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Washington vise la tête du régime iranien en sanctionnant le guide suprême

Donald Trump signe un document dans son bureau de la Maison-Blanche devant plusieurs journalistes.

Le président américain Donald Trump signant un document imposant des sanctions économiques à l'Iran

Photo : Getty Images / Mark Wilson

Radio-Canada

Les États-Unis ont dévoilé lundi une nouvelle série de sanctions économiques contre l’Iran, alors que le secrétaire d’État Mike Pompeo est en visite en Arabie saoudite pour discuter d’une « coalition mondiale » contre Téhéran.

Les nouvelles sanctions américaines seront particulièrement dures envers le chef suprême du régime iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, l’empêchant notamment d’utiliser des instruments financiers américains.

Nous continuerons à faire monter la pression sur Téhéran, a affirmé lundi le président américain, Donald Trump, depuis la Maison-Blanche.

À ses côtés lors de l'annonce, le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a précisé que les nouvelles sanctions toucheraient « des milliards » de dollars américains en biens iraniens.

M. Mnuchin a ajouté que le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, serait personnellement visé par des sanctions plus tard cette semaine.

Toute entité « offrant un soutien matériel » au bureau du chef suprême iranien s'expose également à des sanctions de la part des Américains.

Le président Trump avait annoncé la semaine passée que des sanctions seraient imposées dès lundi en réponse à l’attaque d’un drone américain par l’armée iranienne la semaine dernière.

Depuis juin, les exportations de pétrole brut iranien seraient passées sous la barre des 300 000 barils par jour en raison des sanctions américaines, selon des données colligées par Reuters.

Les États-Unis sollicitent leurs alliés

Pendant ce temps, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a rencontré lundi le roi Salmane d’Arabie saoudite ainsi que le prince héritier Mohammed ben Salmane pour mettre en place une coalition mondiale face à l’Iran, accusé d’être le plus grand État au monde parrainant le terrorisme.

M. Pompeo doit ensuite se rendre aux Émirats arabes unis, autre allié des États-Unis dans la péninsule.

Mike Pompeo et le roi Salmane discutant dans un bureau.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo (gauche), rencontre le roi Salmane d'Arabie saoudite (droite).

Photo : Getty Images / Jacquelyn Martin

La destruction d’un drone américain par l’armée iranienne a provoqué l’ire de Donald Trump et de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton. M. Trump a d’ailleurs annulé vendredi in extremis des frappes de représailles pour éviter des morts humaines malgré les avis de son entourage, selon des médias américains.

Washington aurait plutôt lancé une vague de cyberattaques contre des systèmes de lancement de missiles et un réseau d'espionnage iranien.

Téhéran a minimisé cette offensive dans un message de son ministre des Télécommunications diffusé sur Twitter.

Cela fait longtemps que nous faisons face au cyberterrorisme et à l'unilatéralisme des États-Unis, mais à ce jour, aucune de leurs attaques n'a réussi, a écrit Mohammad Javad Azari-Jahromi.

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont grimpé radicalement depuis le retrait des Américains de l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 et le rétablissement de sanctions économiques. Les relations se sont par la suite envenimées après des attaques – attribuées par Washington à Téhéran – contre des navires transportant du pétrole dans le golfe d'Oman.

D’ailleurs, Donald Trump a invité lundi les pays importateurs de pétrole à protéger leurs propres navires.

En Chine, 91 % des importations de pétrole passent par le détroit d'Ormuz, 62 % pour le Japon, et c'est pareil pour nombre d'autres pays, a tweeté M. Trump. Pourquoi protégeons-nous ces voies de navigation pour d'autres pays depuis si longtemps sans la moindre compensation? s'est-il interrogé.

Sortir les Américains du Golfe

Téhéran a réagi lundi soir aux nouvelles sanctions imposées par Washington contre la République islamique en représailles à la perte d'un drone abattu par l'Iran, en affirmant que l'armée américaine n'avait rien à faire dans le Golfe.

Le président américain Donald Trumpa raison à 100 % sur le fait que l'armée américaine n'a rien à faire dans le golfe Persique, écrit le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif, sur Twitter.

Le retrait de ses forces est parfaitement conforme aux intérêts des États-Unis et du monde, ajoute M. Zarif, qui, selon Washington, doit lui-même être personnellement visé cette semaine par de nouvelles sanctions américaines.

Pour M. Zarif, il est maintenant clair que la "bande à Bolton" ne se préoccupe pas des intérêts américains : Ils méprisent la diplomatie et ont soif de guerre, écrit-il sur Twitter.

M. Zarif use du terme B team pour qualifier l'équipe formée selon lui par le conseiller à la sécurité nationale américaine John Bolton, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou ainsi que les prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane et son homologue d'Abou Dhabi, Mohammad ben Zayed, tous partisans d'une ligne dure contre l'Iran.

M. Zarif accuse les quatre hommes d'être les éminences grises soufflant à M. Trump ses décisions vis-à-vis de l'Iran.

Vague consensus au Conseil de sécurité

À New York, finalement, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé lundi dans une déclaration approuvée par ses 15 membres « au dialogue » et à des mesures pour mettre fin aux tensions dans le Golfe, où les attaques contre des pétroliers sont « condamnées ».

Une tentative des États-Unis d'inclure dans le texte une mention sur la responsabilité d'un « acteur étatique » dans les récentes attaques contre des pétroliers a été refusée par la Russie, selon une source diplomatique.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et CBC

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