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Itinérance : Moncton réglemente un campement de fortune

Un homme assis dans une chaise à côté d'une tente en plein soleil.

Michel est sans abri. Il vit dans une tente installée dans un campement de fortune établi au centre-ville de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Patrick Lacelle

À 56 ans, Michel vit dans la rue. Il a installé sa tente dans un campement de fortune au centre-ville de Moncton où des dizaines d’itinérants résident. La Municipalité leur impose maintenant des règlements.

Originaire du comté de Kent, l’Acadien n’arrivait plus à se trouver une chambre dans le Grand Moncton. Le prix demandé était simplement trop élevé. Une tente et une chaise, c’est beaucoup moins coûteux.

Je ne pouvais pas trouver une place. Je suis déjà resté ici avant. C’est comme en campagne quasiment. Ç’a vraiment été nettoyé. Les gens essaient de tenir ça propre et ne pas faire trop de tapage. Pour moi, c’est comme chez nous ici, explique-t-il.

Plusieurs tentes les unes à côté des autres sur un chemin de terre.

Quelques dizaines de sans-abri ont établi un campement de fortune au centre-ville de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

La communauté de sans-abri, installée aux abords d’un chemin de fer longeant la rue Albert, est tissée serré. De petites chicanes peuvent parfois survenir, mais rien de trop grave jusqu’à présent.

On n’a pas beaucoup d’argent, mais on se tient quand même ensemble. Il n’y a pas de grosse chicane ici. On essaie de communiquer. C’est sûr que des fois le ton monte, mais ça, c’est comme partout, dit-il.

Je n’ai pas vu de sang encore! Les gens se respectent, a ajouté Michel.

Shannon Camilleri a aussi choisi d’installer sa tente au campement de la rue Albert.

J’aime ça. J’aime le fait que c’est gratuit et que je peux être moi-même. Je peux aussi aider les autres en étant ici, a-t-elle souligné.

Les règlements :

  • Aucun feu ni matière combustible
  • Aucune voiture
  • Aucune génératrice
  • Aucun comportement perturbateur
  • Site propre en tout temps
  • Aucune structure
  • Deux personnes par tente maximum

Comme Michel, elle accepte les nouveaux règlements établis par la Ville de Moncton.

La Municipalité permet aux itinérants d’installer leur tente pourvu qu’ils acceptent de ne pas faire de feu, de ne pas utiliser de combustible et de garder le site propre en tout temps. Les génératrices et les véhicules sont aussi interdits dans le campement.

Je crois que les règlements permettront de créer une certaine structure, a indiqué Mme Camilleri.

Une dame se tient sur des béquilles près de plusieurs tentes.

Shannon Camilleri réside dans une tente au centre-ville de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Pierre Fournier

Une toilette portable et des lumières ont aussi été ajoutées à l'emplacement. Des agents de sécurité ont même été embauchés afin de superviser les activités.

Non loin du campement, toujours sur la rue Albert, un nouveau refuge exploité par la Maison Nazareth doit ouvrir ses portes en août. Trois jours avant son ouverture, les campeurs recevront un avis de quitter les lieux et seront redirigés vers ce refuge.

On sait qu’il y a des sans-abri dans les rues de Moncton et on sait qu’il y a un nouveau refuge qui va ouvrir ses portes au mois d’août. On voulait tenter de trouver un moyen pour nous amener à cette date-là du 1er août. Donc, on a accepté de s’impliquer et d’appliquer des règlements, a expliqué Isabelle LeBlanc, porte-parole de la Ville de Moncton.

Des tentes les unes à côté des autres avec le centre-ville de Moncton en arrière-plan.

Quelques dizaines de sans-abri ont établi un campement de fortune au centre-ville de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

On ne sait pas encore si les itinérants choisiront de se rendre au nouveau refuge. L’option sera évaluée, mais pour Michel, pas question de respecter un couvre-feu.

Ces refuges-là, il faut que tu te couches à 22 h. Pour moi, 22 h, c’est tôt. Tu sais, je suis un rebelle.

Michel, un sans-abri

De son côté, Mme Camilleri espère pouvoir lutter pour que le campement reste ouvert et devienne un projet à plus long terme, parce que pour beaucoup de personnes, une tente sur un petit morceau de terre, c’est synonyme d’une maison.

Oui, vous pouvez dire que nous sommes des sans-abri, mais pour chacun d’entre nous, c’est comme si nous étions propriétaires de notre petit lot de terre, a lancé l’itinérante.

Nouveau-Brunswick

Pauvreté