclu.

Gazoduq réitère son ouverture

La directrice des affaires publiques pour Gazoduq, Marie-Christine Demers, réitère son ouverture à entamer des discussions avec l'ensemble des communautés. Je peux simplement réitérer le fait que les portes sont ouvertes et que la main est tendue à l'ensemble des communautés. Nous avons de nombreuses discussions avec plusieurs d'entre elles, dans le cadre de différents exercices, souligne-t-elle.

Une femme sourit à la caméra.

Marie-Christine Demers, directrice des affaires publiques et des relations avec le milieu de Gazoduq

Photo : gracieuseté Gazoduq

Mme Demers affirme que Gazoduq ne joue qu'un rôle de soutien aux démarches de Wahgoshig et que c'est à l'initiative de celle-ci qu'il y a eu des rencontres.

Questionnée sur la prise de parole du chef de Long Point et la volonté de la nation algonquine de prendre une position commune sur leur projet, Mme Demers a déclaré « prendre acte des commentaires de la nation .

On est justement en contact pour s'assurer de faire un suivi pour réitérer l'ouverture que nous avons à poursuivre le dialogue, conclut-elle.

Abitibi–Témiscamingue

Protection des écosystèmes