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La nation huronne-wendate songe à créer sa propre nationalité

Une rue de Wendake, près de Québec

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La nation huronne-wendate, située près de Québec, songe à créer son propre titre de citoyenneté pour mieux lutter contre le déclin de sa population.

Le grand chef de la nation huronne-wendate, Konrad Sioui, confirme que cette possibilité, d’abord rapportée dans La Presse+ jeudi,  figure parmi les solutions envisagées pour empêcher l’extinction de sa communauté.

Un spécialiste de l’Université Laval se penche d’ailleurs sur ce dossier. Ça fait longtemps, sur le plan démographique, qu’on est menacés par les lois fédérales qui sont au fond des lois d’extermination, dénonce M. Sioui.

En raison de la loi fédérale sur les Indiens, les mariages entre Autochtones et non autochtones entraînent la diminution de la population huronne-wendate à Wendake. En vertu de plusieurs critères, le statut d’indien est retiré à des personnes d’origine autochtone qui vivent tout de même sur la réserve.

Le grand chef de la nation huronne-wendate, Konrad Sioui

Le grand chef de la nation huronne-wendate, Konrad Sioui

Photo : Radio-Canada

Une situation que l’on observe régulièrement sur la réserve entourée par Québec et ses banlieues.

Si on se marie à l’extérieur une fois, on a un sursis. Si on se marie à l’extérieur deux fois on est out, souligne le grand chef.

Situation « injuste »

Katy Lefebvre a dû lutter pour faire reconnaître son statut de Huronne-Wendate, qu'elle n'a eu qu'en 2011. Elle est en attente pour pouvoir obtenir un terrain sur la réserve. Cela lui permettrait notamment d'inscrire ses deux enfants de 12 et 14 ans à l'école de Wendake.

On est fiers de notre culture, on veut être imprégnés de notre culture, mais on dirait que la loi nous a toujours empêchés de le faire. Même mon père a eu ses droits  à 35 ans. C’est très injuste parce que les cousins de mon père, ils ont eu leurs droits toute leur vie, affirme-t-elle.

Kathy Lefebvre est dans son bureau

Katy Lefevbre a obtenu ses droits en 2011.

Photo : Radio-Canada

Population consultée

Si la nation opte pour une nouvelle citoyenneté basée sur ses propres critères, la population sera sondée.

Si on se fait un code, on va demander aux gens, on va dire : “Regardez, on est rendus à une étape en 2020 où on a besoin ensemble de décider nous-mêmes notre propre code de citoyenneté. Qui va être huronne-wendat? Quelles sont les conditions? Quels sont les droits? Quels sont les devoirs?, précise-t-il.

Comme nation, il faut prendre notre destinée en main. Pas attendre toujours que le colonisateur, le paternaliste, vienne nous dire qui sont nos membres ou pas nos membres.

Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendate

Des membres de la communauté ont déjà été rencontrés. Éventuellement, un référendum sera mis sur pied.

On ne peut pas se soumettre à une loi discriminatoire, une loi qui vise l’extinction de la nation à cause d’un mariage. Il n’y a pas de peuple sur la terre qui passe par cette prérogative, ajoute Konrad Sioui.

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