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En visite au Japon, Rénald Rémillard voit ses ados sous un jour différent

Dôme de la bombe A, vestige du bombardement atomique du 6 août 1945. Hiroshima, mai 2018

Dôme de la bombe A, vestige du bombardement atomique du 6 août 1945 à Hiroshima.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Radio-Canada

« Nos enfants ont été habitués à voyager à différents endroits. Ils ont adoré le Japon; c’est leur meilleur voyage, ils veulent tous y retourner », raconte Rénald Rémillard en parlant de son fils Danäé, 22 ans, et de ses filles, Imani et Zuri, qui ont 20 et 17 ans.

Dans le cadre de cette série qui présentent des Manitobains en voyage, Rénald Rémillard raconte comment un voyage au Japon en famille a été pour sa femme, Charlene Smelsky, et lui une occasion de voir leurs trois enfants presque adultes d'un oeil différent. Il nous parle aussi des particularités culturelles qui l’ont le plus intrigué.


Propos recueillis par Sylviane Lanthier

C’est très facile de voyager au Japon, tout est bien indiqué, et la question linguistique se pose beaucoup moins que je pensais. Dans la plupart des endroits, les gens seront capables de parler anglais et, sinon, on se débrouille.

C’est aussi facile de s'y retrouver, de circuler avec les moyens de transport, c’est vraiment une société très moderne.

Des passants marchent dans la gare de Tokyo au Japon.

La gare de Tokyo est l'une des plus achalandées du pays.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Il y a aussi des différences qui sont étonnantes, par exemple les dépanneurs 7 Eleven.

Les 7 Eleven ont été fondés par des Américains mais appartiennent à des Japonais depuis les années 90. Au Canada, on ne prendrait pas son petit déjeuner dans un 7 Eleven, mais au Japon, tout le monde y va pour chercher quelque chose à manger. Il y a de bons plats et toutes sortes de choses à manger. C’est hallucinant, comme Manitobain, tu ne penserais jamais que tu ferais ça!

Des jeunes ouverts à la culture japonaise

Mon aîné, Danäé, est bon avec la technologie, il pouvait nous « naviguer » n’importe où. Bizarrement, ça simplifiait ma vie – il prenait les devants.

Une photo prise dans une rue du quartier Akihabara, à Tokyo, au Japon. On y voit des dizaines de personnes en train de marcher, dont plusieurs regardent leur téléphone. En arrière-plan et sur les côtés, on voit d'énormes panneaux colorés annonçant la présence de magasins.

La ville de Tokyo, au Japon.

Photo : Getty Images

On se rend compte que le rapport de forces entre les adultes et les enfants varie selon les questions : si c’est financier, c’est nous qui décidons, si c’est technologique c’est lui qui mène!

Série Des Manitobains en voyage :

Pour lire les 6 textes de la série avec Louis St-Cyr, Josée Théberge, Colin Rémillard, Mireille Fréchette et Laurence-Ammann-Lanthier, c'est ici.

Les enfants connaissaient davantage d’éléments du Japon que moi en raison du côté technologique, de l’imagerie japonaise liée aux Pokémon, aux bandes dessinées. Ils sont plus familiers avec ça, ça les intéresse. On voit qu’il y a une influence intéressante du Japon présente dans leur culture.

Trois ados posent pour la photo en souriant. Derrière eux, on voit des bambous et des touristes. La photo est en noir et blanc.

Danäé, Imani et Zuri Smelsky Rémillard lors de leur voyage au Japon en 2016.

Photo : Rénald Rémillard

Ça nous a amenés à constater des différences générationnelles. C’est une culture qui les touche et qui leur est plus familière, à travers les jeux vidéo, les films, les BD, les dessins animés.

Une photo montrant les boîtes des jeux Pokémon rouge et Pokémon vert en version japonaise.

Pokémon, un univers emblématique de la culture japonaise.

Photo : Video Game Hall of Fame

Charlene et moi, on n’avait pas vécu ça, jeunes. Pour nous, les influences étaient davantage américaines. On se rend compte que la culture de nos enfants est un peu plus large.

Voyager avec des végétariens dans un pays qui ne vit pas le végétarisme

Dans ma famille, trois personnes sur cinq sont végétariennes. Et ce sont de « vrais » végétariens, qui ne mangent pas de poisson, d’oeufs ou de poulet.

Au Japon, il y a beaucoup de produits de poisson utilisés dans les soupes et les mets. Pour des végétariens, c’est une contrainte assez importante, surtout hors des grands centres.

Un plat de viande.

Nourriture japonaise.

Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Les applis pour les végétariens facilitent le voyage. Mais, assez souvent, il fallait marcher ou prendre un métro pour trouver le resto végé. Ça nous a forcés à explorer des endroits où on ne serait pas nécessairement allés – mais cela a aussi été une contrainte assez importante.

