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La Colombie en solitaire : les trépidantes aventures de Colin Rémillard

Un paysage montagneux sous un ciel bleu avec quelques nuages.

Paysage de Colombie dans les montagnes

Photo : Colin Rémillard

Radio-Canada

Colin Rémillard, un homme dans la jeune vingtaine, est co-propriétaire d'une entreprise familiale : un marché de fleurs, et de fruits et légumes ouvert au public du mois de mai à la fin du mois d'octobre. Quand il ne travaille pas, il lui arrive de voyager. Loin. Seul. Et avec son appareil-photo.

Dans le cadre de la série web Des Manitobains en voyage, Colin Rémillard raconte ses aventures en Colombie et la façon dont il tente d’utiliser ses photos pour mettre un peu de bonne humeur dans la vie de ceux et celles qui le suivent sur les médias sociaux.


Propos recueillis par Sylviane Lanthier

C’est une amie qui m’a dit d’aller en Colombie. Elle en revenait. Elle m’a dit : "La Colombie va être dans cinq ans ce qu’est le Pérou aujourd’hui. Ce sera presque trop touristique et, donc, mieux vaut y aller maintenant. J’ai trouvé que c’était très à propos comme description.

J’étais allé en Asie l’année d’avant, j’avais passé un mois en Thaïlande, au Laos et au Cambodge ainsi qu'un mois au Vietnam.

C’est super facile de voyager en Asie. Tout est organisé pour les touristes occidentaux : les bus ont des trajets de soir, il y a des trajets directs vers les sites que tu veux voir et c’est pas cher.

La Colombie demande du temps

En Colombie, c’est plus compliqué. Il faut faire des sauts de puce chaque fois que tu veux changer de ville.

Il y a une boucle que tout le monde fait en Colombie, un peu sur le concept des Gringo trails, de Lonely Planet. On peut faire ce trajet en allant vers le nord ou en commençant par le sud.

Mais, en dépit de ça, c’est quand même difficile de se rendre à différents endroits. Il faut compter sur des trajets d’une pleine journée, il n’y a pas de service de bus le soir. Il faut avoir du temps.

Un paysage de montagnes.

Paysage typique de Colombie.

Photo : Colin Rémillard

Cette fois-ci, je m’étais préparé un peu comme pour l’Asie, en me renseignant sur les grandes villes, les mets à essayer, les choses à voir.

Mais tout est différent entre la recherche que tu fais et ce que tu vois dans un voyage. Dans les blogues, tout est toujours magique. La réalité est tout autre et, une fois que tu saisis ça, tu comprends aussi que ça ne vaut pas la peine de trop planifier, sinon tu vas être déçu.

L’important, c’est d’être à l’aise dans un endroit qui t’est étranger, c’est ça, le trip.

Ce que j’ai aimé de la Colombie : le pays lui-même est très très joli. C’est incroyablement vert! Ça m’a surpris parce que j’y allais pendant la saison plus sèche. Les collines et les couchers de soleil sont magiques.

La diversité biologique est intéressante : les animaux, notamment la diversité d'espèces oiseaux, et les plantes. J’aime les plantes, et les fleurs là-bas sont très jolies.

Et les Colombiens eux-mêmes sont extrêmement gentils. Ils ne sont pas encore tannés des touristes, contrairement à ce qu’on peut voir en Europe ou en Nouvelle-Zélande, par exemple.


Paix retrouvée et sentiment de sécurité

La Colombie est aussi un pays qui a vécu une époque de grande violence. C’est terminé, la violence est ancienne, mais on sent que ça reste une honte pour les gens là-bas. On n’en parlait pas.

En 2016, le gouvernement colombien a conclu une paix avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), mettant fin à un conflit armé sanglant qui a duré pendant plus de 50 ans.

On dit que la paix est plus ou moins solide, mais c’est difficile d’en parler aux gens. D’abord, parce que je parle plus ou moins espagnol, et ensuite parce que je ne savais pas à quel point c’est un sujet sensible.

Il y a encore des groupes paramilitaires, couplés avec des narcotrafiquants qui veulent que leurs empires survivent, mais on dit qu’ils ne dérangent pas les étrangers. On entend parfois parler de touristes qui se font voler de l'argent sous la menace de couteaux ou d'armes à feu, mais ça reste que ce n'est que pour un peu d'argent. D'ailleurs, des vols de ce genre, ça arrive n'importe où.

Il y a quand même des policiers partout dans les régions plus touristiques, et si tu as l’air d’un jeune délinquant, tu peux te faire aborder par la police.

Je me sentais moins en sécurité qu’en Asie, mais je ne sais pas si j’étais plus paranoïaque, plus aux aguets ou juste plus vieux!


Un croisement de rues dans un village de Colombie, montrant des bâtiments blancs aux toits de tuiles, avec des montagnes en arrière-plan.

