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Facebook aux prises avec les régulateurs pour sa cryptomonnaie libra

Pièces de monnaie placées devant un écran où il est écrit « libra ».

Après l'annonce sur la libra, le comité du Sénat américain sur le secteur bancaire a prévu une première audition dès la mi-juillet pour décortiquer ce que le géant de la Silicon Valley prévoit.

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Agence France-Presse

Facebook va devoir surmonter la méfiance des autorités de réglementation du monde entier pour espérer faire adopter son projet de cryptomonnaie libra, notamment en Inde, où une frange de la population manque d'accès bancaire.

Le projet, dévoilé mardi par le géant américain des nouvelles technologies, a fait froncer les sourcils des autorités.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a immédiatement prévenu Facebook que l'attribut de souveraineté de battre monnaie devait rester l'apanage des États, et vendredi matin, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, a enfoncé le clou dans une entrevue diffusée sur la BBC.

Les banques centrales et autres régulateurs vont fixer les règles du jeu, et le système [de Facebook] devra les accepter, ou alors ça ne marchera pas, a souligné M. Carney. Le gouverneur a souhaité la bienvenue dans le monde de la finance à Facebook, un monde où il y a de la surveillance, de la protection du consommateur, où le respect de la vie privée des gens doit être respecté.

Deux personnalités françaises du monde de l'économie et de la finance ont d'ailleurs mis les États en demeure de réagir. Le projet de monnaie Facebook est un test de la crédibilité des gouvernements et des banques centrales, ont souligné Daniel Cohen, directeur du Département d'économie de l'École normale supérieure, et Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel, dans une tribune au Figaro.

Aux États-Unis, Facebook faisait déjà l'objet d'un surcroît de méfiance des autorités depuis l'éclatement d'une série de scandales sur l'utilisation de données sur les utilisateurs et les utilisatrices du réseau social. Après l'annonce sur la libra, le comité du Sénat américain sur le secteur bancaire a prévu une première audition dès la mi-juillet pour analyser ce que le géant de la Silicon Valley prévoit.

Les cryptomonnaies interdites en Inde

Dans d'autres pays, la tâche pour Facebook pourrait s'avérer encore plus ardue, en Inde, par exemple, où les cryptomonnaies sont purement et simplement interdites. La banque centrale indienne, qui considère les monnaies virtuelles comme des maladies contagieuses, travaille depuis un moment déjà à l'édification d'une régulation en la matière... empêchant, en attendant, tout échange dans ce domaine.

Les promesses sont pourtant riches pour Facebook dans ce pays où il compte 300 millions de membres, et où de nombreuses personnes se voient imposer des frais bancaires rédhibitoires aux transactions les plus basiques... lorsqu'elles ont la chance d'avoir un compte en banque.

Si la régulation ne constituait pas un obstacle en Inde, la libra aurait instantanément une envergure massive du fait de la taille de Facebook.

Anirudh Rastogi, fondateur d'un cabinet juridique à New Delhi spécialisé dans les nouvelles technologies

Comme gage de respectabilité, Facebook a reçu le renfort de plusieurs entreprises incontournables du secteur financier. Les deux géants du paiement par carte bancaire Visa et Mastercard participent ainsi au projet, même s'il comporte un certain nombre de menaces pour leur modèle traditionnel.

Certains acteurs du secteur voisin du transfert de fonds accueillent aussi positivement l'arrivée du poids lourd Facebook dans l'arène du paiement. Cela pourrait pousser les autorités de réglementation à faire évoluer l'écosystème des paiements plus vite et à réduire, à terme, les coûts des transferts d'argent, en mettant au cœur du débat des problèmes que nous essayons de résoudre depuis un moment, argue Harsh Sinha, directeur technologique de TransferWise à Londres.

Les autorités de réglementation traditionnelles ne pourront pas, en tous cas, se mettre la tête dans le sable.

Beaucoup de points restent à éclaircir, mais Facebook a déjà ouvert un nouveau chapitre dans l'histoire des monnaies numériques, écrivent Teunis Brosens et Carlo Cocuzzo, économistes à la Banque ING dans une note. Aux autorités de réglementation de trouver la réponse.

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