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Forestville : 75 ans au cœur de la forêt

L'arboriduc de Forestville permettait d'acheminer les billots de bois de la rivière jusqu'au port.

Photo : Gracieuseté du Musée de la Petite Anglicane de Forestville.

Djavan Habel-Thurton

La municipalité de Forestville, en Haute-Côte-Nord, célèbre cet été son 75e anniversaire. Bien que l'industrie forestière qui a permis sa fondation ait décliné, la Municipalité se veut optimiste face à son avenir.

Gisèle Cassista et Claude Duguay se souviennent bien de l'âge d'or de Forestville.

À l'époque, des milliers de travailleurs élisaient domicile dans la municipalité foisonnante.

Les plus beaux souvenirs de Mme Cassista? La vie, la vie sociale, avec tous les sports. Il y avait beaucoup d'activités : le badminton, le tennis, le hockey qui se jouait beaucoup, se souvient-elle.

Gisèle Cassista et Claude Duguay devant le musée de la Petite Anglicane.

Gisèle Cassista et Claude Duguay, d'anciens résidents de Forestville.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Boudreault

À l'origine, Forestville était une ville privée qui existait pour et grâce à la compagnie britannique Anglo-Canadian Pulp and Paper.

Le bois bûché plus au nord y était transporté sur la rivière Sault-aux-Cochons puis embarqué sur des bateaux.

La rivière Sault-aux-Cochons remplie de billots.

La rivière Sault-aux-Cochons servait à acheminer les billots jusqu'à Forestville.

Photo : Gracieuseté du Musée de la Petite Anglicane de Forestville.

Claude Duguay s'est installé à Forestville en 1946, à l'âge de six ans. Son père était draveur.

Nous on s'est envenu, on attendait que notre maison soit construite parce que mon père travaillait pour l'Anglo. Puis quand la maison a été prête, on a emménagé à Forestville, explique-t-il.

Pour sa part, Claude Duguay a été exercé plusieurs métiers : pompier, policier, mais aussi boucher.

J’ai travaillé 23 ans à la boucherie de l’Anglo. À l’époque, il y avait plus de 2000 travailleurs en forêt, et c’est moi qui préparais la viande. Les camions partaient deux fois par semaine livrer la viande, relate le retraité qui réside maintenant à Rimouski, mais qui passe ses étés dans la ville qui l’a vu grandir.

Bien qu'elle ait été incorporée officiellement en 1944, il y a 75 ans, l'origine de l’histoire de Forestville remonte au 19e siècle, quand a eu lieu la première exploitation forestière.

À l’origine du nom

À l’origine, Forestville ne tire pas son nom de la forêt, mais bien d’un certain William Grant Forrest, commis puis gérant aux installations forestières de Sault aux Cochons au 19e siècle.

Le nom passera plus tard de Forrest-Ville à Forestville, et la Ville adoptera la devise latine per sylvam, signifiant par nos forêts.

Encore aujourd'hui, ce sont souvent les emplois qui attirent les nouveaux résidents dans la municipalité d'un peu moins de 3000 habitants. C'est le cas de la mairesse actuelle, Micheline Anctil, qui y est depuis 1978.

Je suis venue ici pour travailler, comme travailleuse sociale au CLSC de Forestville. J'ai fait toute ma carrière dans le domaine de la santé et des services sociaux en Haute-Côte-Nord, raconte Mme Anctil.

Micheline Anctil, mairesse de Forestville.

Micheline Anctil, mairesse de Forestville.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Boudreault

Forestville, plus importante municipalité de la Haute-Côte-Nord, a dû se réinventer avec le déclin de l'industrie forestière.

Avec le temps, ça s'est diversifié, c'est aussi devenu une ville de services pour les municipalités environnantes. À l'heure actuelle, on travaille sur toutes sortes d'autres créneaux en termes de développement, explique la mairesse, également préfète de la MRC de la Haute-Côte-Nord.

Cela dit, l'économie de Forestville est, encore aujourd'hui, indissociable de la nature qui l'entoure.

On aime dire que la nature est encore un très grand moteur économique dans ce sens où on a remplacé l'exploitation forestière par la chasse, villégiature, pêche, sentier pédestre, produits du terroir, les plages. C'est encore beaucoup axé sur la nature, explique Éric Lévesque, guide muséal et agent de séjour touristique à Forestville.

Éric Lévesque, guide muséal et agent de séjour touristique à Forestville

Éric Lévesque, guide muséal et agent de séjour touristique à Forestville.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Boudreault

À travers cette relation renouvelée avec la nature et l'attachement indéniable de ses résidents pour les grands espaces, Forestville continue à bien porter sa devise latine : per sylvam, par nos forêts.

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