Villa de Leyva, un village de Colombie comme tant d'autres.

Photo : Colin Rémillard

Il reste que c’est un beau pays, et on sent qu’il y a une régénération, ça se reconstruit. C’est un peu comme au Rwanda, où je suis allé avec mon école quand j’étais au secondaire : tout le monde travaille fort pour reconstruire le pays ainsi que sa réputation.

Un coup de coeur : Punta Gallinas et Cabo de la vela

Ce sont deux endroits qui nous sortent de la jungle, dans une péninsule dans le nord-est du pays.

Punta Gallinas est un vaste désert sur le bord de la mer, c’est la destination ultime. La plupart des gens y vont dans le cadre d’une tournée qui les amène aussi sur les plages de Cabo de la vela – Cap de la vela en français.

Dans mon cas, y arriver a été toute une aventure. Je voulais faire ce trajet par mes propres moyens, mais ça a fini par être une vraie épreuve!

Toute une aventure!

Une camionnette sur laquelle sont empilées beaucoup de choses, et quelques personnes autour, sur une route désertique.

La camionnette « rénovée » qui a mené Colin Rémillard à Cabo de la vela, avec 5 autres personnes et trois poules vivantes.

Photo : Colin Rémillard

Je devais partir dans une camionnette rénovée qui joue le rôle de taxi.

On m'a dit d'attendre 10 ou 15 minutes et j'ai fini par attendre une heure et demie. Enfin, on part à six humains et trois poules vivantes! Puis, on arrête dans une ville, on fait des emplettes – en fait, on était comme un skip the dishes version colombienne! On a livré des emplettes à plein de familles en chemin, et tout ça a pris toute la journée.

Je suis arrivé à Cabo de la vela à 6 heures du soir. Il faisait noir.

Une large rue de terre, dans un village pauvre aux maisons dispersées.

À Cabo de la Vela, Colin Rémillard est presque arrivé à destination après une longue journée dans la camionnette. Il est près de 18 heures.

Photo : Colin Rémillard

Je me suis trouvé un hamac pour passer la nuit.

Le voyage dans le camion avait été très inconfortable. J’avais passé toute la journée – 12 heures – à rebondir sur un banc le long de la route, mes fesses me faisaient très, très mal et, quand on est arrivés, je voulais me laver, mais il n’y avait pas d’eau.

C’est comme ça. Ce n'est pas la fin du monde.

Il y a un hamac et un auvent en bambou par-dessus. C’est près de la mer et comme il fait déjà noir, il fait froid.

Avant de me coucher, je parle à un gars qui organise les tournées pour pouvoir aller à Punta Gallinas le lendemain. Ce sont des véhicules sport (VUS) qui font des allers-retours. Je réserve donc ça le soir d’avant et, à 4 heures et demie du matin, je suis réveillé, un VUS arrive, c’est le mien.

Sur le chemin vers Punta Gallinas, on entre dans l’équivalent d’une réserve au Manitoba : il y a un peuple qui habite dans cette région depuis longtemps, c’est une région protégée pour lui.

Les infrastructures sont différentes une fois qu’on est entrés sur leurs terres, les gens sont incroyablement pauvres.

Soudainement, sur le chemin, des gens placent des chaînes en travers de la route pour amener les voitures à s’arrêter et pour quêter.

Au début il y avait une ou deux de ces personnes, mais quand on est revenus, il y avait près d'une centaine de gens sur la route, saisissant des chaînes, tentant de quêter de l'argent de poche ou des bonbons. La plupart étaient des enfants de moins de 10 ans.

Les conducteurs les voient tous les jours. Ce sont des gens très, très pauvres. Ils veulent qu’on leur donne de l’eau en bouteille tellement l'infrastructure est limitée.

On a eu, on aurait dit, au moins 8 crevaisons, le camion marche plus ou moins, ça sent le gaz à plein nez!

Un véhicule arrêté en plein désert, le capot relevé, et quelques personnes autour.

Une des nombreuses pannes sur la route vers Punta Gallinas.

Photo : Colin Rémillard

Mais le VUS nous amène finalement à Punta Gallinas.

C’est très limité : en dépit du nombre de personnes qui vont voir cet endroit, il y a une seule auberge qui accueille des gens tous les jours, c’est tout. Tu dors dans un hamac, mais il est confortable.

Le désert, l’espace, le vent

Il y a un océan d’un côté et le désert, et rien de l’autre côté, et puis du vent.

C’est vraiment joli, le lever de soleil au milieu du désert.

Lever du soleil dans le désert.

Lever du soleil dans le désert.

Photo : Colin Rémillard

Je suis resté deux nuits. Je n’ai rien fait.

Pourquoi c’est un coup de coeur? Pour l’espace, le vide, la résilience et la bonté des gens qui y résident. Il y a une petite maison, puis rien, l’espace, pendant des kilomètres. C’est vraiment isolé.

