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Les mille et un liens de Josée Théberge avec l’Écosse

Une femme pose devant un château médiéval.

Josée Théberge au château de Stirling, un des endroits les plus visités en Écosse.

Photo : Josée Théberge

Radio-Canada

Josée Théberge vit à Winnipeg depuis longtemps. Elle est cependant une « petite fille » de Québec ayant des origines au Saguenay, qui remontent jusqu’en Écosse. Son enfance a baigné dans des histoires familiales tournant autour d’un pays devenu presque mythique, qu’elle a finalement visité avec son second mari, un Écossais pure laine. Mais ce n’est pas là le seul hasard qui marquera ses aventures écossaises.

Dans le cadre de la série web Des Manitobains en voyage, Josée Théberge raconte ses liens avec le pays de ses ancêtres.


Propos recueillis par Sylviane Lanthier

Ma mère vient de Chicoutimi, un endroit où les gens parlent en chantant. Les Écossais aussi parlent en chantant. Comme si les Saguenéens s’étaient adaptés à parler français avec l’intonation écossaise. Parce qu’il faut savoir que c’est un Écossais qui a fondé Chicoutimi.

Et quand je vais à Inverness, en Écosse, je trouve que les gens là-bas sonnent comme des Bleuets (prononcé Be-le-wais, ce terme qualifie les Saguenéens parce que, comme on le dit là-bas, les bleuets sont tellement gros au Saguenay qu’il en faut seulement un pour faire une tarte!).

De l’Écosse au Saguenay

Chicoutimi a donc été fondée par Peter MacLeod junior.

Son père, l’ancêtre, est arrivé de l’Écosse. Il a eu trois femmes au cours de sa vie, et la troisième, qui était une Autochtone, est la mère de Peter junior. Son nom est Marie-Madeleine la Montagnaise.

Senior était dans la marine britannique. Il s’est allié à la famille Price et été membre de la Société des 21 qui détenait des droits pour exploiter la forêt dans le Saguenay.

Quand les frères Price ont commencé à établir leur empire, ils se sont rendus compte que Peter junior pouvait circuler librement dans la région, en raison de son ascendance autochtone. Ils sont devenus des alliés. Junior a ouvert la première scierie sur la rivière du Moulin et a fondé ce qui est devenu la ville de Chicoutimi.

Une femme montre un écusson.

Les origines de Josée Théberge remontent jusqu'au premier MacLeod ayant vécu au Canada. On la voit ici avec l'écusson des MacLeod.

Photo : Radio-Canada / Sylviane Lanthier

Et lui, ce Peter MacLeod, c’est mon ancêtre direct : un métissage qui explique pourquoi j’ai les cheveux roux et les yeux bruns! (Hey, c’est mon histoire et j’y crois!)

Des histoires familiales

Ma mère nous racontait ces histoires à la table familiale.

On finissait le souper et pour retarder le temps de faire la vaisselle, on lui disait : raconte-nous donc, maman, les histoires de ton ancêtre.

Elle nous racontait les clans qui existaient pour protéger les avoirs et la terre, qui permettaient d’accueillir les familles en difficulté. Avec le temps, j’ai appris que les clans avaient des branches appelées en anglais des Septs.

Vue d'un château.

À Tarbert, en Écosse.

Photo : Josée Théberge

Une histoire de clan

Quand j’étais encore célibataire, une amie m’a proposé de rencontrer un de ses collègues de travail. J’ai dit : merci mais non merci, et puis j’ai fini par dire : oui, s’il veut venir à l’aréna (mon fils jouait au hockey), qu’il vienne et s’il aime ce qu’il voit, ce sera à lui de jouer.

Un jour, j’ai entendu quelqu’un parler derrière moi et à son accent, on aurait dit Sean Connery!

À la fin de la partie, on s’est présentés, il s’appelait Ian Macaskill, et on a jasé. On a jasé comme ça quasiment un mois!

J’ai appelé ma mère pour lui dire que j’avais rencontré cet Écossais, et elle m’a appris que les Macaskill, c’est une des branches de notre clan! On fait tous les deux partie du clan MacLeod!

