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Un drone américain abattu, des tensions exacerbées entre l'Iran et les États-Unis

Un drone photographié en vol.

Le drone RQ-4 Global Hawk construit par Northrop Grumman est l'un des fers de lance de l'aviation de surveillance américaine.

Photo : Reuters / Handout .

Radio-Canada

L'Iran a assuré jeudi avoir retrouvé, dans ses eaux territoriales, des débris d'un drone américain qu'il a abattu, un incident qui a fait monter la tension d'un cran avec les États-Unis, où Donald Trump a vivement réagi.

Washington et Téhéran se sont livrés toute la journée à une guerre de communication sur la localisation exacte du drone de la marine américaine au moment où il a été ciblé. Les forces iraniennes assurent que le drone de surveillance se trouvait dans l’espace aérien iranien lorsqu’il a été détruit, ce que démentent les États-Unis.

Selon Washington, l’appareil sans pilote a été abattu de façon injustifiée par un tir de missile sol-air alors qu’il se trouvait dans l’espace aérien international, dans le détroit d’Ormuz.

Les informations iraniennes selon lesquelles l'engin aérien survolait l'Iran sont fausses, s’est défendu l’état-major américain dans un communiqué, alors que la tension est élevée dans la région depuis l’attaque de deux pétroliers, il y a une semaine, en mer d’Oman par des forces inconnues.

De son côté, l'Iran affirme avoir détruit un drone espion de type RQ-4 Global Hawk, l'un des drones les plus perfectionnés de l'arsenal américain, qui venait d'entrer dans l'espace aérien iranien dans la province côtière d'Hormozgan, selon la version de Téhéran.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a notamment assuré que des morceaux de l'appareil avaient été retrouvés dans les eaux territoriales iraniennes, « à l'endroit où il a été abattu ».

Washington avance que l’appareil abattu serait plutôt un MQ-4C Triton, dont le temps de vol, l’altitude et le rayon d'action sont légèrement inférieurs à ceux du RQ-4 Global Hawk.

Le président Donald Trump n'a pas tardé à réagir jeudi matin sur son compte Twitter en déclarant sans équivoque que les Iraniens venaient de commettre une très grosse erreur, sans en dire davantage sur la réponse que son gouvernement enverra à l'Iran en retour. « Notre pays n'acceptera pas cela, je peux vous le dire », a-t-il lancé, menaçant, avant d'essayer de faire baisser la température en affirmant depuis le bureau ovale qu'il avait peine à croire à un acte « délibéré » de la part de Téhéran.

L'Iran a fait une très grosse erreur!

Donald Trump, président des États-Unis

En dépit des affirmations répétées des États-Unis et de l'Iran selon lesquelles ils ne cherchent pas la guerre, l'escalade et la multiplication des incidents dans la région du Golfe font craindre qu'une étincelle ne mette le feu aux poudres.

Outre l'attaque en mer d'Oman, Washington impute aussi aux forces iraniennes d’autres attaques contre des pétroliers en mer le 12 mai dernier, au large des Émirats arabes unis dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part importante des exportations pétrolières mondiales.

Les États-Unis ont depuis annoncé l'envoi de renforts militaires dans le Golfe.

Le porte-avions USS Abraham Lincoln se détache du navire de soutien de combat rapide USNS Arctic (T-AOE 8) après un ravitaillement en Méditerranée.

Les États-Unis ont déployé le porte-avions USS Abraham Lincoln au Moyen-Orient pour envoyer un « message » à l'Iran.

Photo : Reuters / Marine américaine

« Ligne rouge »

Dans un communiqué publié jeudi, le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la révolution, a prévenu que la violation des frontières de la République islamique d’Iran est la ligne rouge à ne pas franchir et que la réaction des forces iraniennes sera catégorique et absolue.

Les Gardiens affirment par ailleurs que le transpondeur du drone avait été intercepté alors qu’il se trouvait en violation des règles de l'aviation et qu'il volait furtivement.

Le sort réservé à ce drone constitue un message clair pour les ennemis de la République islamique, a ajouté le général Salami.

Notre espace aérien constitue une ligne rouge, et l'Iran répondra avec vigueur, comme il l'a toujours fait, à tout pays qui s'aviserait de le violer.

Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a pour sa part affirmé que l'Iran comptait se plaindre à l'ONU de cette nouvelle agression américaine contre son territoire. Nous allons porter cette nouvelle agression devant l'ONU et nous montrerons que les États-Unis mentent à propos des eaux internationales, a-t-il déclaré sur Twitter.

À Moscou, le président russe Vladimir Poutine a prévenu les États-Unis qu'un éventuel usage de la force contre l'Iran serait une catastrophe pour la région.

Cette nouvelle escalade survient à peine un an après que le président Donald Trump eut pris la décision, en mai 2018, de retirer les États-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et de rétablir de lourdes sanctions contre Téhéran.

En outre, de nouvelles frictions sont à prévoir, l'Iran ayant annoncé que ses réserves d'uranium enrichi passeraient à partir du 27 juin au-dessus de la limite prévue par l'accord de Vienne.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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