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Un Québécois part à la rencontre des francophones du Canada en fourgonnette

Un homme sous une toile de tente près d'une fourgonnette.

«Je suis devenu conscient qu’il y a avait une réalité francophone hors Québec que je ne connaissais pas et que je pense que beaucoup de Québécois connaissent mal», confie Guy Pilote.

Photo : Fournie par Guy Pilote

Lise Ouangari

Un Québécois a entamé un périple hors du commun : traverser le Canada en fourgonnette pour partir à la rencontre des minorités francophones et découvrir leurs réalités.

C’est la première fois que Guy Pilote entreprend un grand voyage hors du Québec.

À 64 ans, ce retraité de Shawinigan, en Mauricie, a retapé sa fourgonnette pour l’occasion, car il n’est pas question de cocktails au bord des piscines d’un hôtel, mais bien de rencontres.

C’est après la polémique engendrée par les propos de l'écrivaine Denise Bombardier qui avait déclaré l'automne dernier que toutes les communautés francophones avaient à peu près disparu hors Québec, et à la suite de la levée de boucliers qui ont suivi les coupes du gouvernement Ford dans les services en français, que le Québécois a commencé à s'intéresser à la question.

Une prise de conscience

Le Québécois admet qu’il connaissait peu les réalités des francophones qui vivent en situation minoritaire et que l’ampleur des réactions l’a touché.

Ça a piqué ma curiosité et je me suis intéressé à la question et j’ai eu le désir d’aller voir par moi-même.

Guy Pilote

Je suis devenu conscient qu’il y avait des réalités francophones hors Québec que je ne connaissais pas et que je pense que beaucoup de Québécois connaissent mal, admet-il.

Un homme devant une maison avec une pancarte le goût de vivre.

Veuf, Guy Pilote part seul pour découvrir qui sont les francophones du Canada. Ses enfants, dans la trentaine, l'ont aidé à préparer le voyage. «Ils sont fiers de leur papa», a-t-il confié.

Photo : Photo fournie par Guy Pilote/Rouler Franco

Exister dans sa langue

C’est vraiment par amour de la langue française que je fais tout ça, a confié M. Pilote. On considère trop souvent la langue comme un simple moyen de communication et on oublie que c'est porteur d'une culture. Si la langue perd du terrain, la culture en perd aussi.

Sous une langue, il y a toute une manière de vivre, de penser, d'être. Alors ça m'a touché pour ça, je trouvais ça blessant d'une certaine manière d'être traité comme ça pour les Franco-Ontariens notamment.

Guy Pilote

Sensibiliser ses amis québécois

Au cours de son aventure, Guy Pilote, documente dans un blogue intitulé « Rouler Franco » ses rencontres et ses réflexions en espérant sensibiliser notamment ses amis au Québec.

En faisant ma tournée, j'essaie de regarder ce que les francophones font pour maintenir leur langue vivante dans leur coin de pays, et je veux mettre en valeur les actions qui sont posées pour maintenir la langue. C'est dans une volonté d'être solidaire avec les gens qui travaillent fort pour maintenir la langue vivante dans leur coin de pays, a-t-il indiqué.

Je me rends compte que je commence à intéresser des personnes à cet enjeu-là de la francophonie, alors juste ça, pour moi, c'est un succès.

Guy Pilote
L'arrière d'une fourgonnette retapée en caravane motorisée.

Guy Pilote est aussi parti pour le goût de l'aventure. «Vivre dans une fourgonnette de façon très minimaliste, dans des conditions de simplicité volontaire, c’est un défi de lâcher-prise», dit-il.

Photo : Fournie par Guy Pilote/Rouler Franco

Présentement en Ontario, Guy Pilote a rencontré plusieurs membres de la communauté franco-ontarienne, en commençant par la députée Amanda Simard qui a claqué la porte du caucus progressiste-conservateur après avoir dénoncé les coupes de Doug Ford en francophonie.

Pour moi, c’était important de commencer mon voyage avec elle, parce qu’elle représente un symbole d’intégrité et de courage, quelqu’un qui agit par conviction pour une cause juste, je ne souhaitais que la saluer. Ça a été une belle rencontre quand j’ai passé quelques jours dans son comté de [Glengarry-Prescott-Russell].

Guy Pilote a aussi rencontré des membres de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Ça m'a touché!

Dans la baie Georgienne, à Penetanguishene, le Québécois a rencontré Marc Lalonde, directeur musical et animateur de la station de radio communautaire francophone CFRH 88,1-106,7.

J’ai découvert un homme passionné de la francophonie, a rapporté Marc Lalonde, qui n’est pas resté insensible à l’intérêt du Québécois pour les Franco-Ontariens.

Ça m’a touché, ça vient nous chercher, ça nous donne de la fierté, parce qu’on reconnaît que, oui, il y a des francophones en dehors du Québec, et on est aussi important qu’eux.

Marc Lalonde, animateur de la station de radio communautaire CFRH 88,1-106,7

Marc Lalonde croit observer un renouveau.

Le fait que les Franco-Ontariens ouvrent le défilé [de la Saint-Jean à Montréal], que des Québécois s’intéressent [aux francophones hors Québec], peut être qu’il y a un renouveau, une repossession d’une fierté franco-canadienne qui se développe de plus en plus comme ça avec des échanges entre les francophones [des différentes provinces], a-t-il déclaré.

Guy Pilote reprend la route en direction du nord de la province puis parcourra le pays jusqu’à, il espère, Whitehorse, au Yukon, où il a déjà reçu des invitations.

Toronto

Francophonie