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L'Iran fait état d'un précédent incident avec un drone américain

L'Iran a présenté vendredi des débris qu'ils ont identifiés comme les restes d'un drone américain qui avait violé son espace aérien.

Photo : AFP/Getty Images / MEGHDAD MADADI

Radio-Canada

Le climat demeurait tendu entre l'Iran et les États-Unis dimanche, tandis que la République islamique faisait état d'un précédent incident impliquant « l'intrusion » sur son territoire d'un drone américain fin mai, en plus de mettre en garde contre le caractère incontrôlable d'un éventuel conflit dans la zone arabo-persique.

Dans un message sur Twitter, le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, affirme que le drone en question était un MQ9, modèle du drone américain Predator B, et que l'incident s'est produit le 26 mai.

Ces propos font suite à la destruction, jeudi dernier, d'un drone américain par la République islamique, qui a affirmé que l'appareil avait violé son espace aérien, près du détroit d'Ormuz. Des accusations que Washington a toutefois rejetées. Les risques de confrontation directe entre les deux pays sont depuis exacerbés.

« Le gouvernement américain doit agir de manière responsable en évitant tout dérapage dans la région », a affirmé dimanche un général iranien cité par l'agence de presse Fars.

Si un conflit éclate dans la région, aucun pays ne sera capable d'en gérer l'étendue ni la durée.

Gholam Ali Rashid, commandant du quartier général des forces armées iraniennes

De son côté, l'état-major américain affirme que le drone n'a « violé l'espace aérien iranien à aucun moment durant sa mission », ce qui a amené le président Donald Trump à envisager des frappes de représailles. Il s'est cependant ravisé à la dernière minute, en raison des possibles pertes humaines qu'elles auraient pu entraîner.

À ce sujet, John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président américain, a averti l'Iran dimanche de ne pas confondre « prudence » et « faiblesse ».

John Bolton parle en conférence de presse.

John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump

Photo : Reuters / POOL New

« Nos forces armées sont prêtes à agir », a-t-il lancé, avant une rencontre à Jérusalem avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Après cette déclaration de M. Bolton, l'émissaire américain pour l'Iran, Brian Hook, a cependant assuré en conférence de presse que les États-Unis « n'ont aucun intérêt à une confrontation militaire avec l'Iran » et a exhorté « tous les pays à convaincre l'Iran de désamorcer la tension » dans le Golfe persique.

« Nous avons renforcé notre dispositif dans la région pour des raisons purement défensives », a-t-il déclaré.

De son côté, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo doit se rendre dimanche en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour discuter de la crise avec l'Iran.

« Nous allons parler de la manière de nous assurer que nous sommes tous sur la même ligne ainsi que de la manière de mettre en place une coalition mondiale » sur l'Iran, a-t-il déclaré à des journalistes peu de temps avant de quitter Washington.

Provoquer Téhéran

L’escalade des tensions entre l'Iran et l'administration de Donald Trump a commencé il y a un an, lorsque le président américain a retiré les États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015. Il a alors rétabli les sanctions économiques et diplomatiques contre Téhéran.

Selon le New York Times, M. Trump subirait des pressions de la part de John Bolton et de son secrétaire d'État, Mike Pompeo, afin de provoquer Téhéran.

Le quotidien affirme qu'en faisant volte-face sur la question des représailles à la destruction du drone, le président a en fait rejeté les recommandations qui lui avaient été faites par ses deux conseillers.

Il prétend également que ce sont MM. Bolton et Pompeo qui ont poussé Donald Trump à désigner en avril les Gardiens de la révolution islamique, une composante de l'armée iranienne, comme une organisation terroriste, même si le Pentagone et la CIA s'y étaient opposés, disant que cela pourrait provoquer des attaques.

Sanctions économiques et cyberattaques

Si le conflit entre les deux pays n’a pas été engagé sur le terrain militaire, il l’est toutefois sur le plan économique, Donald Trump ayant annoncé samedi qu’il s'apprêtait à imposer de nouvelles sanctions « majeures » à l'Iran dès lundi.

Les hostilités auraient aussi été déclenchées, selon des médias américains, dans le domaine informatique.

Selon le Washington Post et Yahoo! News, Donald Trump aurait en effet secrètement autorisé des représailles sous forme de cyberattaques contre les systèmes de défense iraniens, le système de lancement de missiles et le réseau d'espionnage chargé de surveiller les passages de navires dans le détroit d'Ormuz.

Le Washington Post écrit que ces cyberattaques, planifiées depuis plusieurs semaines, avaient été initialement proposées par les militaires américains en guise de riposte aux attaques par des forces inconnues, mi-juin, contre deux pétroliers, norvégien et japonais, dans le détroit d'Ormuz. Washington accuse l'Iran de ces attaques, alors que Téhéran nie toute implication.

« Mort à l’Amérique »

Par ailleurs, dimanche, les députés iraniens ont scandé le slogan « Mort à l’Amérique » en pleine séance parlementaire, pour saluer un discours du vice-président du Parlement dénonçant les États-Unis comme le « véritable terroriste mondial ».

Ce slogan avait été popularisé par l'ayatollah Rouhollah Khomeini lors de la Révolution islamique de 1979, un soulèvement faisant suite au renversement du shah, monarque soutenu par Washington.

« L'Amérique est le véritable terroriste du monde qui sème le chaos dans les pays, confie des armes sophistiquées à des groupes terroristes, provoque l'insécurité et continue à dire : "Venez négocier " », a déclaré Masoud Pezeshkian, dont le discours a été suivi de l’approbation des députés.

Ces derniers ont ainsi fait mentir Donald Trump, qui s'était vanté il y a quelques semaines dans une entrevue sur Fox News d'avoir dissuadé les Iraniens de reprendre cette formule. « Ils [les Iraniens] ne crient plus "Mort à l'Amérique" ces  derniers temps », avait affirmé le président.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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