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analyse

Tramway : comment faire dérailler un projet?

Représentation de la ligne de tramway dans le secteur du boulevard Pie XII.

Représentation de la ligne de tramway dans le secteur du boulevard Pie XII

Photo : Source : Ville de Québec

Louise Boisvert

L'exercice de communication qui s'est terminé cette semaine pour le projet de réseau structurant n'aura pas donné les résultats escomptés. Ces rencontres publiques visaient à reprendre le dialogue avec les citoyens. Plusieurs sont restés sur leur faim.

Après trois soirs de consultations publiques sur le tracé du tramway, plusieurs ont déploré l'absence de réponses aux nombreuses questions des citoyens.

Le président du Réseau de transport de la capitale et responsable du dossier, Rémy Normand, estime plutôt que l'échange avec les citoyens est réussi et que l'on ne peut pas rater ce genre d'occasion.

Il serait peut-être plus approprié de parler d'un dialogue de sourds.

La pression s'accentue sur les épaules de Rémy Normand. Il joue un rôle crucial dans l'acceptation du projet. Il est en quelque sorte « Monsieur Communication ». C'est lui qui se charge de donner l'heure juste à propos de l'avancement des travaux, et c'est lui qui répond aux questions des citoyens lors des consultations publiques.

Rémy Normand écoute les interventions des citoyens venus assister à la séance d'information et d'échanges sur le projet Le Phare.

Rémy Normand, vice-président du comité exécutif à la Ville de Québec

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Même s'il répète qu'il est à l'écoute ou encore que le projet est fait avec les citoyens et pour les citoyens, Rémy Normand en a échappé quelques-unes ces derniers mois, comme le veut l'expression consacrée du maire Labeaume.

Il s'en est pris à l'opposition officielle, aux citoyens des banlieues, au ministère de l'Environnement et même à des gens favorables au projet.

Être à l'écoute, ça veut dire mettre la politique et les adversaires de côté, ça veut aussi dire faire preuve d'empathie et de compassion, toujours avec l'idée d'être rassembleur.

Mardi, lors de la dernière séance de consultation publique à Sainte-Foy, Rémy Normand a insulté le PDG du ministère du Revenu, qui avait mené un sondage auprès de ses 4000 employés, pour évaluer leur intérêt à voir le tramway desservir l'établissement.

Il a aussi suggéré à une citoyenne qui s'inquiétait de sa qualité de vie, une fois le tramway en opération, de vendre sa maison.

Faire l'unanimité

Évidemment, la Ville n'arrivera jamais à convaincre tout le monde. Les réponses ne pourront jamais faire taire les plus farouches opposants. Malgré tout, la Ville doit rester exemplaire pour ne pas faire dévier le message.

Il y a un risque que M. Normand finisse par porter ombrage au projet. L'opposition officielle l'a bien compris. Québec 21 se demande si le président du RTC est encore le meilleur porteur de ballon pour mener le projet à terme.

Le chef, Jean-François Gosselin, lui reproche son ton méprisant et arrogant. C'est de bonne guerre, mais les dommages peuvent être plus grands s'il n'y a pas de changement.

Tirer des leçons

L'administration Labeaume est chanceuse. L'appui au projet semble se maintenir depuis son annonce en mars 2018. Mais l'échec du Service rapide par bus (SRB) nous rappelle que le vent peut tourner à tout moment.

Le lien de confiance entre les citoyens et l'administration Labeaume est fragile en ce qui concerne les grands projets publics, particulièrement dans l'ouest de la ville. L'exercice de consultation n'a fait que renforcer le sentiment de méfiance.

Ce manque de sensibilité donne l'impression que la Ville, une fois le financement bouclé et le processus environnemental complété, aura les coudées franches pour agir comme bon lui semble. C'est à se demander à qui s'adresse le projet.

On est au début du processus. Plus on va se rapprocher de la première pelletée de terre, plus la tension sera vive.

Il faut un porte-parole sans reproche.

Louise Boisvert analyse la politique municipale à Québec

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