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L'ex-patron d'Otéra Capital réclame plus de 7 millions à la Caisse de dépôt

Alfonso Graceffa, ex-dirigeant d'Otéra Capital, une filiale de la Caisse de dépôt.

Alfonso Graceffa dirige Otéra Capital, une filiale de la Caisse de dépôt.

Photo : Caisse de dépôt et placement du Québec / Paul Labelle photographe

La Presse canadienne

Affirmant avoir été congédié injustement par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Alfonso Graceffa, l'ex-dirigeant de sa filiale Otéra Capital, réclame au bas mot 7,35 millions de dollars à l'institution.

Dans sa poursuite déposée jeudi en Cour supérieure du Québec, il confirme toutefois avoir reçu, dans son bureau, 15 000 $ en argent comptant des mains d'un individu ayant des antécédents criminels – un des principaux manquements éthiques relevés par l'enquête indépendante commandée par la Caisse.

Essentiellement, M. Graceffa reproche à la CDPQ d'avoir agi ainsi afin de redorer son blason dans la foulée de la publication de reportages embarrassants par le Journal de Montréal entourant certains gestes posés par des responsables d'Otéra Capital, qui se spécialise dans le financement hypothécaire.

En raison du contenu [de l'enquête], il sera impossible pour M. Graceffa de décrocher un nouvel emploi et d'obtenir du financement dans l'industrie immobilière, fait valoir la poursuite de 25 pages.

La CDPQ et ses filiales Ivanhoé Cambridge et Otéra Capital sont citées dans le document. Mercredi, M. Graceffa disait contester son congédiement, sans toutefois préciser ses intentions.

Dans sa série de reportages, le Journal de Montréal avait notamment révélé que M. Graceffa avait obtenu 11 prêts totalisant plus de 9 millions de dollars de MCAP, une filiale d'Otéra, pour financer des immeubles à revenus dont il était propriétaire.

Ce dernier affirme qu'il avait signalé que son employeur était au courant que MCAP avait octroyé des prêts pour certaines de ses propriétés.

M. Graceffa, qui demande au tribunal d'accepter de l'entendre, réclame notamment une indemnité d'au moins 3,82 millions de dollars liée à son congédiement et une série d'autres montants, parfois avec intérêts, aux parties visées.

Les défendeurs ont délibérément discrédité M. Graceffa et entendaient porter atteinte à sa dignité, son honneur et sa réputation en publiant [le sommaire de l'enquête] sans tenir compte des conséquences, allègue-t-il .

Quant à la somme de 15 000 $ qu'il a acceptée, l'ex-patron d'Otéra Capital affirme qu'elle était destinée à son frère et qu'il n'était pas au courant des antécédents de l'individu qui lui a remis la somme.

La poursuite allègue que la CDPQ reproche également cinq autres manquements à l'ancien dirigeant de sa filiale, mais elle ne contient toutefois pas l'ensemble du texte de sa lettre de congédiement. Devant les tribunaux, la Caisse pourrait toutefois demander que son contenu soit révélé.

On estime qu'il est dans l'intérêt du public de pleinement apprécier les motifs de sa terminaison et de se faire sa propre idée, a indiqué son porte-parole, Maxime Chagnon.

Au terme de l'enquête indépendante commandée par la Caisse, quatre personnes, dont celui qui était aux commandes d'Otéra Capital, avaient perdu leur emploi. Si des manquements éthiques avaient été relevés, les conclusions n'avaient identifié aucune preuve de fraude ou de blanchiment d'argent concernant le portefeuille de la filiale de la Caisse et il était indiqué qu'il n'y avait aucun élément permettant de croire qu'il y ait eu des transactions frauduleuses.

La Caisse entend se défendre « vigoureusement  »

La CDPQ, Otéra Capital et Ivanhoé Cambridge ont réitéré leur intention de se défendre vigoureusement et ont affirmé qu'il était hors de question de verser une indemnité à quelqu'un dont les comportements et les lacunes de jugement ont entraîné de tels manquements éthiques graves.

Le jugement, c'est fondamental, dans une fonction de président, a dit M. Chagnon. Quand on lit le document de la poursuite, il est évident que les manquements décrits ne correspondent pas du tout aux comportements et aux valeurs du président d'une institution publique.

En plus de M. Graceffa, la vice-présidente au financement immobilier Québec et Est du Canada, Martine Gaudreault, ainsi que l'économiste Edmondo Marandola avaient perdu leur emploi.

Selon le Journal de Montréal, M. Marandola agissait comme promoteur immobilier parallèlement à son emploi chez Otéra, et Mme Gaudrault et son conjoint, Alain Cormier, étaient aussi en affaires ensemble. Ce dernier, un prêteur privé, aurait entretenu des liens d'affaires avec le clan Rizzuto.

En date du 31 décembre dernier, le portefeuille de placements d'Otéra Capital était de 13,6 milliards de dollars, alors que l'actif net de la CDPQ s'élevait à 309,5 milliards de dollars.

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Justice et faits divers