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Des matières recyclables bientôt dans les sites d’enfouissement gaspésiens?

Ballots de plastique centre de tri T.I.R.U.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe-Robillard

Marie-Jeanne Dubreuil

La Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMRG) craint d’avoir à envoyer des matières recyclables dans les sites d'enfouissement d’ici une semaine si elle ne trouve pas de centres de transformation prêts à les prendre.

La fermeture de certains marchés asiatiques d'importation de matières recyclables et la petite capacité du marché québécois font en sorte que les centres de tri se retrouvent avec un surplus de matières impossibles à revendre, selon la directrice générale de la RITMRG, Nathalie Drapeau.

En plus de ne pas avoir les mêmes capacités que les usines asiatiques, certaines usines de transformation québécoise ne prennent pas toutes les matières en charge : c'est le cas des sacs en plastique.

Recyc-Québec a mis ces matières-là dans la charte des matières recyclables, donc nous devons les accepter et les trier, mais personne ne nous les achète. Il y a très peu d’entreprises qui transforment ces matières-là au Québec, explique Mme Drapeau.

Nous accumulons des sacs de plastique dans notre cour depuis 18 mois.

Nathalie Drapeau, directrice générale du RITMRG
Nathalie Drapeau regarde la caméra, souriante, devant une pancarte de la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie.

Nathalie Drapeau

Photo : Radio-Canada / Vincent Lafond

L’ensemble du Québec est touché par ce surplus de matières recyclables, affirme l’organisme Éco Entreprises Québec.

La situation en Gaspésie n’est que la pointe de l’iceberg. D’autres centres de tri au Québec sont confrontés à la même situation

Yourianne Plante, directrice des communications pour Éco Entreprises Québec

Un travail d’équipe

La solution à ce problème est loin d’être simple, selon Yourianne Plante.

Il faut revoir le rôle et les responsabilités de chaque acteur de l’industrie, que ce soit celui des élus municipaux, des entreprises liées à la récupération, que du citoyen qui effectue son geste de récupération, plaide-t-elle.

Nathalie Drapeau croit quant à elle qu’il s’agit d’un travail d’équipe.

D’un côté, elle estime que les élus des différents paliers gouvernementaux devraient unir leurs forces pour s’assurer que les entreprises québécoises de transformation ont la capacité de transformer la matière générée et que les centres de tri sont aux normes actuelles.

De l’autre, Mme Drapeau considère que le citoyen doit collaborer en triant consciencieusement ses déchets. Elle rappelle qu’une majorité de citoyens font bien leur tri, mais qu’une minorité ne fait pas l’effort nécessaire.

Nous recevons de la nourriture, des couches, des carapaces de homard et de crabe. C’est dégoûtant à trier et ça contamine la matière au point où une partie est envoyée dans les sites d’enfouissement.

Nathalie Drapeau, directrice générale de la RITMRG

Les élus et différents organismes liés au recyclage doivent par ailleurs mettre l'épaule à la roue en faisant de la prévention auprès de la population et en encadrant la production de certaines matières non transformées, note Nathalie Drapeau.

Si des matières n’ont pas de marché [de transformation] au Québec, elles ne devraient pas être générées. Nos décideurs devraient s’assurer que c’est bien encadré, martèle-t-elle.

La solution au problème d’empilement de certaines matières dans les centres de tri devra également passer par un changement de rapport avec les matières à usage unique, selon Nathalie Drapeau et Yourianne Plante.

Selon elles, les citoyens peuvent aider davantage à régler la problématique en diminuant leur consommation de matières à usage unique, comme les emballages et les sacs de plastique.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Matières résiduelles