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Le Canada accueillera plus de Français

Emmanuel Macron et Justin Trudeau discutent en marchant.

La France d'Emmanuel Macron et le Canada de Justin Trudeau ont convenu de rehausser le nombre de Français venant au Canada dans le cadre du Programme vacances-travail.

Photo : epa-efe / IAN LANGSDON

Romain Schué

Jamais le Canada n'aura accueilli autant de Français dans le cadre du Programme vacances-travail (PVT). Cette année, le gouvernement fédéral a octroyé plus de 15 000 places aux Français désirant s'installer durant deux ans au pays, contre environ 7000 par le passé.

Ce programme d’immigration temporaire est réservé aux personnes âgées de 18 à 35 ans.

Le Canada est l’une des destinations privilégiées des Français qui souhaitent obtenir un permis de ce type, qui donne la possibilité de séjourner dans un pays et d’y travailler.

Comme l’écrit Immigration Canada sur son site Internet, « il y a habituellement plus de candidats que de places disponibles » afin de décrocher ce fameux sésame. Et c’est un euphémisme. Les chances d'être admis au PVT sont d'ailleurs « très faibles », précise Immigration Canada.

Comment cela fonctionne-t-il? Les candidats sont sélectionnés au hasard, par tirage au sort, à différentes périodes de l’année. Près de 24 000 Français ont ainsi fait part de leur volonté d’immigrer au Canada cette année.

Initialement, en 2019, 7300 places étaient accordées aux Français. Ce nombre a été rehaussé à 15 050, le 17 mai dernier, dans le sens des arrivées au Canada, puisque ce programme permet aussi, à l’inverse, à de jeunes Canadiens d’aller en France.

« C’est à la demande du gouvernement canadien. Ils nous ont fait cette proposition que l’on a évidemment acceptée », explique Éric Navel, porte-parole de l’ambassade française à Ottawa, tout en vantant ce programme.

« C’est une richesse pour les jeunes Français qui peuvent vivre une expérience incroyable à l’étranger, s’enrichir, avoir une autre expérience de travail », détaille-t-il.

Ces dernières années, Ottawa avait déjà réévalué ce quota, qui peut légèrement varier chaque année, mais seulement quelques centaines de places avaient été ajoutées.

Plus de Belges également

Ottawa a également réévalué le nombre de places au PVT accordées aux ressortissants belges. Pour l’année en cours, ce chiffre passe de 750 à 1000, en date du 31 mai. Contrairement aux Français qui peuvent rester au Canada durant deux ans, les Belges âgés de 18 à 30 ans bénéficient de ce programme pour une période maximale d’un an.

Pourquoi une telle hausse? Le ministère fédéral de l’Immigration a simplement précisé qu’Expérience internationale Canada (EIC) a le loisir d’« ajouter des quotas supplémentaires aux pays ayant une demande élevée », sans fournir plus d'explications.

Cette nouvelle a d’ailleurs surpris au sein de la communauté française, alors que les places au PVT s’arrachent chaque année.

« Depuis quelques années, c’est très difficile d’accéder au PVT Canada. Lorsque j’ai vu ces chiffres, j’ai été très étonnée », explique Julie Meunier, cofondatrice de l’un des sites de référence PVTistes.net.

Selon cette dernière, le profil des Français utilisant ce programme a également évolué au cours de la dernière décennie.

Habituellement utilisé pour voyager librement dans un pays, tout en travaillant quelque temps pour financer ce séjour, le PVT Canada – dont la durée est passée d’un à deux ans en 2015 - est désormais utilisé comme une porte d’entrée vers une éventuelle immigration permanente.

Les Français voient ce PVT comme une période de test, l’occasion de s’immerger au Québec notamment et de lancer des demandes pour rester de manière permanente. C’est hyper confortable.

Julie Meunier, cofondatrice de PVTistes.net

Québec veut plus de travailleurs temporaires

Bien que ce programme soit d’ordre fédéral, cette nouvelle va dans le sens des demandes et envies formulées par Québec. En visite à Paris à la fin de janvier, le premier ministre François Legault avait d’ailleurs clamé, devant les médias, vouloir « plus » de Français et de francophones au Québec.

Dans le cadre des négociations avec le gouvernement fédéral, le ministre provincial de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, n’a quant à lui jamais caché son désir d'accueillir plus de travailleurs temporaires sur son sol, afin de combler la pénurie de main-d’œuvre.

Actuellement, près de 120 000 postes sont vacants au Québec, selon un dernier rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Québec, qui a prévu de baisser les seuils d'immigration en 2019 avant de les augmenter à nouveau progressivement, souhaite notamment assouplir les règles visant l’arrivée de travailleurs temporaires, dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Ce programme permet aux employeurs de faire appel à des ressortissants étrangers pour pourvoir des postes vacants, s’ils n’ont pas été en mesure de recruter des citoyens canadiens ou des résidents permanents.

« On peut débuter avec les gens de façon temporaire qui viennent répondre immédiatement à un besoin du marché du travail » avec « la perspective de les garder au Québec », a assuré lundi le ministre Jolin-Barrette.

Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) a par ailleurs haussé son budget par l’ajout de 146 millions de dollars par an, au cours des cinq prochaines années, pour améliorer l’intégration et la francisation des nouveaux arrivants.

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