•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La prison d'Amos n'est pas encore fonctionnelle à 100 %

L'établissement de détention provincial d'Amos.

La nouvelle prison d'Amos est ouverte depuis novembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Piel Côté

La prison d'Amos a pris 10 ans à construire et a coûté 126 millions de dollars. Un peu plus de six mois après l'ouverture officielle, l'établissement de détention n'est toutefois pas encore fonctionnel à 100 %, en raison d'un manque d'agents des services correctionnels.

Sur une possibilité de 220 places pour les détenus, 41 ne peuvent être occupées en ce moment. Tout un bloc de la prison est inutilisé.

En novembre dernier, le porte-parole des services correctionnels, Christian Thibault, était pourtant convaincu d'avoir tout le personnel nécessaire, soit 135 agents de services correctionnels.

Il manquait à l'époque une dizaine de postes d'agents à combler et aujourd'hui, selon le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ), il y aurait 123 agents en poste à Amos, donc depuis six mois, la situation n'a pas vraiment changé.

Le ministère de la Sécurité publique attribue cette problématique aux défis de recrutement et de formation.

La directrice par intérim des services correctionnels Abitibi-Témiscamingue Nord-du-Québec, Suzie Dessureault, confirme qu'elle espérait pouvoir éviter cette situation au moment de planifier l'ouverture de la prison.

Non, ce n'était pas prévu, on avait bon espoir d'avoir l'ensemble du personnel requis. Le transfert vers un établissement plus grand nécessite un apport plus grand de personnel et on avait bon espoir de recruter le personnel nécessaire et ça n'a pas été le cas, souligne Mme Dessureault.

25 % des employés en maladie

Ce manque de personnel a des répercussions sur les conditions de travail des employés, qui tout comme les travailleurs du monde de la santé, doivent parfois faire face à du temps supplémentaire obligatoire (TSO). Il faut savoir que les services carcéraux sont considérés comme un service essentiel à la population.

Le TSO se répercute sur le taux d'absentéisme des employés. Près de 25 % des 123 agents sont en congé maladie, selon le SACSPQ. Son président, Mathieu Lavoie, déplore les conditions de travail.

Le président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, considère que les drones sont devenus un fléau.

Le président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie (archives)

Photo : Radio-Canada

Ceci apporte du temps supplémentaire obligatoire, et ça apporte de l'épuisement. Ce que j'entends du personnel d'Amos, c'est qu'il est déjà essoufflé et qu'on est début d'été. L'essoufflement se fait déjà sentir en juin, alors que la saison des congés est à peine commencée, mentionne-t-il.

Des prêts de service d'employés d'autres régions sont en cours en ce moment, mais M. Lavoie estime qu'il ne s'agit que d'un diachylon sur la problématique et que cette option ne peut être la bonne à long terme.

Selon Mathieu Lavoie, des agents ont même démissionné en raison des conditions de travail.

Ouverture à 100 % à l'automne

Les plans du ministère sont néanmoins d'ouvrir le bloc de cellules inutilisées dans les prochains mois, soutient la directrice régionale, Suzie Dessureault. Il devrait théoriquement être ouvert à l'automne 2019.

Ce à quoi le président du syndicat, Mathieu Lavoie, a répondu qu'il s'agit d'un objectif irréaliste et inconcevable.

C'est un peu un monde de licornes de penser que cette aile-là pourrait être ouverte en automne.

Mathieu Lavoie, président du SAPSCQ

Selon Mathieu Lavoie, les problèmes de recrutement sont trop présents pour espérer une ouverture complète à l'automne.

Les délais sont trop longs entre les examens et le moment où les candidats sont appelés pour être formés à l'École nationale. D'ailleurs, plusieurs futurs agents correctionnels choisissent souvent les prisons fédérales au détriment des prisons provinciales, ajoute-t-il.

La politique du recrutement du ministère public est archaïque, c'est l'âge de pierre, dit-il.

Le ministère de la Sécurité publique reconnaît que la problématique est présente et affirme travailler sur la question.

Le ministère a des démarches en cours afin de pallier cette problématique, qui est particulière à certaines régions, dont l'Abitibi-Témiscamingue. Nous revoyons la stratégie de rétention et d'attraction du personnel, souligne Suzie Dessureault.

Une femme en uniforme pose dans le couloir d'une prison.

Suzie Dessureault, directrice par intérim des services correctionnels en Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Prochaine convention collective à négocier

Mathieu Lavoie estime que la prochaine négociation de la convention collective des agents tombe à point, car il faudra revoir plusieurs clauses afin d'être plus compétitif face aux prisons fédérales, notamment.

La convention collective vient à échéance le 31 mars 2020. Nous serons en négociations dans moins d'un an, laisse-t-il entendre.

Mathieu Lavoie soutient aussi qu'au mois de mai, la dernière cohorte d'agents correctionnels a été annulée, faute de candidats.

Abitibi–Témiscamingue

Infrastructures