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Exposition On Scams : matérialiser les fraudes internet

Les cinéastes et artistes libanais Joana Hadjithomas et Khalil Joreige devant une de leurs oeuvres d'art au Centre Harboufront

Les cinéastes et artistes libanais Joana Hadjithomas et Khalil Joreige

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les cinéastes et artistes libanais Joana Hadjithomas et Khalil Joreige présentent leur projet On scams au sein de l'exposition The Power Plant à la galerie d'art contemporain du Centre Harbourfront.

Notre projet concerne les scams, les arnaques internet, explique Joana Hadjithomas.

Depuis 1999, les deux artistes ont commencé à collecter quelque 4 000 arnaques qui leur arrivaient sur internet.

Il s'agissait toutefois d'un genre spécifique d'arnaques : celles où des personnes usurpaient l'identité à d'autres personnes et abordaient des conflits, des désastres écologiques ou des catastrophes économiques pour tenter de soutirer de l'argent.

Avec une question en filigrane : comment arrive-t-on à croire à une image, à une histoire?, précise Khalil Joreige

Ils racontent qu'ils étaient intrigués par les appels émotionnels de ces messages et par la manière dont ces fictions étaient ancrées dans la réalité politique : les messages contiennent souvent des références à des personnes, des lieux et des conflits réels pour légitimer leurs revendications.

Extrait d'un courriel frauduleux reçu par les artistes, quelqu'un sollicite 300 000.00 $US

Extrait d'un courriel frauduleux reçu par les artistes

Photo : Radio-Canada

Donner une matérialité au virtuel

À partir de ces fictions digitales, les deux artistes ont tenté de leur donner une forme physique.

À travers des documentaires, des films de fiction et des installations, ils questionnent ce lien de confiance à l'ère d'internet et les modalités de croyance.

La pièce consacrée à l'installation immersive aux multiples écrans, The Rumor of the World, donne un visage et une voix à ces courriels frauduleux. Dans la cacophonie continue, le spectateur peut être attiré par un regard, un visage, et choisir d'accorder de l'attention au message apporté.

Ce sont des acteurs amateurs de Beyrouth qui jouent ces scameurs. On voulait voir à quel moment on arrivait à y croire et à quel moment il y avait une suspension de la croyance et on cessait d'y croire?

Joana Hadjithomas, artiste

Un travail de chercheurs

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige se définissent avant tout comme des chercheurs, davantage que comme des artistes.

Ils travaillent à partir de documents personnels, d'archives, utilisent les images et la vidéo. Mais, surtout, ils se basent sur des faits réels et l'histoire, procèdent à une minutieuse collecte de documents, qu'ils mêlent à de la fiction.

L'objectif est de faire vivre une expérience au spectateur, qu'il y ait un échange après cette immersion, souligne Joana Hadjithomas.

The Power Plant expose deux autres artistes jusqu'au 2 septembre, Thomas J Price et Mario Pfeifer.

Toronto

Arts visuels