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Un totem britanno-colombien remis à neuf dévoilé au Yukon

Le totem devant un immeuble.

Le totem restauré a été dévoilé lors de la Journée nationale des peuples autochtones à Whitehorse.

Photo : Radio-Canada / Anaïs Elboujdaïni

Anaïs Elboujdaïni

Un totem offert au gouvernement du Yukon par la Colombie-Britannique a repris du service, après trois ans de restauration. Des membres de la famille du défunt sculpteur William Jeffrey ont assisté à la cérémonie de remise en place du totem à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones vendredi, à Whitehorse.

Pour son 100e anniversaire, le gouvernement de la Colombie-Britannique avait donné un totem à tous les provinces et territoires. C’était en 1971.

Celui qu’a reçu le Yukon est une création du chef héréditaire Tsimshian William Jeffrey, originaire de la région de Prince Rupert. Le totem a été retiré de la devanture d’un bâtiment du gouvernement territorial en 2016.

Monica et Sarah Jeffrey s'adressent à une foule.

Monica et Sarah Jeffrey ont tenu à souligner l'importance du partage des savoirs ancestraux entourant la cérémonie de mise en place d'un totem.

Photo : Courtoisie Jonathan-Serge Lalande

Au terme d’un processus de trois ans, le totem a finalement pu reprendre sa place, devant Monica Jeffrey, la petite-fille de William Jeffrey, qui était elle-même accompagnée de sa fille, Sarah Jeffrey.

Traditionnellement, il est d’usage de laisser les mâts totémiques se détériorer. Or, un mouvement contemporain de l’art autochtone privilégie leur conservation pour des raisons d’histoire et de célébration de la culture.

Pour la conservatrice en chef du ministère du Tourisme du Yukon, Garnet Muething, la participation de la famille était primordiale au bon déroulement du processus.

Une femme en vêtements traditionnels danse devant un totem.

Marilyn Jensen, fondatrice de la troupe de danse Dakhká Khwáan, bénit le dévoilement du totem de William Jeffrey.

Photo : Radio-Canada / Anaïs Elboujdaïni

« Nous voulions nous assurer que la famille du sculpteur voulait qu’on restaure le totem, parce que ce n’est pas toujours la marche à suivre », explique-t-elle. Monica Jeffrey renchérit : « Nous avons travaillé avec Andrew Todd, l’expert canadien en restauration de totems. »

La première étape pour M. Todd a été de vérifier que la peinture employée sur le totem ne contenait pas de plomb. L’expert en restauration a travaillé en collaboration avec deux sculpteurs de la Première Nation de Carcross/Tagish, Keith Wolfe Smarch et Aaron Smarch.

Les couleurs originales ont été reproduites, explique Monica Jeffrey, qui est restée bouche bée lorsqu’elle a vu le totem pour la première fois après sa restauration.

J’ai été replongée dans mon enfance.

Monica Jeffrey, petite-fille du sculpteur William Jeffrey

La petite-fille de l’artiste salue également la décision du gouvernement du Yukon d’avoir invité des membres d’une Première Nation du territoire pour en apprendre davantage sur les techniques de sculpture d’un artiste d’une Première Nation de la Colombie-Britannique.  

« C’est reconnaître que nous pouvons apprendre des choses les uns des autres », affirme-t-elle.

Le partage d'une tradition

Bien que Sarah Jeffrey, âgée de 21 ans, n’ait jamais connu son arrière-grand-père, elle a été éblouie en voyant le totem restauré.

Trois femmes se tiennent devant le fleuve Yukon.

Monica Jeffrey, la petite-fille du sculpteur britanno-colombien de la Nation Tsimshian, est accompagnée de sa fille, Sarah Jeffrey (au centre). Elle rencontre Garnet Muething, la conservatrice en chef du ministère du Tourisme du Yukon.

Photo : Radio-Canada / Anaïs Elboujdaïni

« Ma mâchoire s’est décrochée et j’ai tout de suite su qu’il fallait que je touche le totem », raconte-t-elle. « Je me suis tout de suite élancée pour mettre mes mains sur la base du totem, parce que je savais que c’était la partie originale. »

L’oeuvre totémique représente les quatre symboles de la lignée familiale des Tsimshian, soit un aigle, un loup, un corbeau et un grizzli.

« Mon grand-père souhaitait raconter un pan de notre histoire à une autre nation », rappelle-t-elle.

Grand-Nord

Autochtones