Un homme et une femme regardent le photographe et sourient dans un paysage écossais.

Josée Théberge et Ian Macaskill près de Saint Andrews en Écosse.

Photo : Josée Théberge

Un mari écossais

Il y a une tradition gaélique voulant que le 29 février, dans les années bisextiles, soit le seul jour où une femme peut demander l’homme en mariage.

Alors ce 29 février-là, je lui donne un petit sac, je ne dis rien. Il regarde dans le sac, il voit le jonc et me dit : je le sais ce que tu fais, ce que tu veux, laisse-moi y penser. Deux jours plus tard, il m’appelle au bureau et me dit : Allo darling, how is my fiancée?

Série Des Manitobains en voyage

Pour lire les 6 textes de la série avec Louis St-Cyr, Laurence Ammann-Lanthier, Colin Rémillard, Mireille Fréchette et Rénald Rémillard, c'est ici.

Une touriste à la recherche de ses ancêtres

La première fois que je suis allée en Écosse, c’était avec Ian. Sa mère venait de mourir. J’ai rencontré mon beau-frère, ma belle-sœur et leurs enfants. Un des fils dit à sa mère : “Josée a l’air d’une Écossaise, j’ai compris qu’elle était French Canadian seulement quand je l’ai entendue parler”.

Maintenant, aller en Écosse pour moi c’est : je m’en vais chez nous.

L'écusson des MacLeod avec les couleurs du tartan, est posé sur une carte de l'Écosse, près de l'île de Lewis.

Le clan MacLeod : son écusson avec les couleurs du tartan, est posé sur une carte de l'Écosse, près de l'île de Lewis.

Photo : Josée Théberge

Pour mon deuxième voyage, je suis allée à Inverness, parce que je suis une fan de la série Outlander qui a été tournée là-bas. Mais j’avais aussi besoin d’aller voir un site patrimonial, un burial ground. Lors de la Bataille de Culloden – la dernière bataille avec les Anglais – les Écossais ont perdu leurs droits, leurs tartans, leurs clans. Le clan MacLeod était là.

Josée Théberge est à Culloden en Écosse et pose à côté d'une pierre sur laquelle sont gravés des noms de clans écossais.

Josée Théberge à Culloden en Écosse.

Photo : Josée Théberge

Des personnes font la file pour parler à un préposé. On voit à leur côté un grande affiche montrant une photo du site et sur laquelle on peut lire en anglais, la phrase : Quelle est l'histoire de votre famille? Découvrez l'histoire de noms européens à Culloden.

De nombreux Écossais visitent le site de la bataille de Culloden pour y trouver, entre autres, les traces de leurs ancêtres qui y auraient combattu.

Photo : Radio-Canada / Sylviane Lanthier

Au troisième voyage, on est allés à Ayrshire, un endroit qui a un rapport avec Peter MacLeod Senior.

On cherchait des informations sur Sunnyside, le village où il serait peut-être né. À la bibliothèque de Ayrshire, le bibliothécaire voulait vraiment nous aider. Il y a des gens qui adorent faire ça, t’aider, parce qu’ils sont aussi fascinés que toi par ton histoire.

Une ville médiévale traversée par une rivière et un pont.

Ayrshire en Écosse.

Photo : Josée Théberge

Mais Sunnyside n’existe plus.

Alors on s’est rendus au cimetière, et on a trouvé des MacLeod dans le registre. Et ça, c’est culturel, il y a des gens qui ne font que ça lors de leurs voyages. Ils vont consulter les registres des cimetières où l’information est conservée.

Il arrive un temps dans la vie où il faut que tu te souviennes d’où tu viens.

La recherche des racines de Ian, c’est son frère Allan qui la fait. On pense qu’en remontant dans la généalogie, on va trouver qu’on partage la même ancêtre : une MacLeod qui s’appelait Christina. C’est pour ça que ma mère s’appelait Christiane, que ma sœur s’appelle Christine – pour préserver le prénom.

