•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une Première Nation se dote de la plus grande ferme solaire du Manitoba

Des panneaux solaires.

La Première Nation de Fisher River a maintenant la plus grande installation de panneaux solaires au Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans le nord du Manitoba, la Première Nation crie Fisher River sera bientôt le plus grand producteur d'électricité provenant de l'énergie solaire de la province. Ses habitants espèrent servir de modèle et inspirer d'autres Premières Nations.

La ferme, qui sera pleinement opérationnelle au début du mois de juillet, produira un mégawatt et sera relié au réseau électrique provincial d’Hydro Manitoba. « Le but premier est de générer des revenus pour la communauté », explique le chef de Fisher River, David Crate.

La ferme solaire de la Première Nation, située à environ 200 km au nord de Winnipeg, a environ 3000 panneaux, s’étend sur près de 3 hectares et a été entièrement construite par des employés autochtones. Hydro Manitoba affirme qu’il s’agit de la « première source d’énergie solaire à grande échelle » de la province.

Une Première Nation se dote de la plus grande ferme solaire du Manitoba

Ce générateur solaire est rendu possible grâce à un partenariat, conclu il y a quelques années, avec W Dusk Energy Group, une entreprise appartenant à des Autochtones et spécialisée dans les systèmes d’énergie solaire, éolienne et renouvelable.

Un homme devant des panneaux solaires.

David Crate

Photo : Radio-Canada

Le propriétaire de l’entreprise, David Isaac, pense que davantage de Premières Nations devraient faire en sorte d’avoir plus de sources d’énergies renouvelables. « L'avenir est devant nous. Je pense que tous, collectivement, devons le saisir », dit celui qui est Micmac et qui travaille depuis 20 ans avec des Premières Nations.

« La communauté du futur ressemblera à une communauté autochtone, dans le sens où de l’énergie sera générée hyperlocalement [par] des services décentralisés à partir d'une source d'énergie harmonieuse, plutôt que d'extraction », croit-il.

Évidence économique et environnementale

Pour David Crate, le fait d'utiliser les nouvelles technologies d’énergies renouvelables est sensé, sur les plans économique et environnemental, pour n’importe quelle Première Nation.


« J'espère que, dans un avenir proche, nous aurons dans tout le pays de nombreuses initiatives en matière d'énergie verte. Cela peut être éolien, solaire, géothermique – la technologie change constamment », dit David Crate.

Pour financer la ferme qui coûtera près de 2,4 millions de dollars, la communauté de Fisher River a utilisé ses propres fonds, une subvention de 1 million de dollars de Diversification de l'économie de l'Ouest Canada et un prêt de 750 000 $ de la Banque Royale. David Crate pense qu’un tel projet n’aurait pas été réalisable sur le plan financier il y a 10 ans, car les coûts d'une telle installation solaire étaient plus élevés à l'époque.

La Première Nation, qui compte 2000 membres vivant dans la communauté et 2000 autres vivant hors réserve, s'attend à rembourser le prêt en 10 ans et à générer, par la suite, des bénéfices d'environ 75 000 à 85 000 $ par an.

Emploi et éducation à la clé

Non seulement elle fournit une source de revenus, mais la construction de la ferme solaire a aussi permis aux habitants d'acquérir des compétences spécialisées.

Candice Sinclair, par exemple, travaille dans le secteur de la construction à Fisher River depuis 10 ans. Elle est l'une des 11 personnes qui ont suivi un programme de formation d'une semaine pour apprendre à installer les panneaux dans le parc solaire. Elle a ensuite travaillé pendant six semaines sur la construction de l'installation elle-même.

Une femme.

Candice Sinclair

Photo : Radio-Canada

« Ç’a été l’emploi le mieux payé que j’ai jamais eu », dit-elle.

Une fois pleinement opérationnelle, la ferme solaire n’aura pas besoin d’employés à temps plein, mais d'un entretien régulier. Et la formation que l'équipe a reçue prépare les employés à d'éventuels travaux d'agrandissement, ainsi qu'à des projets d'énergie renouvelable dans d'autres communautés.

Croissance à venir

Ce parc solaire n’est pas le premier projet d’énergie verte de la communauté, mais c’est la plus grande installation. Au fil des ans, Fisher River a également formé 15 travailleurs sur place, qui sont certifiés pour l’installation du chauffage géothermique dans plus de 300 habitations de la communauté afin de les rendre plus éconergétiques.

Lorne Cochrane, président de l'équipe de développement économique de Fisher River, affirme que, depuis l'installation du chauffage géothermique dans les maisons, les coûts mensuels de l'électricité sont passés de 300 $ à 150 $ en moyenne.

Lorne Cochrane ajoute que l'un des problèmes entravant le développement économique de Fisher River est son emplacement. Une étude récente a montré que jusqu'à 70 % des terres de la Première Nation sont inutilisables en raison de la nappe phréatique élevée et de la vulnérabilité aux inondations.

Malgré cette contrainte, Fisher River a la possibilité d’avoir sa propre énergie locale et le potentiel de gérer un jour sa propre entreprise de services publics, acquérant une expertise encore plus grande dans la technologie des énergies renouvelables.

« C'est notre objectif ultime, un agrandissement futur », affirme-t-il.

Un avis partagé par Candice Sinclair. Elle pense que les panneaux solaires et les compétences en technologie renouvelable acquises à Fisher River seront bénéfiques à long terme pour la Première Nation.

Manitoba

Autochtones