Les gens là-bas ne comprennent pas qu’on soit végétarien. Alors, si c’est le cas ou si on a des restrictions alimentaires, il faut le prévoir.

Trois coups de coeur

C’est toujours plus difficile de voyager en groupe, mais, dans notre cas, nos intérêts sont convergents. On aime aller voir les choses historiques, les musées.

J’ai eu trois coups de coeur au Japon.

Le mont Koya est un endroit spirituel. On est allés voir des temples bouddhistes, on a couché dans un genre de maison traditionnelle. On s’est levés à 5 heures du matin pour une cérémonie bouddhiste – j’ai adoré ça. Tu es dans la grande nature, c’est complètement différent. Il y avait un côté nature et spiritualité.

Quatre personnes sont assises par terre. Devant elles, un petit plateau surélevé sur lequel se trouvent des éléments de la cérémonie du thé.

La famille participe à une cérémonie du thé.

Photo : Rénald Rémillard

La nature est préservée, les gens sont tranquilles. Tu n’es pas pressé, tu peux prendre ton temps, tu savoures chaque moment – souvent, c’est ça, les moments les plus beaux. Tu es dans le moment présent, tu n’as rien à faire, rien d’autre pour te distraire.

Une femme vue de dos regarde un petit temple bouddhiste entourée de verdure devant elle.

Les Smelsky Rémillard ont passé deux jours au mont Koya.

Photo : Rénald Rémillard

On a passé deux jours là-bas.

Les parties les plus intéressantes en voyage, c’est quand tu es dépaysé, mais pas inconfortable.

Takayama, dans les Alpes japonaises, est comme un village alpin assez paisible malgré les touristes. Les bâtiments sont construits différemment parce que c’est un climat plus froid, dans les montagnes. C’est incroyable, c’est vraiment joli.

De vieilles maisons dans une montagne entourées de verdures, avec un plan d'eau au premier plan.

Takayama, un des coups de coeur de Rénald Rémillard lors de son voyage au Japon avec sa famille.

Photo : Rénald Rémillard

Le village est préservé, ça n’a pas été démoli durant la Deuxième Guerre mondiale. Donc, ça ressemble davantage à un village historique, mais encore vivant et tranquille.

Ce n’est pas un parc touristique, les gens vivent là, et il y a de beaux jardins.

C’est un endroit qui permet de voir une différence, même à l’intérieur du Japon, entre les modes des vie traditionnels et les milieux urbains modernes. Les constructions ne sont pas pareilles dans les lieux plus froids, c’est quelque chose d’unique à mes yeux, je ne connaissais pas du tout.

Hiroshima et Nagasaki sont des incontournables. Hiroshima, c’est plus que la question de la bombe atomique. C’est une très belle ville, il y a une tradition culinaire intéressante.

La ville est prospère, avec beaucoup de commerces. Elle a été reconstruite et bien pensée, mais ils ont aussi préservé des endroits qui rappellent la bombe atomique.

Photo montrant l'édifice.

Le Dôme de la bombe atomique, à Hiroshima, a résisté à l’explosion de la bombe, le 6 août 1945.

Photo : Rénald Rémillard

Et c’est quand même intense, tu vois des endroits qui ont survécu à la bombe et tu te dis : mon dieu! Il y a des milliers de personnes qui sont mortes ici, et tu marches essentiellement sur les cendres de personnes qui ont été tuées instantanément.

Des différences culturelles évidentes

Je retiens du Japon son côté moderne, historique, spirituel et traditionnel.

Deux jeunes femmes japonaises marchent en kimono.

Deux jeunes femmes japonaises en kimono marchent dans la rue.

Photo : iStock / Electra-K-Vasileiadou

Les Japonais sont réservés, mais si on a besoin d’aide, ils vont nous aider. On doit aller vers eux et ils sont ouverts une fois qu’on les approche.

On se sent toujours en sécurité au Japon. Les vélos des gens ne sont pas verrouillés. Il y a des machines distributrices partout, et pas de graffitis dessus.

On ne sent jamais qu’on est dans un quartier où on ne devrait pas aller. On n’en a pas vu, en tout cas.

Tokyo. Octobre 2018

Tokyo.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Il y a un respect pour l’autorité qui est très différent de notre culture. On a vu des jeunes qui avaient un air plus rebelle, et des personnes âgées aller leur dire : « Non, tu ne peux pas faire telle et telle chose! , et les jeunes les écoutaient. Des ados étaient appuyés contre une clôture, ils ont écouté les aînés qui sont allés leur parler. Il y a un respect pour l’autorité qui est très différent de notre culture.

Il y a d’autres façons de s’organiser, d’autres valeurs. C’est intrigant de voir comment les règles, le comportement collectif ne sont pas les mêmes, comment une société fonctionne très différemment. On voit qu’il y a d’autres modèles, même si ce n’est pas blanc et noir, meilleur ou pire.

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