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Les défis de servir des bières de microbrasserie dans les grands événements

La Blonde d'Abraham sera la seule bière servi sur le site de la fête nationale à Québec

La Blonde d'Abraham sera la seule bière servie sur le site de la fête nationale à Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Encore cet été, les spectateurs du Festival d'été de Québec boiront principalement de la bière Coors Light durant les concerts. Si plusieurs grands événements du Québec s'associent aux grands brasseurs pour des raisons économiques et logistiques, le Mouvement national des Québécois (MNQ) a décidé de parier sur la bière de microbrasserie pour la fête nationale sur les plaines d'Abraham.

La décision de ne pas recourir aux microbrasseries, je pense que c'est surtout assis sur de l'incompréhension et sur la peur du risque, lance d'entrée de jeu Geneviève Tardy, responsable des partenariats au MNQ.

La seule bière offerte sur les plaines le 23 juin sera la Blonde d'Abraham, une création originale développée par 9 microbrasseries de la région de Québec et dont l'étiquette a été dessinée par Félix Girard, un artiste de la capitale.

Geneviève Tardy admet qu'en tirant un trait sur son association avec la brasserie Labatt, le MNQ se prive de plusieurs milliers de dollars en commandites.

Toutefois, il s'agit selon elle d'un risque calculé qui pourra être mitigé en vendant plus de bière et en développant un sentiment d'appartenance envers la fête nationale.

On considère que de travailler avec des microbrasseries [...] ça ancre le projet dans la communauté, explique-t-elle.

Fête nationale, Québec.

Le Mouvement national des Québécois a commencé à introduire graduellement les bières de microbrasseries sur le site des plaines d'Abraham en 2017.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

C'était aussi une façon pour le MNQ de se coller davantage à sa nouvelle politique de développement durable puisque la bière qui sera offerte est conçue entièrement à partir d'ingrédients québécois. Même le logo sur la canette a été dessiné par un artiste local.

Si on oublie la commandite, la bière nous coûte le même prix que ce qu'on aurait payé avec Labatt.

Geneviève Tardy, responsable des partenariats au MNQ

Le partage des risques

Ensemble, les 9 microbrasseries à l'origine de la Blonde d'Abraham ont brassé 15 000 litres mis en fûts et en canettes.

Ça représente 20 % de notre production annuelle, évalue un des partenaires, Bertrand Lemoyne, de Brasseurs sur demande. De faire ça pour une soirée, ce serait un peu épeurant. C'est pour ça que le plus simple était de travailler avec la Voie maltée [et les autres microbrasseries].

La météo fait partie des plus grands risques pour les petites entreprises qui voudraient fournir de grands événements. En cas de pluie, la foule sera moins nombreuse et consommera nécessairement moins de bière.

Les microbrasseurs pourraient se retrouver avec des milliers de litres non vendus qui seront plus faciles à écouler dans plusieurs établissements que dans un seul.

Une blonde de soif

Au sujet de la bière elle-même, Bertrand Lemoyne estime avoir réussi à créer, avec ses collègues, une bière qui plaira à un large public.

C'était le but, de faire une bière pas trop forte en alcool et qui ne tombait pas non plus dans des goûts trop précis, pour ceux qui ne sont pas initiés ou pas habitués à la bière de microbrasserie.

Il y a une fierté que notre ville se brasse une bière pour elle en se souhaitant bonne fête.

Bertrand Lemoyne, microbrasserie Brasseurs sur demande

Une question de volume et de finances

Comparé aux grands événements comme les festivals de musique, il est important de noter que la Fête nationale ne dure qu'un seul soir.

C'est une chose de faire un spectacle un soir le 23 juin par exemple sur les plaines d'Abraham, c'est une autre chose que de faire 10 soirs dans le cadre du Festival d'été ou d'autres festivals qui s'inscrivent dans la durée. Les volumes sont évidemment beaucoup plus considérables, fait valoir Martin Roy, du Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI).

Martin Roy, REMI

Martin Roy, REMI

Photo : Radio-Canada

Il rappelle aussi l'importance des commandites dans le montage financier de la plupart des grands événements. On parle de montants très importants qui ne sont peut-être pas à la portée des microbrasseries, juge M. Roy.

Pour des raisons de concurrence, le Festival d'été de Québec ne dévoile pas les montants qu'il récolte avec la vente de bière ou en s'associant à Molson pendant les 10 jours de spectacles.

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