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  • En 1997 commence le combat de Hong Kong pour desserrer l’étau de la Chine

    Une foule compacte manifeste à Hong Kong contre un projet de loi liberticide en 2017.

    Depuis 1997 les citoyens de Hong Kong se battent contre les comportements autocratiques du gouvernement de la Chine.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, l’ancienne colonie britannique de Hong Kong se bat pour conserver son système démocratique. Nos correspondants en Chine ont souligné au cours des dernières années différents épisodes de cette lutte.

    Un retour à la Chine qui inquiète

    Je pense que pour ce qui est des contrats et des arrangements commerciaux, le système de droit sera maintenu. Mais c’est dans le domaine des droits de la personne qu’il risque d’y avoir une détérioration.

    Dow Famuluk, avocat canadien travaillant à Hong Kong, 1996

    Pékin va nommer sa propre législature pour sanctionner des lois répressives.

    Martin Lee, législateur au Parlement colonial de Hong Kong

    Téléjournal, 1er juillet 1996

    Ces analyses de l’avocat Dow Famuluk et du parlementaire Martin Lee, le correspondant Patrick Brown les a intégrées dans un reportage présenté au Téléjournal le 1er juillet 1996.

    On est alors précisément un an avant la rétrocession par le Royaume-Uni de sa colonie à la République populaire de Chine.

    Or, ce retour de Hong Kong dans le giron de la Chine communiste inquiète grandement une majorité de ses six millions de citoyens.

    Ce sont leurs droits et libertés qu’ils croient menacés par le dragon chinois.

    Ce qu’il faut comprendre, c’est que lors du processus de négociation de rétrocession de la colonie, Pékin a dû garantir au gouvernement de Londres et aux citoyens de Hong Kong un statut de semi-autonomie.

    Ce statut, résumé par l’expression populaire « un pays, deux systèmes », assure à Hong Kong le maintien d’un système légal et politique multipartite jusqu’en 2047.

    Mais les citoyens de Hong Kong ne croient pas les promesses chinoises.

    Cette méfiance semble légitimée par le fait que les autorités de Pékin n’ont pas attendu l’échéance de 2047 pour affaiblir la nature démocratique du statut de Hong Kong.

    À l'été 1996, par exemple, le gouvernement de Pékin allait de l’avant avec abolition du Conseil législatif, le parlement colonial, élu par les citoyens de la ville.

    Une pétition comprenant 60 000 signatures qui réclame le maintien du Conseil législatif est alors envoyée à Pékin.

    Cette pétition et la délégation de députés qui l’apportent dans la capitale chinoise ne seront jamais reçues par le gouvernement communiste.

    Dans les années qui suivent, la Chine accélère l’érosion du système démocratique de Hong Kong.

    La révolution des parapluies

    Reportage du 11 décembre 2014 (non diffusé)

    En décembre 2014, le correspondant Yvan Côté se rend à Hong Kong pour rendre compte du mouvement de contestation qui secoue la ville depuis septembre.

    Ce mouvement contestataire, que l’on connaît sous le nom de révolution des parapluies, est organisé par les militants pro-démocratie qui protestent contre un projet de loi inspiré par Pékin.

    Ce projet visait à limiter la portée du suffrage universel prévu pour élire le chef de l’exécutif de Hong Kong en 2017.

    À la fin septembre 2014, des milliers de manifestants organisent une campagne de désobéissance civile. Ils occupent même pendant plusieurs jours certaines parties de la ville.

    La réponse des autorités est implacable.

    Les manifestants doivent se protéger avec des parapluies des gaz lacrymogènes utilisés par les policiers.

    Les zones occupées sont brutalement dégagées par les forces de l’ordre. Plusieurs chefs du mouvement d’opposition sont jetés en prison.

    Un président chinois ganté de fer

    En 2017, le président chinois Xi Jinping se rend à Hong Kong pour célébrer le vingtième anniversaire de sa rétrocession.

    Téléjournal, 1er juillet 2017

    La correspondante Anyck Béraud fait un compte-rendu de sa visite dans un reportage qu’elle présente au Téléjournal le 1er juillet 2017.

    Le président Xi Jinping prononce à cette occasion un discours qui provoque des étincelles.

    Affirmant « qu’il n’y a jamais eu autant de liberté à Hong Kong », le président chinois laisse entendre que Pékin n’acceptera plus certains comportements, jugés « inadmissibles », de la part des dissidents du territoire.

    Le numéro un chinois ne cache pas qu’il veut relancer un projet de loi sécuritaire contre la sédition et la trahison.

    En 2003, ce projet de loi avait soulevé une telle opposition de la part des citoyens de Hong Kong que Pékin avait dû le retirer.

    Avant de retourner à Pékin, Xi Jinping a passé en revue les soldats chinois stationnés à Hong Kong.

    Le message lancé par cette revue des troupes du président chinois est clair. C’est la Chine qui est la patronne à Hong Kong.

    Cet été, c’est un autre projet de loi, sur l’extradition de prisonniers pour être jugés en Chine, inspiré aux autorités locales par Pékin, qui fait descendre dans les rues la population de l’ancienne colonie britannique.

    Les autorités de Hong Kong ont retiré, mais pas encore de manière définitive, le projet de loi.

    On ne sait pas si la Chine acceptera un retrait définitif du projet. L'affaire est en effet délicate pour la Chine.

    Écraser le mouvement de contestation à Hong Kong et c’est son image internationale, déjà passablement écornée, qui pourrait en souffrir.

    Reculer face aux revendications des citoyens de Hong Kong et c’est le spectre de Tiananmen qui pourrait resurgir sur toute la Chine.

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