L’Écosse pour tous : 4 coups de coeur

Tu ne peux pas aller en Écosse sans aller à Stirling, ancienne capitale de l’Écosse.

Marcher vers le château, c’est un moment fort! De voir les dates dans les 1400, 1500... Je suis habituée à l’histoire du 18e siècle, mais jamais du 14e siècle. Ça me jette à terre!

Un château médiéval avec son jardin de roses en avant-plan.

Le château de Stirling trône au sommet du village du même nom, dans le sud de l'Écosse.

Photo : Radio-Canada / Sylviane Lanthier

Ça se passe tellement loin dans le temps. William Wallace et Robert Bruce, qu’on voit dans le film Braveheart, ce sont des gens qui ont existé. Ils se sont battus, les clans, il y a eu de vraies batailles à cet endroit.

À Edimbourg, si on le peut, il faut voir le Royal Edinburg Military Tattoo Festival : Tu vis une expérience à travers le temps, des pictes à aujourd’hui. Puis arrive la parade militaire, les cornemuses, les jeux d’adresse, les compétitions – c’est assez phénoménal comme spectacle, c’est de la précision, des feux d’artifice, de la musique, la reconnaissance de leur peuple dans l’enceinte du château, c’est magique.

La ville de Falkirk : on y va pour l’art moderne, les kelpies (des statues géantes de têtes de chevaux), l’ingénierie de l’écluse. C’est le coup de cœur de mon dernier voyage.

Une femme montre derrière elle des statues géantes représentant des têtes de chevaux.

Les Kelpies, à Falkirk.

Photo : Josée Théberge

À Glasgow, il faut voir le People's Palace et la fontaine de toutes les nations du Commonwealth.

Quand tu entres là, c’est l’histoire de Glasgow qui est présentée. Il y a aussi une galerie d’art avec des oeuvres de Gauguin, Degas, Matisse… et c’est gratuit.

New Lanark, qui est aujourd’hui un Site du patrimoine mondial de l’Unesco, est un village développé en 1785 par David Dale. Il y a ouvert une usine de coton et des résidences pour ouvrier, c’est situé sur le bord de la rivière Clyde.

D'anciens bâtiments vus de loin.

New Lanark, qui est aujourd’hui un Site du patrimoine mondial de l’Unesco, est un ancien village fondé par David Dale.

Photo : Josée Théberge

C’est un coup de cœur à cause de la vision de cet homme, qui voulait prendre soin des gens d’abord et avant tout, offrir de meilleures conditions de travail et de vie aux ouvriers. Tout le monde avait sa maison. Ce village est encore là. Une partie des bâtiments a été vendue et c’est devenu un hôtel. Les trusts de la famille perdurent à travers le temps, il y a un circuit pour faire le tour.

Et quelques recommandations pour finir

La photo montre le coin de rue où est situé le pub, avec son affiche qui montre un singe jouant du tambour.

Le site du pub Drum & Monkey à Glasgow.

Photo : Radio-Canada / Sylviane Lanthier

Pour manger dans un un pub authentique à Glasgow : le pub Drum and Monkey à l’angle de Renfield St. et St.Vincent St. Tu manges très bien dans ce pub qui est une ancienne banque, riche en boiserie et en patrimoine; l’escalier qui mène aux toilettes est à lui seul un musée! C’est vraiment cool.

Un « wee dram of whisky »

Qui dit Écosse dit whisky. Mon préféré c’est un Macallan de 12 ans (il y a aussi le 18 ans quand t’as de l’argent!) Boire du whisky, c’est une éducation que j’ai dû faire. Quand tu commences, le mieux est de commander un wee dram : c’est juste un peu de whisky!

La distillerie Glengoyne est à une heure de Glasgow. On y a vu tout le processus, avec la visite guidée qui se termine avec le wee dram of whisky.

On arrive dans un endroit où ça sent vraiment le malt; on goûte la tourbe, l’eau, mais la recette exacte est un secret.

Par exemple, le Macallan est préservé dans des tonneaux qui viennent de France ou d’Espagne et ce sont ces tonneaux qui donnent son goût particulier au Macallan.

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