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Un octogénaire devant un tribunal pour avoir détruit un nid de goélands

On voit en gros plan un goéland dans son nid, qui couve ses oeufs.

Angelo Mion dit qu'il n'a pas touché au nid avant que les oisillons soient partis.

Photo : Radio-Canada

Marylène Têtu

Un Britanno-Colombien de 82 ans a dû faire face à la justice après avoir admis qu’il avait détruit un nid de goélands sur un édifice à logements qu’il a construit dans les années 1980.

Angelo Mion a admis avoir détruit le nid, mais dit qu’il ignorait que les nids des goélands étaient protégés par la loi sur les oiseaux migrateurs.

Pour consulter la loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

« J’ignorais que les goélands faisaient l’objet d’une telle protection, et je pense que la plupart du monde l’ignore aussi », a déclaré l’avocat de l’accusé, Ken Westlake.

Dénoncé par des voisins

Été 2016, un couple de voisins d’une tour d’habitation en hauteur affirment avoir vu l’octogénaire chasser deux oisillons du toit de l’édifice à logements, dans l’Est de Vancouver, duquel Angelo Mion est responsable de l’entretien.

Les parents des oisillons volaient autour du nid en émettant des bruits stridents. Un voisin lui a crié d’arrêter.

Le soir même, l’autre voisin a vu Angelo Mion balayer le nid dans un seau.

Le couple a joint les agents de la faune qui se sont rendus au domicile de M. Mion, mais celui-ci ne leur a jamais ouvert la porte.

Été 2017, même endroit, cette fois-ci le nid compte trois oisillons.

Soudainement, un soir, le même couple de voisins remarquent que le nid a disparu et qu’il y a des marques de pelle.

Sur un nid de paille, un jeune goéland argenté sort lentement de sa coquille craquée de toutes parts.

Un jeune goéland argenté sort lentement de sa coquille.

Photo : Courtoisie d'Alexis Boulianne

Un inspecteur de la faune joint M. Mion afin d’avoir accès au toit, mais l’octogénaire lui répond qu’il n’a pas besoin de venir faire d’inspection puisqu’il a déjà détruit le nid.

L’accusé a aussi dit à l’agent de la faune que lui seul pouvait avoir accès au toit.

Angelo Mion était passible d’une amende allant de 5000 à 300 000 dollars pour avoir détruit un nid de goélands. L’avocat de la couronne, James Billingsley, demandait qu’une amende de 8000 dollars soit versée.

La population de goélands dans le détroit de Georgia, en Colombie-Britannique aurait diminué de 50% au cours des trois dernières décennies selon une étude de l’Université de la Colombie-Britannique (Nouvelle fenêtre), publiée en 2015. Le principal facteur pour expliquer cette baisse serait leur diète.  

La défense plaidait que M.Mion soit disculpé puisqu’il n’avait jamais été devant un tribunal de sa vie.

Le juge Patrick Doherty a précisé que ne pas connaître la loi n’est pas un argument valable, mais dans certains cas il peut s’agir d’un facteur atténuant.

Il a ajouté qu’il était inconcevable, selon lui, que M.Mion pose de nouveau un tel geste et a décidé de lui accorder une absolution inconditionnelle.

D'après les informations de Jason Proctor.

Colombie-Britannique et Yukon

Nature et animaux