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Shanawdihit : un opéra créé et raconté par des artistes autochtones

Portrait de Marion Newman qui chante.

La mezzo-soprano Marion Newman interprète Shanawdihit.

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Marie-Isabelle Rochon

Après quelques représentations à Toronto, l'opéra Shanawdihit sera présenté à Saint-Jean de Terre-Neuve. L'opéra créé et raconté par des artistes autochtones vise à faire la lumière sur l'histoire oubliée des Béothuks.

Shanawdihit est connue comme étant la dernière Béothuk de l'histoire. Capturée par des trappeurs en 1823, elle s’est éteinte en 1829. Elle laisse derrière elle, par ses dessins, de rares vestiges pour comprendre l’histoire d’un peuple, d’une culture et d’une langue qui ont autrefois eu cours sur l’île de Terre-Neuve et qui sont aujourd'hui perdus à jamais.

C’est grâce aux rares écrits sur sa vie et les quelques dessins exposés au musée The Rooms que la librettiste et codirectrice algonquine Yvette Nolan a pu écrire le livret de l’opéra Shanawdihit. L’expérience fut un réel défi pour elle. Normalement, nous allons rencontrer les aînés pour leur demander la permission, leur demander des informations et pour apprendre. Mais comme il n’y avait personne, j’étais très réticente à mettre des mots dans la bouche de Shanawdihit. Nous avons rencontré la communauté Mi’kmaq de Terre-Neuve, puisqu’ils pourraient être de descendance Béothuk.

Portrait d'Yvette Nolan.

La scénariste et codirectrice de l'opéra « Shanawdihit », Yvette Nolan

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

L’opéra Shanawdihit mêle le chant, la danse et les arts visuels. Les gens pensent que l'opéra n'est pas un art autochtone parce que ça vient de l'Europe, explique Yvette Nolan. Mais les Autochtones ont toujours utilisé le chant, la danse et des histoires ensemble, et c'est vraiment ce qu'est l'opéra.

C’est la mezzo-soprano Marion Newman qui interprète le rôle de Shanawdihit. Celle-ci dit se sentir interpellée par l’histoire écrite par Yvette Nolan. En tant que femme autochtone, je viens de l'autre côté du Canada. J'ai vraiment senti que, si les colons étaient arrivés en premier chez nous, cette histoire aurait pu être l'histoire de mon peuple, explique-t-elle.

Un travail d’inclusion

L’opéra est une coproduction entre le Tapestry Opera de Toronto et l’Opera on the Avalon de Saint-Jean. Mais toute la place a été laissée aux différents artistes autochtones pour que ceux-ci puissent raconter l’histoire tragique des Béothuks selon leur perspective.

Il y a tellement de voix autochtones qui ont été impliquées depuis le début. La compagnie a fait un réel effort pour inclure des artistes autochtones et de nous écouter, explique Marion Newman.

Photo d'une répétition sur scène. Un homme et une femme sont debout sur scène et chantent.

L'opéra « Shanawdihit » retrace la vie et l'histoire de la dernière Béothuk selon la perspective d'artistes autochtones.

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

L’opéra a pour objectif de raconter une autre version de l’histoire que celle laissée par les écrits coloniaux.

C'est la voix des Autochtones, ce n'est pas l'histoire que l’on connaît dans les textes d'école, ajoute Abra Whitney, directrice générale de l’Opera on the Avalon.

Parmi la distribution se trouvent les artistes visuels Jordan Bennet (Mi’kmaq), Lori Blondeau (Cri, Saulteaux et Métis), Jerry Evans (Mi’kmaq) et Meagan Musseau (Mi’kmaq), la chorégraphe Michelle Olsen (Tr’ondëk Hwëch’in), les chanteurs Rebecca Cuddy (Métis), Evan Korbut (Garden River) et Deantha Emunds (Inuk), et la danseuse Aria Evans (Mi’kmaq).

Il y aura une seule représentation de l’opéra à Saint-Jean, soit le 21 juin à l'Arts and Culture Center.

Terre-Neuve-et-Labrador

Autochtones