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Est-ce qu’il y a trop d’anglophones dans les écoles francophones?

Des élèves lèvent la main pour répondre à une question de leur enseignant.

Une contestation judiciaire est en préparation au sujet du nombre d'anglophones admis dans les écoles francophones en Ontario.

Photo : Radio-Canada

Miguel Lachance

De nombreux internautes ont réagi jeudi à la préparation d’une cause contre l’Ontario et trois conseils scolaires concernant le nombre d’élèves anglophones admis dans les écoles de langue française. Certains appuient la démarche du militant franco-ontarien Basile Dorion, alors que d’autres défendent le système actuel.

Céline Marti, une mère de quatre enfants qui habite à Thunder Bay, croit qu'il y a lieu de se questionner sur les effets du nombre d'élèves anglophones dans les écoles.

Je ne peux pas dire que je suis absolument choquée, on est très minoritaire ici, c'est peut-être inévitable, dit-elle. Par contre, le français doit être mis de l'avant.

Elle a vu une importante augmentation du nombre d'élèves depuis son arrivée dans la région il y a 12 ans, ajoutant qu'elle ignore combien d'entre eux sont des non-ayants droit.

Une école derrière une clôture.

L'École catholique Franco-Supérieur à Thunder Bay accueille près de 300 élèves.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Mme Marti se demande si les enseignants ont suffisamment de soutien pour bien encadrer tous les élèves, et si le Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales (CSDCAB) est en mesure de recruter suffisamment de personnel qualifié si le nombre d'élèves continue d'augmenter.

À mon avis, pour maintenir une langue forte en milieu minoritaire, c'est plus facile de travailler avec de plus petits groupes.

Céline Marti

Céline Marti raconte que son aîné, qui termine sa 8e année, a étudié le présent de l'indicatif en septembre, ce qui devrait déjà être acquis à cet âge, selon elle. J'ai l'impression que les francophones n'ont pas l'éducation qu'ils méritent.

Elle ajoute que les anglophones ont besoin d'un soutien différent pour l'apprentissage du français comme langue seconde.

Le CSDCAB a indiqué qu'aucune entrevue ne sera accordée à ce sujet, mais la directrice des communications Carol-Ann Van Rassel souligne que certains parents pourraient être perçus comme étant des "anglophones" alors qu’ils sont bien des ayants droit.

Des internautes débattent

Sur Facebook, Alice Audrain Félicité a commenté que, selon son expérience, les élèves francophones ne reçoivent pas un enseignement qui leur permet de développer leur plein potentiel.

Mes enfants sont 100 % francophones et, à l’école, ils se retrouvent à apprendre le français de base, servent de dictionnaire aux autres élèves et apprennent un franglais douteux.

Alice Audrain Félicité

Elle ajoute être contente que des anglophones veuillent apprendre le français, mais que cela ne doit pas se faire au détriment des francophones.

Une autre internaute, Kristina Clutterbuck-Brox, affirme que le mandat des écoles francophones est d’apprendre en français et non pas d’apprendre le français.

Lise Rivet abonde dans le même sens : Dans notre cas [à Ottawa], l’école accepte trop d’enfants anglophones de parents anglophones qui ne reçoivent aucun appui à la maison, mais sont là simplement pour que leurs enfants puissent devenir fonctionnaires au gouvernement avec des salaires élevés.

Certains, comme Éric Lacoursière, craignent des compressions s’il n’y a pas suffisamment d’inscriptions.

La seule manière qu’on pourrait dire que les écoles en acceptent "trop" est si des enfants francophones se font refuser à cause d’un surnombre d’élèves.

Éric Lacoursière

Le président de la section 66 de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, Marc-Éric Audet, écrit que des enseignants affirment que les comités d’admissions des non-ayants droit sont des comités bidon.

Il croit qu’une poursuite semblable à celle préparée par M. Dorion pourrait avoir lieu à Ottawa.

De son côté, Alice Ducharme croit que la solution serait de fusionner les conseils catholiques et publics francophones, ce qui éliminerait la chasse aux inscriptions.

Basile Dorion, à l’origine de la contestation, a répliqué en disant que sa lutte dépassait l’admission des non-ayants droit : La fusion des conseils [ne permettrait] que de changer le discours de place.

Le rôle des parents

Je connais seulement une famille "anglo" qui fait un effort pour parler le français à la maison, écrit Éric Delorme. La plupart sont capables, mais ne veulent pas faire l’effort.

Josée Gauthier croit plutôt qu’il ne faut pas rejeter la faute sur les familles anglophones. Je suis 100 % d’avis que si on interdisait aux anglos de s’inscrire dans les écoles de langue française, on ne verrait aucun changement.

Mme Gauthier affirme que beaucoup de familles francophones parlent peu en français à la maison et que les enfants sont surtout exposés à des médias anglophones.

Ce n’est pas logique de refuser un enfant anglo dans une école de langue française qui a des parents [prêts] à [l']accompagner alors que certains parents francos ne font pas trop d’efforts.

Josée Gauthier

Je suis toujours déçue de voir des commentaires qui blâment les enfants dont la langue maternelle n’est pas le français (ou leurs parents) pour la qualité du français dans les écoles, commente Rachel Barber, qui a été la première membre de sa famille à apprendre le français.

Ce n’est pas nécessairement la langue maternelle qui est la cause de ce problème, mais la méthode ou le niveau d’apprentissage de l’enfant, ainsi que l’appui des parents.

Rachel Barber

Soyons profrançais, mais non anti-anglais!, écrit Sylvain Boivert. Ça commence dans notre façon de vivre. Ce ne sont pas les anglophones qui nous assimilent, c'est nous-mêmes, les francophones.

Nord de l'Ontario

Éducation