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Les Opérations Dignité : un devoir de mémoire pour l’avenir des régions

Rassemblement de Dignité 2 à l'église d'Esprit-Saint

Photo : Denis Pinard © Centre des Opérations Dignité

Miriane Demers-Lemay

Il y a près de 50 ans, le mouvement populaire des Opérations Dignité se crée en réponse à une vague de relocalisations forcées de communautés rurales du Québec. À Esprit-Saint, au Bas-Saint-Laurent, un centre de mise en valeur commémore cette page sombre de l’histoire des régions rurales, qui rappelle qu'elles font toujours face à d'immenses défis.

J'ai déjà vu un rassemblement de chevaliers de Colomb partir en pleurant parce qu'ils avaient revécu, avec les images qu'on présente, le départ et la démolition de leur maison, raconte la mairesse d’Esprit-Saint, Dorys Taylor. Je trouve que c'est important qu'on ait ça et que les gens viennent le voir.

Depuis maintenant dix ans, le Centre de mise en valeur des Opérations Dignité présente une exposition sur le contexte historique ayant mené, dans les années 1960, à la relocalisation de près de 65 000 personnes provenant de près d’une centaine de villages.

Dans l’Est-du-Québec, les communautés de Sacré-Cœur-des-Landes, de Saint-Gabriel-de-Rameau, de Saint-Jean-de-Brébeuf et de Saint-Thomas-de-Cherbourg comptent parmi celles qui disparaîtront. Pour s’assurer que les résidents ne retournent pas dans ces localités, les maisons sont brûlées.

Dans les années 70, des milliers de personnes se sont mobilisées pour empêcher la fermeture de leur village dans le cadre des Opérations Dignité

Dans les années 70, des milliers de personnes se sont mobilisées pour empêcher la fermeture de leur village dans le cadre des Opérations Dignité.

Photo : Centre des Opérations Dignité

Cette décision du gouvernement du Québec provoque rapidement la grogne populaire. Dans l’Est-du-Québec, les citoyens de 65 villages forment les Opérations Dignité et se mobilisent.

Face à la pression populaire, le gouvernement renonce à son plan de relocalisation dans l’Est-du-Québec en 1974.

Les gens avaient peur, tout simplement. Ils avaient commencé à en fermer, des paroisses. Et puis là, ça allait continuer! , se rappelle un résident d’Esprit-Saint, Gildas Cimon.

Esprit-Saint, au Bas-Saint-Laurent

Le souvenir des relocalisations des années 60 reste vif dans la communauté d'Esprit-Saint, où un centre de mise en valeur rappelle cette page de l'histoire du Québec depuis 10 ans.

Photo : Radio-Canada

Les souvenirs des Opérations Dignité sont encore vifs dans la mémoire de la communauté d'Esprit-Saint, tout comme la crainte pour l’avenir des petits villages en région.

Aujourd'hui, on est toujours dans une situation difficile, et on doit réfléchir à ça, parce qu'il y a des gens qui vieillissent dans des villages, qui ont de moins en moins de services, opine un administrateur du Centre de mise en valeur des Opérations Dignité, Martin Gagnon. Je pense qu'on a un travail à faire encore autour de cela.

De fait, la majorité des municipalités québécoises qualifiées de dévitalisées se situent toujours dans l'Est-du-Québec, selon le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire.

Le fait d'y réfléchir, de revenir un peu dans le passé, ça nous permet d’avoir certaines perspectives, conclut Martin Gagnon.

Plusieurs activités seront organisées pour souligner les 50 ans des Opérations Dignité cette année et dans les années à venir, comme le mouvement s'est poursuivi jusqu'en 1974.

Avec les informations de Maya Arseneau

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