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Une action militaire en Iran est toujours possible, dit Trump

Le président américain Donald Trump s'adressait aux médias avant son départ pour Camp David.

Le président américain Donald Trump s'adressait aux médias avant son départ pour Camp David.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Radio-Canada

Le président américain Donald Trump a annoncé samedi de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran afin d'empêcher Téhéran de développer l'arme nucléaire, ajoutant qu'une action militaire contre la République islamique reste une possibilité.

« Dans certains cas, nous procédons lentement, mais dans d'autres cas, nous avançons rapidement », a indiqué le président américain avant son départ vers Camp David.

Il a fait ce commentaire aux journalistes de la Maison-Blanche alors qu'il revenait sur son annulation, à la dernière minute, de frappes de représailles contre l'Iran à la suite de la destruction d'un drone de l'armée américaine la semaine dernière.

Nous n'allons pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire, et quand ils auront accepté cela, ils auront un pays riche, ils seront tellement heureux, et je serai leur meilleur ami. J'espère que ça va arriver.

Donald Trump, président des États-Unis

Presque au même moment, l'agence de presse iranienne IRIB rapportait que l'Iran avait exécuté ces derniers jours un ancien employé contractuel de l'organisation aérospatiale du ministère de la Défense qui effectuait de l'espionnage au profit de la CIA.

Jalal Haji Zavar avait quitté son poste il y a neuf ans. Il a été reconnu coupable par un tribunal militaire après la découverte à son domicile de documents compromettants et d'équipements destinés à l'espionnage.

Il a été exécuté à la prison Rajai Shahr de Karaj, à l'ouest de Téhéran, ajoute l'agence, sans mentionner la date de l'exécution ni d'autres détails.

L'Iran brandit la menace d'un embrasement régional

Plus tôt samedi, l'Iran a averti les États-Unis que la moindre attaque contre son territoire aurait des conséquences dévastatrices pour leurs intérêts dans la région.

Tirer une balle en direction de l'Iran mettra le feu aux intérêts de l'Amérique et de ses alliés dans la région, a déclaré samedi le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole de l'état-major conjoint des forces armées iraniennes, dans un entretien à l'agence Tasnim.

En dépit des affirmations répétées des États-Unis et de l'Iran selon lesquelles ils ne cherchent pas la guerre, l'escalade et la multiplication des incidents dans le Golfe font craindre un embrasement.

D'autant plus que des deux côtés, on multiplie les déclarations incendiaires.

Le président Donald Trump disait ne pas souhaiter la guerre avec l'Iran, mais que si elle éclatait, elle provoquerait un anéantissement comme on n'en a jamais vu avant.

Le général Shekarchi a affirmé pour sa part que si l'ennemi [...] fait l'erreur d'attaquer, l'Amérique, ses intérêts et ceux de ses alliés seront consumés par [le] feu qu'il aura contribué à allumer.

C'est la destruction, jeudi, d'un drone de la marine américaine par l'Iran qui a provoqué ce nouvel accès de fièvre.

Le général de brigade Amirali Hajizadeh regarde des débris métalliques.

La télévision d'État iranienne a présenté vendredi des images montrant, selon elle, des débris du drone américain abattu. En entrevue, le chef de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution, le général de brigade Amirali Hajizadeh, a fait valoir que les Iraniens avaient préalablement envoyé deux avertissements aux Américains, mais en vain.

Photo : La Presse canadienne / AP/Meghdad Madadi

L'Iran affirme disposer de preuves irréfutables montrant que le drone américain abattu était entré dans son espace aérien et a écrit au secrétaire général et au Conseil de sécurité de l'ONU pour dénoncer une action américaine provocatrice et très dangereuse.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohamad Javad Zarif a diffusé samedi sur Twitter une carte avec des coordonnées détaillées prouvant selon lui que le drone a été abattu dans les eaux territoriales iraniennes.

Washington dément catégoriquement, affirmant que l'aéronef a été touché dans l'espace aérien international.

Les États-Unis ont demandé la tenue lundi d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU, selon des sources diplomatiques.

Tentative d’apaisement de la communauté internationale

Le ministère britannique des Affaires étrangères a fait savoir qu’Andrew Murrison, son secrétaire d'État pour le Moyen-Orient, se rendra en Iran dimanche.

En cette période de tensions régionales exacerbées, cruciale pour l'avenir de l'accord nucléaire, cette visite est une occasion de dialogue plus ouvert, franc et constructif avec le gouvernement iranien, dit le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé samedi.

Murrison plaidera en faveur d'une désescalade urgente dans la région, il exprimera les préoccupations du Royaume-Uni et de la communauté internationale concernant le comportement régional de l'Iran et sa menace de cesser de se conformer à l'accord nucléaire auquel le Royaume-Uni reste pleinement attaché, ajoute-t-il, alors que la tension entre Téhéran et Washington est à son comble.

Décidés à sauver l'accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015, dont les États-Unis se sont retirés trois ans plus tard, les signataires européens ont promis la mise en place d'un dispositif nommé Instex, censé compenser les sanctions américaines.

Mais le programme a pris du retard, et Téhéran juge ces efforts insuffisants.

Le président iranien, portant la barbe mi-longue, des lunettes et un turban, observe un mur où figure un diagramme et des cadrans analogiques.

Le président iranien Hassan Rohani lors d'une visite à la centrale nucléaire de Bouchehr, en 2015

Photo : Associated Press / Mohammad Berno

Le 8 mai, la République islamique a donné aux autres signataires 60 jours pour mettre leurs promesses en œuvre, faute de quoi elle menace de ne plus respecter les dispositions de l'accord.

Il faut une solution politique, et c'est ce à quoi nous travaillons, a déclaré samedi la chancelière allemande Angela Merkel, lors d'un déplacement à Francfort.

Elle a ajouté que le cas iranien serait abordé à la prochaine rencontre du G20, la semaine prochaine, au Japon.

Selon des sources diplomatiques, Français, Britanniques et Allemands préparent une nouvelle initiative pour tenter de préserver le texte durement négocié avec Téhéran.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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