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Une production décalée pour les maraîchers du Bas-Saint-Laurent

Les plantations arrivent à un stade mature plus tardivement qu'à l'habitude ce printemps.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le printemps tardif a retardé le travail des maraîchers aux champs dans le Bas-Saint-Laurent. Certains d'entre eux affichent un retard de trois semaines sur leur calendrier de production.

Les aléas de Dame nature ont des impacts sur les finances des producteurs qui réussissent tout de même à tirer leur épingle du jeu en adaptant leurs pratiques culturales.

Les travailleurs de la ferme Les Verdures de l'Isle à Trois-Pistoles s'affairent encore à semer aux champs.

Normalement, à la fin juin, ils sont en train de récolter leurs premiers légumes de l'année.

Le tracteur est arrêté et la cabine de pilotage est vide.

Un tracteur au champ.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse

Agriculteur biologique sur petite surface depuis six ans, René Cimon dit nourrir l'équivalent de trois cents familles pendant une vingtaine de semaines.

Cette année, il a été contraint de prendre la décision d'ouvrir son kiosque de vente une semaine plus tard que prévu.

[Pour] les primeurs, on a passé le flambeau à quelqu'un d'autre, on considère avoir pratiquement trois semaines de retard sur un calendrier habituel , admet René Cimon, copropriétaire de l'entreprise Les Verdures de l'Isle.

Le producteur est interviewé au milieu de son champ.

René Cimon, copropriétaire de l'entreprise Les Verdures de l'Isle

Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse

Hélas des pertes financières et un petit peu l'égo qui en prend pour son rhume.

René Cimon, co-propriétaire de l'entreprise Les Verdures de l'Isle

Le scénario est semblable aux Serres du phénix au Bic. Les cultures aux champs prennent là aussi du retard. Les abris, combinés avec l'utilisation de couvertures flottantes, ont aidé les plants en serre à survivre aux nuits froides.

C'est une bonne gymnastique en début de saison, ça garde occupé, analyse Martin Plourde, responsable de la production pour les Serres du phénix. La météo a le dos large à notre époque, le problème n'est pas là selon moi. Le climat change, c'est indéniable, mais les pratiques culturales doivent s'adapter, et non l'inverse.

L'homme porte un chapeau durant l'entrevue au milieu d'une des serres.

Martin Plourde, responsable de la production pour les Serres du Phénix

Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse

Le producteur remet en question la décision du gouvernement Legault d'avoir autorisé l'utilisation de néonicotinoïdes, ce pesticide « tueur d'abeilles », aux producteurs de maïs en raison du printemps tardif.

Je trouve que ça, il y a une grande hypocrisie là-dedans, il va falloir faire face aux réalités, lance Martin Plourde.

Pour sa part, René Cimon, invite les décideurs politiques à visiter ses champs.

Selon lui, les temps sont difficiles en agriculture, autant pour les producteurs conventionnels que pour les producteurs biologiques.

Le gros plan sur une partie des pièces laisse entrevoir au milieu de jeunes pousses dans le champ.

Des instruments aratoires installés derrière un tracteur.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse

Il croit fermement à une agriculture à échelle humaine.

Il faut laisser l'agriculture familiale s'exprimer au lieu de laisser la place à des agricultures industrielles, estime René Cimon.

Qu'elles soient biologiques ou conventionnelles, l'agriculture à grande échelle est en train de nous polluer la vie.

René Cimon, copropriétaire de la ferme Les Verdures de l'Isle

En attendant que la météo soit plus clémente, c'est la passion et l'innovation qui soutiennent les maraîchers qui font le bonheur des clients des marchés publics de la région.

D’après le reportage d’Isabelle Damphousse

Bas-Saint-Laurent

Agriculture