L’horizon, on y est habitués au Manitoba, mais ça, c’est autre chose.

Tout cet espace, c’est intimidant. Tu ne te sens pas vraiment libre; la seule chose à voir, c'est l'océan à gauche, et le sable à droite.

Une grande étendue de sable.

Le désert : un espace intimidant.

Photo : Colin Rémillard

À la plage, je vois un vieux pêcheur qui vient en vélo tout rouillé. Il a une barque en bois, très très lourde. Tranquillement pas vite, il dépose son vélo, il entre dans la barque, la tire dans l’eau, tout a l’air lourd… On est tellement choyés, ici, au Canada.

Le pêcheur attrape un petit poisson dans un filet. C’est son poisson pour la journée.

C’est une vie tellement différente… du point de vue d’un gars qui baigne dans les privilèges et qui a été élevé dans une entreprise familiale. C’est différent, plus que n’importe quel autre endroit où j'ai voyagé dans ma vie.

Le désert devient une plage de bord de mer.

Punta Gallinas. entre mer et désert.

Photo : Colin Rémillard

La vie n’est pas facile. C’est venteux, bruyant, pas silencieux du tout. Et après deux jours, ça suffit. J’ai fait le même trajet pour le retour.

Carthagène la magnifique

Carthagène est une grande ville très touristique. Le centre est bourré de touristes à l'année longue. Le reste, c'est une métropole bouillonnante de commerces, de bruit et de Colombiens.

Au centre touristique, il y a plein de gars aux coins des rues qui veulent vendre de la drogue aux jeunes hommes blancs. Les gens m’avaient prévenu : ça va être un peu chiant, mais c’est beau.

Et la ville est en effet vraiment très belle, avec de belles maisons colorées.

Vue sur une maison jaune de Carthagène.

Carthagène.

Photo : Colin Rémillard

Carthagène est un ancien fort espagnol. Les bâtiments, l’architecture d’inspiration espagnole, c’est vraiment très beau. C’est une ville pour se promener. Mais il fait aussi très chaud, 34 ou 35 degrés Celsius toute la journée, avec un soleil qui tape.

Les riches, traditionnellement, ne vivaient pas là parce qu’il fait trop chaud. Les gens riches sont à Bogota, où il fait 18 à 23 degrés Celsius tout le temps, et donc, Carthagène, c’est plus paysan de tradition.

Tous les touristes finissent par se retrouver dans la vieille ville, mais si tu t’aventures un peu, c’est une ville normale avec des marchés, des centres commerciaux, des bâtiments.

J’y ai passé quatre jours.

Et il y a aussi de la bonne bouffe.

Il faut dire que la bouffe n’est pas leur point fort, en Colombie. On va trouver beaucoup de riz, du plantain frit, un peu de viande. Mais, à Carthagène, il y a une scène pour l’art culinaire fusion qui fleurit depuis quelques années.


Boire du café colombien en Colombie

Le cas du café est vraiment intéressant. Le café colombien de grande qualité est presque totalement exporté. Les gens de l’endroit boivent du café noir un peu sucré qu’ils servent dans la rue dans de grandes thermos. Ils appellent ça du tinto et c'est vendu en petite tasse de papier pour moins de 50 cents. C’est du café de basse qualité sur lequel les Canadiens lèveraient normalement le nez.

Il y a quelques bars à café, c’est nouveau, mais la tendance est au café plutôt sûr, amer, très légèrement torréfié et avec beaucoup de caféine.

Ça va peut-être changer avec le temps.

Le tinto joue un rôle central dans la vie des Colombiens qui le boivent quotidiennement le matin et durant la journée dans les plazas du quartier. Toutes les villes et tous les villages ont des grandes places publiques centrales où les gens se tiennent, discutent, mangent, relaxent, fument, jouent de la musique, mais avant tout, boivent du tinto...


Le village de Jardin, pour la campagne, les randonnées et relaxer

Jardin est comme un petit village de retraités, fameux pour les compétitions de dressage de chevaux.

Le soir, la place publique est vivante et magnifique. On y voit de vieux hommes avec des chapeaux decowboy et des chevaux qui trottent çà et là. C’est rempli de gens qui boivent leur café et s’assoient toute la journée, ou de gens qui se promènent à cheval.

Des personnes sont assisses le long des maisons dans une rue d'un village.

À Jardin, un village qu'il a trouvé sympathique, Colin Rémillard a passé quelques jours.

Photo : Colin Rémillard

C’est juste un petit village de quelques rues où on trouve de la bouffe traditionnelle, un endroit authentique et très différent de Carthagène.

Il y a une auberge fantastique où j’ai rencontré du très très bon monde. Les gens sont là pour relaxer, on faisait de la bouffe ensemble, on regardait des films, on est restés là quatre ou cinq jours à passer le temps ensemble.

