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Winnipeg inaugure un tramway nommé Samedi sanglant pour commémorer la grève de 1919

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un tramway d'acier rouillé sur son côté.

Au cours du tumulte du 21 juin, des grévistes s'en étaient pris à un tramway, fâchés à l'égard des briseurs de grève engagés dans les transports en commun.

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a cent ans, jour pour jour, les forces de l'ordre de Winnipeg ouvrent le feu sur les ouvriers en grève, faisant deux morts et d’innombrables blessés. La ville a dévoilé, vendredi, une œuvre d’art pour immortaliser cet événement et la grève générale de 1919.

Le tramway renversé lors de la grève générale de Winnipeg est de retour dans la capitale manitobaine, à l'intersection de la rue Main et de l'avenue Market. Une sculpture en acier et en verre, éclairée de l'intérieur, représente le tramway attaqué par les grévistes et photographié par LB Foote en 1919.

Tant de choses qui définissent Winnipeg, ses réalisations et son cœur rebelle, ont été forgées en ce samedi sanglant, déclare l’un des créateurs, le cinéaste Noam Gonick. La mort de son collaborateur, le sculpteur Bernie Miller, l'a amené à conduire le projet.

Le monument est situé en face de l'hôtel de ville, dans le quartier du divertissement de Winnipeg, à côté de la salle du Centenaire et près du Royal Manitoba Theatre Centre et du Musée du Manitoba.

L’œuvre, intitulée Bloody Saturday, a été commandée par le Conseil des arts de Winnipeg dans le cadre du programme d’art public de Winnipeg.

Le samedi sanglant

Winnipeg était secouée par des conflits de travail depuis la Première Guerre mondiale en raison notamment de la faiblesse des salaires et des conditions de travail difficiles. Un différend entre les métallurgistes et leurs patrons fait basculer la situation

Pendant six semaines, 30 000 hommes, femmes et enfants débrayent et paralysent Winnipeg.

L'agitation culmine le 21 juin. Des milliers d’anciens soldats progrève manifestent silencieusement en début d’après-midi devant la mairie, malgré l’interdiction. Un reporter de La Presse canadienne estime alors la foule à 20 000 personnes. Les forces de l’ordre sont en état d’alerte.

Les autorités winnipégoises disposent alors de 245 agents de la Police à cheval du Nord-Ouest, de 1500 membres des forces spéciales de police et de plus de 2000 miliciens.

Entre 13 h et 14 h, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se rassemblent vers la mairie pour assister à la manifestation des anciens soldats.

Une photo en noir et blanc d'une foule devant un tramway.

La foule tente de faire tomber le tramway numéro 596, coincé devant la mairie de Winnipeg, le 21 juin 1919.

Photo : Archives du Manitoba

La tension monte et, vers 14 h 30, les forces de l’ordre chargent la foule, créant un mouvement de panique. Au cours du tumulte, des grévistes s'en étaient pris à un tramway, fâchés à l'égard des briseurs de grève engagés dans les transports en commun.

Les forces de l’ordre ouvrent le feu sur les manifestants, tuant un homme sur-le-champ. Un autre mourra deux jours plus tard.

À cela s’ajoutent d'innombrables blessés, dont une forte portion n’a pas voulu se présenter à l’hôpital de peur d’être identifiée en tant que gréviste.

Officiellement, les événements du « samedi sanglant », nom sous lequel ce jour est tristement resté gravé dans les mémoires, se sont déroulés en l’espace d’une heure et demie et ont fait seulement une trentaine de blessés et un mort. Quelques jours plus tard, la grève est terminée.

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