•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les tortues serpentines de Rouyn-Noranda de retour dans leur milieu naturel

Un homme tient dans ses mains un bébé tortue serpentine.

Le biologiste Jean Lapointe a pu remettre à l'eau les tortues qu'il avait repêchées l'automne dernier.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Alexia Martel-Desjardins

Les tortues serpentines qui avaient été secourues en octobre dernier ont été relâchées dans leur habitat naturel ce matin, le 19 juin, au Lac Mud, à Rouyn-Noranda.

Le biologiste Jean Lapointe et son équipe au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs avaient découvert ces tortues naissantes. Ils étaient en train de mener une étude de monitorage qui visait à protéger les tortues serpentines, qui sont inscrites sur la liste des espèces préoccupantes sur le registre des espèces en péril au Canada.

Quand on a fait le suivi des nids à l'automne, on voulait voir si ça avait fonctionné, la reproduction, et puis là on a constaté que les œufs avaient éclos, mais les petits étaient toujours dans le nid, raconte-t-il. Il faisait froid, donc ils étaient léthargiques.

À l'automne, elles venaient tout juste de naître et avaient peu de chances de survivre à leur hibernation à cause des températures froides qui approchaient.

On a présumé qu'elles pourraient mourir pendant l'hiver parce que les tortues serpentines, contrairement à d'autres espèces, ne sont pas capables de supporter le gel.

Un hiver au chaud

Du 25 octobre au 17 juin, le groupe de 30 tortues serpentines a séjourné au Centre Éco-Nature à Laval afin de favoriser leur croissance et leur survie au printemps. Anaïs Boutin , directrice protection et conservation au Centre Éco-Nature, explique que plusieurs paramètres ont été mises en place pour que les tortues prennent des forces. Au lieu d'hiberner, elles ont été exposées à de la chaleur.

Elles étaient installées dans un aquarium avec des zones pour prendre des bains de soleil, on les a nourries, elles ont appris à chasser, entre guillemets, et puis on a surveillé leur croissance pour s'assurer qu'elles prenaient du poids.

L'équipe du Centre Éco-Nature a pris soin des tortues tout au long de l'hiver.

Il y a une tortue qui a développé des cataractes, par exemple, qu'on a dû isoler pour lui prodiguer des soins, indique-t-elle. Celles qui prenaient moins de poids, elles ont été mises de côté pour avoir des portions plus nutritives.

Des bébés tortues dans un aquarium.

Les bébés tortues serpentines à leur arrivée à Laval

Photo : gracieuseté Centre Éco-Nature Laval

Aujourd'hui, M. Lapointe et son équipe les ont ramenées au Lac Mud, où on les avait trouvées. Cette opération comporte un défi délicat : trouver le lieu idéal où remettre les tortues à l'eau.

Plusieurs me recommandent de les remettre exactement à l'endroit où je les ai trouvées, mais ça se trouve que ce n'est pas un habitat excellent pour les jeunes tortues, explique-t-il. Je vais en mettre à l'endroit où on les a trouvées, mais je vais aller en mettre aussi à d'autres endroits qui correspondent plus à l'habitat préférentiel des jeunes tortues.

L'équipe est satisfaite de l'opération de secours, car elle a permis aux tortues de croître considérablement durant l'hiver, et elles auront plus de chances de survivre jusqu'à l'hibernation l'hiver prochain. Sur les 30 tortues qui ont été secourues, 21 ont survécu.

C'est assez fou, la taille qu'elles ont alors qu'elles vont être libérées, par rapport au moment initial, réagit Anaïs Boutin. On ne sait pas si dans la nature il y aurait eu un aussi bon succès, mais habituellement, non.

Abitibi–Témiscamingue

Faune et flore