Huit personnes sont autour d'une table où il y a de la nourriture et sourient à la caméra.

Colin Rémillard, au premier plan à gauche, partageant un repas avec le groupe de son auberge.

Photo : Colin Rémillard

Une randonnée à travers des fermes

Un jour, on fait une randonnée dans la campagne pour aller voir une chute.

On commence à marcher, le long de la montagne, on rencontre des chevaux sauvages, des vaches, de la verdure à n'en plus finir. Le tout est simplement magique.

Un cheval broute dans un paysage très vert entouré de montagnes au loin.

Une randonnée vers une chute que Colin Rémillard n'oubliera pas, pour la beauté des paysages et les animaux rencontrés sur le parcours.

Photo : Colin Rémillard

On finit par arriver à une petite maison de fermiers qui cultivent du café, des bananes et des baies et produisent du yaourt. La chute est supposée être quelque part, on nous renseigne, c’est 2000 pesos par personne pour la voir (moins de 1 dollar canadien), et on arrive.

Il y a comme une grotte, il faut passer au travers pour aller à la chute, c’est un petit trou, avec des lianes qui le traversent, et après il y a un ravin, il faut marcher et ne pas tomber, puis la chute est là. C’est beau et il ne fait pas trop chaud, entre 18 et 20 degrés Celsius.

La chute elle-même est ordinaire, mais la randonnée, c’est l’affaire la plus magique au monde!

Ce n’est pas dangereux, il n’y a rien de grave, tu traverses des fermes, les animaux sont libres dans les champs.

Et Jardin, c’est un beau petit village : on lit, on se fait bronzer, on relaxe.

Contrairement à l’Asie, ce n’est pas surpeuplé. Ici, on relaxe vraiment.

Ils n’ont pas encore maîtrisé l’art de l’attrape-touristes, personne n’essaie de te vendre quoi que ce soit.

Le plaisir des voyages en solitaire

J’aime voyager seul parce que, si je veux rencontrer du monde, je peux m’ouvrir et me faire des amis et si je ne suis pas d’humeur sociable, je reste tout seul.

Mon travail est extrêmement social. Je parle à des gens sans cesse pendant six mois! Et à la base, je suis plutôt introverti. Alors, voyager seul, ça me permet de me ressourcer.

Ça me permet aussi d’apprécier ma vie. Je suis très reconnaissant de ma vie au Canada. J’ai une communauté qui m’appuie, des groupes d’amis que j’aime beaucoup, des gens qui me complètent et me mettent au défi, c’est bourré de positif.

Une petire rue de Carthagène au soleil, au-dessus de laquelle des parapluies de toutes les couleurs sont suspendus.

Une des photos de Colin Rémillard prise à Carthagène.

Photo : Colin Rémillard

J’aime qui je suis, je suis bien dans ma peau et je suis chanceux d’avoir la vie que j’ai. Je n’ai pas besoin de voyager pour être content, ce n’est pas ce qui me rend heureux. J’aime mon travail, ma communauté, mes hivers.

Je me rends compte, quand je voyage, que beaucoup de gens semblent avoir échappé quelque chose dans leur vie, ils cherchent.

Et la Colombie semble attirer des voyageurs plus vieux, plus matures, des gens de 28, 30 ans qui voyagent pendant des mois et pour eux, leur voyage est une démarche. Tandis qu’en Asie on dirait que tout le monde a 18 ans et veut faire la fête.

Des photos en partage

Je prends beaucoup de photos en voyage : c’est une expression de soi à travers un art visuel. Je partage quelques photos sur les médias sociaux, mais je me demande tout le temps à quel point c’est positif de partager mes photos.

Est-ce que ça a un effet positif chez les gens, ou négatif? Est-ce que ça ne fait que créer de l’envie? Les gens qui font des blogues de voyage bâtissent leur vie en créant parfois de la jalousie et de l'envie chez ceux qui les suivent.

Ça amène chez moi un débat moral. J’ai des amis proches sur Instagram qui aiment voir ce que je fais de bon, mais aussi des gens qui me connaissent moins, chez qui je risque potentiellement de créer de l'envie.

Une coccinelle turquoise stationnée devant une petite maison colorée avec des jardinières de fleurs suspendues.

Scène de rue à Jardin.

Photo : Colin Rémillard

Ce que j’aime, c’est de publier une photo parce qu’elle est comme une peinture, elle est belle en soi. Ou de la publier avec des commentaires qui cherchent à faire rire les gens. Et ce qui me rend le plus fier, c’est quand on rit à mes blagues.

Je veux créer des réactions et des émotions positives.

Toutes ces questions m’amènent à être très conscient de moi et des gestes que je pose, et j’essaie d’équilibrer tout ça.

Manitoba

Tourisme