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Le Festival de la Saint-Jean Ottawa n’aura pas lieu

Une foule lors d'un concert sur fond de drapeau franco-ontarien.

Le Festival de la Saint-Jean Ottawa aura une saveur différente cette année à Ottawa, avec une offre réduite en événements culturels.

Photo : Radio-Canada

Marie-Ève DuSablon

Alors que la francophonie en Ontario est bousculée par les récentes compressions du gouvernement Ford, il ne sera pas possible de célébrer la Saint-Jean-Baptiste dans le quartier Vanier de la capitale fédérale cette année. Organisé depuis 2008, le Festival de la Saint-Jean Ottawa (FSJO) a dû mettre la clé sous la porte faute d’argent et d’achalandage.

Dans les deux dernières années de son existence, le FSJO a déménagé à deux reprises. Il a été déplacé au centre-ville d’Ottawa à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération du Canada, puis il est revenu dans son quartier d’origine, à Vanier, mais à un nouvel emplacement.

Le conseil d’administration, constitué seulement de bénévoles, a également décidé de faire payer les festivaliers en pensant que la demande serait au rendez-vous, confie le fondateur et membre du conseil d'administration du Festival, Michel Bénac, avec émotion.

Le Festival a connu une chute en assistance qui était imprévisible et a fait faillite en 2018.

Michel Bénac, fondateur et membre du conseil d'administration du Festival

Ce dernier dit avoir investi du temps et de l’argent au cours des dernières années. M. Bénac affirme aussi que le Festival n’était pas en compétition avec le Festival franco-ontarien ou Outaouais en fête, avec lesquels il a cohabité pendant 10 ans.

Michel Bénac, membre du groupe Swing

Michel Bénac est aussi membre du groupe Swing.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Bouchard

En 2016, il y a eu quand même 6000 personnes [...], en, 2017, nous avons eu 12 000 personnes. En 2018, [ça a été] en bas de 2000 personnes en assistance, ajoute-t-il.

Selon lui, cette perte a été causée principalement par les changements de lieux, l’après 150e et la décision de faire payer des droits d’admission.

Mais sa plus grande déception c’est celle d’avoir perdu une autre occasion de célébrer la francophonie ontarienne, et ce, malgré l’appui de maints fournisseurs et de la Ville d’Ottawa.

On a un rôle à jouer, et quand on se présente, on peut faire une différence.

Michel Bénac

Les nombreux Franco-Ontariens de la capitale devront alors se tourner vers une célébration communautaire à Orléans organisée par le Regroupement des aînés francophones d’Ottawa (RAFO) ou vers l’Outaouais en fête, du côté du Québec.

Une occasion de célébrer la francophonie perdue

Les réactions sont nombreuses chez les différents organismes francophones.

La Saint-Jean, premièrement, c’est un grand rassemblement de la francophonie, une grande fête de la francophonie. De ne pas avoir ce rassemblement, il me semble qu’il manque quelque chose, déplore le président de l’Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin.

Un peu partout en province, j’entends dire qu’il y a des célébrations dans des petites villes, des villages. De voir qu’il n’y a rien à Ottawa, c’est dommage.

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Selon le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, il s’agit également d’une grande perte pour tous les résidents de la capitale nationale,

La Saint-Jean, dans Vanier, avait une importance pour la communauté dans Vanier, mais aussi pour l’ensemble des francophones d’Ottawa, dit-il.

C'est toujours dommage comme organisateur d'événement de voir qu'il y a d'autres événements dans notre région qui connaissent des difficultés, se désole Michel-Olivier Matte, le directeur des opérations du Festival franco-ontarien.

Ajà Besler, directrice générale de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO), ne trouve toutefois pas la situation préoccupante, étant donné le récent rassemblement de la communauté lors du Festival franco-ontarien.

Ça a été une année difficile pour beaucoup d’organismes avec les coupures qui se sont passées. Je pense que la communauté voulait se rallier vers nos acquis, confie Mme Besler.

Ajà Besler est debout et souriante.

Ajà Besler, directrice générale de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO)

Photo : Radio-Canada

Selon elle, l’union entre les francophones demeure une piste de solution. Dans un monde idéal, il y aurait beaucoup de Québécois qui viendraient au Festival franco-ontarien pour découvrir nos artistes et, en retour, il y aurait plein de Franco-Ontariens qui iraient de l’autre bord de la rivière [à l’Outaouais en fête].

Des collaborations à mettre en place?

Mathieu Fleury rappelle que le modèle s’appuyait sur une structure à but non lucratif. M. Fleury estime qu’il serait intéressant qu’un autre organisme ou événement reprenne le flambeau. Il n’hésite pas à citer des noms comme le Bluesfest, par exemple.

D’après moi, il faudrait une collaboration entre les leaders de la communauté francophone et puis les organisateurs de festival à Ottawa, qui pourraient trouver une collaboration pour la Saint-Jean. Peut-être que dans ce contexte-là, le Festival franco-ontarien pourrait être en bonne position aussi pour jouer un rôle de leadership, explique le conseiller municipal.

M. Fleury suggère par ailleurs que la période au cours de laquelle le Festival franco-ontarien se déroule pourrait être plus proche du 24 juin. Il se dit prêt à rassembler les différents acteurs pour voir ce qu’il serait possible de faire.

Considérant que la fête du Canada se déroule également au parc Major et que les préparatifs pour celle-ci débutent au moins une semaine à l'avance, M. Matte envisage difficilement ce scénario.

Par ailleurs, la date actuelle du Festival franco-ontarien permet d'attirer de jeunes écoliers « pour leur offrir une occasion de célébrer en français dans un contexte de festival, mais aussi dans une optique de développement de clientèle pour l'avenir », rajoute-t-il.

M. Fleury rappelle que le rôle de la Ville est néanmoins de financer les festivals, pas de les organiser. Il veut d’ailleurs discuter avec Michel Bénac pour comprendre la situation et si possible voir ce qui peut-être fait pour que la Saint-Jean soit célébrée comme il se doit dans la capitale nationale.

Mathieu Fleury est debout au milieu d'un couloir.

Mathieu Fleury, conseiller municipal de Rideau-Vanier

Photo : Radio-Canada

Moi, je crois qu’il y a une place pour la Saint-Jean dans la capitale.

Mathieu Fleury, conseiller municipal de Rideau-Vanier

L’Ontario français sera tout de même mis à l’honneur lors de la fête nationale du Québec, le 24 juin prochain, à Montréal : une délégation de 150 Franco-Ontariens ouvrira le prédéfilé de la Saint-Jean.

L’AFO a qualifié cette invitation de reconnaissance historique.

Après les événements qu’on a connus avant les fêtes, on a eu beaucoup d’appui du côté de nos amis du Québec, des francophones qui se sont sentis concernés par ce que nous vivions en Ontario, affirme M. Jolin.

Ottawa-Gatineau

Francophonie