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Poursuite de 85 000 $ contre trois policiers du SPVM pour arrestation abusive

Ashton Boodoo est assis et a l'air pensif.

Ashton Boodoo croit avoir été victime de profilage racial de la part de trois policiers du Service de police de la Ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Geneviève Garon

Un résident de LaSalle, arrêté brutalement par des policiers en 2015, intente une poursuite civile contre la Ville de Montréal et trois policiers. L'automobiliste de 42 ans réclame 85 000 $ pour arrestation abusive et usage excessif de la force. Il allègue avoir été victime de profilage racial.

Ashton Boodoo s'est stationné devant chez lui, au retour d'une soirée avec des amis, dans la nuit du 3 mai 2015. Deux policiers se sont alors postés de chaque côté de son véhicule et ont tenté sans succès d'ouvrir les portes en lui demandant de sortir. M. Boodoo était terrifié puisqu'en raison de la noirceur, il ne s'est pas rendu compte qu'il s'agissait de policiers.

Les agents se sont présentés et lui ont ordonné de sortir de la voiture. L'automobiliste soutient qu'ils étaient agressifs et qu'il avait peur de se faire battre, puisqu'il entendait un des policiers frapper sur son véhicule avec un bâton. Il leur a demandé quel était le problème, mais il n'a pas obtenu de réponse.

Ils ont pris un bâton et ils ont brisé ma fenêtre. Ils ont pris du poivre de cayenne et ils en ont mis dans ma face. Ils ont pris le bâton et m'ont battu. Ils m'ont mis sur le sol avec le verre brisé de l'auto et m'ont traîné dans le verre.

Ashton Boodoo

Les policiers ont dirigé Ashton Boodoo vers leur autopatrouille, où il s'est cogné la tête contre la porte.

Après plusieurs heures en détention, le Montréalais a été accusé de conduite avec facultés affaiblies par l'alcool, d'entrave et de refus d'obtempérer aux ordres d'un agent de la paix.

Blanchi par les tribunaux

La Cour municipale a été saisie de l'affaire et a finalement blanchi Ashton Boodoo. Le juge Randall Richmond a conclu que les policiers n'avaient aucune raison valable de l'arrêter, qu'ils semblaient même avoir été en « partie de pêche ».

Il a de plus estimé que la force utilisée par les agents était inutile. « La raison pour laquelle les policiers ont décidé d'utiliser une telle force dans les circonstances me laisse abasourdi et inquiet », a-t-il écrit.

Le magistrat a notamment appuyé son jugement sur une vidéo de la scène tournée par un témoin.

Ashton Boodoo croit avoir été victime de profilage racial : « Ils m'ont traité comme un criminel. Et c'est injuste pour les citoyens de notre communauté d'être traités comme ça ».

Une poursuite à venir

Soutenu par le Centre de recherche-action sur les relations raciales, il a l'intention de déposer officiellement une poursuite dans les prochains jours, afin de réclamer 85 000 $ aux policiers Steve Crevier, Angelo Falbo et Olivier Lapointe ainsi qu'à la Ville de Montréal.

« Cet incident m'a vraiment affecté. Ça a été difficile pour moi et ma famille, ma dignité », soutient celui qui travaille comme assistant en psychiatrie.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) refuse de commenter l'affaire pour éviter de nuire au processus judiciaire.

Grand Montréal

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