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La CTMA s'interroge sur la construction d'un nouveau traversier par la Davie

rampe d'embarquement avec camion

Rampe d'embarquement pour le Madeleine, qui effectue la traversée entre Souris, à l'Île-du-Prince-Édouard et Cap-aux-Meules, aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Joane Bérubé
Philippe Grenier

Les retards et les dépassements de coûts dans la construction par la Davie comme ceux des deux traversiers de la liaison Tadoussac–Baie-Sainte-Catherine ne rassurent aucunement la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) des Îles-de-la-Madeleine. L’entreprise gère actuellement le Madeleine, un des deux traversiers dont la construction a été confiée à la Davie par le gouvernement fédéral.

Le Madeleine a 38 ans et sa fiabilité est de plus en plus difficile à assurer, selon M. Aucoin.

S’il y a bien un élément dont je ne doute pas, c’est bien de la nécessité à court terme de remplacer le Madeleine, commente Emmanuel Aucoin, invité à commenter le choix du chantier maritime de Lévis par Ottawa.

C’est cette urgence qui fait entre autres douter le directeur général de la Coopérative de transport maritime et aérien, la CTMA.

On ne peut pas présumer du futur, mais le choix d’un chantier est extrêmement sensible et important pour assurer la livraison d’un service à une population comme celle des Îles-de-la-Madeleine.

Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA

Emmanuel Aucoin, rappelle que son organisation a eu à analyser la possibilité de travailler avec la Davie pour le remplacement de son navire Le Vacancier.

Ces démarches avaient été entreprises sous l’égide du gouvernement du Québec.

L’expérience n'avait pas été concluante et Québec s’était alors tourné vers un appel d’offres international, rappelle M. Aucoin.

Le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin

Le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

La Davie n’avait pas déposé d’offres lorsque la démarche a été annulée en janvier dernier par le nouveau gouvernement de la CAQ.On n'est pas en mesure aujourd'hui de dire si on serait ou pas rassuré par la Davie, en conclut le DG de la CTMA.

Les Madelinots, ajoute M. Aucoin, n’ont d’autres choix que de s’en remettre aux avis de Transports Canada.

Transports Canada, le gouvernement fédéral, sont rassurés qu’ils sont capables de livrer un bateau aux Madelinots dans 48 mois, c'est-à-dire, 48 mois après la date de signature du contrat. Il faut se réjouir si c’est réaliste, mais ce n’est pas moi qui est capable de l’évaluer.

La CTMA n'est plus en mesure de garantir la fiabilité du service.

Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA
rampe d'embarquement avec un camion qui sort du traversier

Rampe d'embarquement pour le Madeleine, qui effectue la traversée entre Souris, à l'Île-du-Prince-Édouard et Cap-aux-Meules, aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Le DG de la CTMA relève que le chantier n’a pas non plus d’expérience dans la construction d’un traversier de 130 m allant jusqu’à une capacité de 1500 passagers. Dans la feuille de route du chantier, ça n’existe pas, c’est quelque chose qu’on doit prendre en compte.

Dans l'attente d'une entente

Par ailleurs, la Coopérative, qui emploie 500 personnes, ne cache pas sa déception quant à l'attribution du contrat de l'opérateur de la traverse.

Bien qu'elle se dise heureuse de cette acquisition pour les Madelinots, la CTMA est déçue de ne pas faire déjà partie des plans à long terme du gouvernement fédéral.

Je n’ai pas de contrat, il se fait attendre. On n’a pas non plus les éléments qui vont servir d’analyse à Transports Canada pour définir un contrat à long terme. On est tout à fait dans le néant.

Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA

En quatre ans d’analyses sur le renouvellement du service, il y a eu peu de contacts avec Ottawa, admet M. Aucoin. On a eu à défendre notre feuille de route, notre service. C’est ce qu’on a fait durant les quatre dernières années. C’est ce qui nous a dérangés un peu. On est encore surpris de voir que c’est encore en phase d’exploration.

La coopérative espère, tout comme la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine, obtenir un renouvellement de 20 ans. Notre plus grande déception est qu'on n’a pas un contrat à long terme pour justement planifier les risques reliés aux ruptures de service et la fiabilité du bateau. On ne parle pas de sécurité bien sûr. Mais en termes de fiabilité, on parle de mécanique, d'équipement fonctionnel à bord du bateau, c'est inquiétant!

La CTMA n'est plus en mesure de garantir la fiabilité du service.

Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA
Des voitures dans un bateau

La capacité d'embarquement du remplaçant du Madeleine sera doublée, ce qui générera plus de visiteurs aux Îles.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

La CTMA n’a pas participé à définir les caractéristiques de capacité du futur traversier, mais lors de son passage aux Îles, mercredi, le ministre des Transports, Marc Garneau a ouvert la porte à une plus grande collaboration.

Le gouvernement, a indiqué le ministre, consulterait la CTMA sur les spécificités techniques requises pour le nouveau navire.

On est bien heureux de voir que le ministre des Transports fait confiance à la CTMA. Quand il nous sollicitera, on sera là et ça va nous faire plaisir de donner notre expérience, notre opinion et nos recommandations pour ce qui sera le meilleur pour les gens des Îles. , déclare le DG de la CTMA.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Chantier naval