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Un système « épouvantable » d’entreposage d’animaux domestiques morts à Ottawa

Les pattes d'un chat mort dans un sac de plastique à l'extérieur d'un congélateur.

Les animaux domestiques morts retrouvés sur les routes d'Ottawa sont préservés dans des congélateurs.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills

Radio-Canada

La Ville d’Ottawa promet d’améliorer la façon dont elle tente d'informer les propriétaires dont les animaux domestiques sont retrouvés morts. Une militante pour les droits des animaux a mis en lumière un système qu’elle décrit comme étant « broche à foin » et inhumain.

Avertissement :

Les photographies pourraient choquer certains lecteurs. Nous préférons vous en avertir.

Lorsque des employés municipaux répondent au signalement d’un chien ou d’un chat mort sur une rue d’Ottawa, ils placent l’animal dans un sac de plastique avec l’inscription de la date et du lieu où l’animal a été retrouvé, en plus d’une brève description de celui-ci.

Les sacs sont par la suite placés dans des congélateurs situés dans les édifices des travaux publics de la ville.

Par la suite, peu d’efforts sont consacrés pour contacter les propriétaires de ces animaux ou la SPA d’Ottawa (Humane Society), même si les animaux sont équipés de puces électroniques ou de colliers, selon Claire Castell.

Claire Castell scanne des animaux domestiques morts dans un édifice des travaux publics de la Ville d'Ottawa.

Claire Castell a été ébranlée de voir la façon dont sont traités les animaux domestiques morts recueillis par la Ville d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills

Pas de scanner de puces

Mme Castell agit à titre de bénévole depuis six ans auprès d’un groupe qui vient à la rescousse de chats perdus. Elle a visité l’édifice des travaux publics du chemin Hurdman après avoir perdu son chat en mars.

Elle a constaté un système désordonné et inadéquat, selon elle, alors que les employés ne sont pas équipés de scanners pour les puces électroniques, ce qui permettrait d'identifier les propriétaires des animaux.

J’étais ébranlée, a dit Mme Castell. Je n’arrivais pas à croire que personne à la Ville n’avait cru bon fournir cet équipement à ses employés.

Elle possède elle-même un tel scanner d’une valeur de 100 $ en raison de son bénévolat. Lorsqu’un chat dont elle avait la garde est disparu il y a deux semaines, Mme Castell est retournée à l’édifice du chemin Hurdman, scanner en main.

Elle n’a pas trouvé le chat en question, mais elle a pu scanner une cinquantaine d’animaux. Une quinzaine d'entre eux étaient équipés de puces électroniques.

Mme Castell a noté ces informations et les a transmises à une personne qui a accès aux bases de données des puces électroniques dans le but de contacter les propriétaires.

L’un de ces animaux, qui n’avait pas de puce électronique, lui semblait familier. Mme Castell l’avait aperçu sur une page Facebook recherchant les animaux perdus. Elle a donc contacté celle qui avait fait la publication, Gabriela Rejas, lui indiquant qu’elle avait retrouvé son chat Smokey dans un congélateur de la Ville.

Gabriela Rejas répond aux questions d'un journaliste à l'extérieur par une journée pluvieuse.

Gabriela Rejas s'est mise à pleurer lorsqu'elle a aperçu les restes de son chat dans un congélateur de la Ville.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills

Trouver Smokey

Mme Rejas s’est rendue à l’édifice immédiatement. Un employé l'a conduite vers les congélateurs. C’était une scène épouvantable quand j’ai ouvert le congélateur, s’est-elle souvenue, peinant à retenir ses émotions.

L’employé et elle ont soulevé pas moins de 25 animaux avant qu’elle aperçoive un pelage brun familier. À l’instant où j’ai vu Smokey, je me suis mise à pleurer, a dit Mme Rejas.

Cette tristesse s'est par la suite transformée en colère. Personne n’est au courant de ces congélateurs, la façon dont ils les empilent les uns sur les autres. Je ne suis pas d’accord avec ça, a-t-elle lancé.

« Nous croyions qu’il y avait un processus »

De son côté, le directeur général de la SPA d’Ottawa, Bruce Roney, a reconnu que le système de la Ville est perfectible.

Toutefois, en entrevue à CBC, il a indiqué qu’il avait l’impression que la Municipalité faisait des efforts pour contacter les propriétaires des animaux trouvés morts. Nous croyions qu’il y avait un processus et qu’ils allaient scanner les animaux, a-t-il dit.

Toutefois, un courriel de la SPA d’Ottawa dont CBC a obtenu copie semble contredire cette affirmation. La lettre type demande aux propriétaires d’animaux de contacter le 311 et les avertit que les employés des travaux publics de la Ville ne possèdent pas de scanner de puces électroniques.

La Ville promet de faire mieux

Dans une déclaration à CBC la semaine dernière, la directrice du Service des routes et du stationnement de la Ville, Laila Gibbons, a indiqué que la Municipalité a un système robuste et transparent qui vise à réunir les familles avec leurs animaux domestiques.

En fin de journée vendredi dernier, la Ville a publié une nouvelle déclaration, admettant qu’il y avait place à l’amélioration. À la suite d’une enquête menée après des inquiétudes soulevées par le public, il est clair que des employés n’ont pas respecté nos politiques à la lettre, peut-on lire dans la déclaration attribuée à Mme Gibbons.

La Ville mettra en place des formations obligatoires en ce qui a trait à cette politique afin qu’elle soit mise en place. De plus, le Service des travaux publics et des services environnementaux va se procurer des scanners pour ses employés, peut-on lire.

Une « base de données » remise en question

La Ville indique qu’elle maintient une base de données des animaux domestiques morts qu’elle recueille sur les routes, en plus de les garder pendant 60 à 90 jours, avant de les enterrer.

L'étiquette montre qu'il s'agit d'un chat «gris-brun» recueilli le 19 juillet 2018, chemin Russel.

Une étiquette montrant la description d'un chat recueilli par la Ville d'Ottawa en juillet 2018.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills

Or, certaines étiquettes datent de presque un an, remontant jusqu'en juillet 2018. Pour ce qui est de la base de données, Claire Castell a indiqué qu’elle n’a vu qu’une liste contenant beaucoup moins de données que les 50 ou 60 animaux aperçus dans les congélateurs de la rue Hurdman.

La Ville n’a pas précisé la fréquence à laquelle les propriétaires des animaux sont contactés avec succès.

Mme Castell soutient que n’eût été son intervention, les propriétaires endeuillés comme Gabriela Rejas ne sauraient jamais ce qui est advenu de leur compagnon.

L’animal de quelqu’un, c’est souvent un membre de la famille. Pour certains, c’est tout ce qu’ils ont, a-t-elle conclu.

Avec les informations de Stu Mill de CBC

Ottawa-Gatineau

Animaux de compagnie